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Ce qu'une des filles sau vages disoit de Marsolet,
Etfronterie
de Marsolet,
dit, pense que tu cs mal voulu des Sauvages il y a long-temps et comme malicieux tu persévêres en tes menteries, de donner à entendre à ton capitaine des choses qui n’ont jamais esté dites par les Sauvages, mais meschant tu n'avois garde de dire le subject qui t'a meu à inventer de telles faussetez, c'estoit que je n'ai pas voulu condescendre à tes salles voluptez, me priant d'aller avec toi, que je ne manquerois d'aucune chose, tu m'ouvrirois tes coffres dans lesquels je prendrois ce qui me seroit agréable; ce que je refusai, tu me voulus faire des attouchements déshonnestes, je rejettai tes cffronteries, te disant, que si tu m'importunois davantage je m'en plaindrois : ce que voyant tu me laissas en repos, me disant que j'estois une opiniastre : asseure toi qu'on te fera bien ranger à la raison , tu ne seras pas tousjours comme tu es, Car je sçais bien que tu retourneras à Québec ; je te dis que je ne t’appréhendois en aucune façon, Je désire aller en France avec monsieur de Champlain, qui m'a nourrie et entretenue de toutes commoditez jusques à présent, me monstrant à prier Dieu, et beaucoup de choses vertueuses , que je ne me voulois point perdre, que tout le pays avoit consenti, et que ma volonté estoit portée d'aller vivre et mourir en France , et y apprendre à servir Dieu; mais misérable que tu es, au lieu d’avoir compassion de deux pauvres filles, tu te monstres en leur
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il y | endroit pire qu'un chien, ressouviens-toi que bien Ne ; que je ne sois qu'une fille, je procurerai ta mort capi- | | si je puis, en tant qu'il me sera possible, t’asseu- LS rant que si à l’advenir tù m'approches je te don- : dire | nerai d'un cousteau dans le sein, quand je devrois dés ; mourir aussitost. Ah perfide tu es cause de ma ‘die | ruine , te pourrai-je bien voir sans plorer, voyant , que 4 celui qui a causé mon malheur, un chien a le navois turel meilleur que toi, ilsuit celui qui lui donne vue sa vie, mais toi tu destruis ceux qui t'ont donné la ue tienne, sans recognoissance de bon naturel envers ejettai tes frères que tu as vendus aux Anglois ; penses-tu tunois que c’estoit bien faict pour de l'argent vendre ainsi ant tu ta nation ? tu ne te contentes pas de cela en nous je opi- perdant aussi, et nous empeschant d'apprendre à er à la adorer le Dieu que tu mescrois qui te fera mourir, s, car s’il y a de la justice pour les meschants. Sur cela » te dis elle se mit à plorer ne pouvant presque plus par- » désire ler, Marsolet lui disant, Tu as bien estudié ceste n, qui leçon. O meschant, dit-elle, tu m'as donné assez dites de suject de t'en dire davantage si mon cœur te le jeu , et pouvoit exprimer. Le truchement se retournant à En l'autre petite fille appellée Charité, lui dit, Et toi os ne me diras-tu rien? Tout ce que je te sçaurois que lui Sté dire, dit-elle, ma compagne te l'a dit, et moi je" r Dieu: te dis davantage, que si je tenois ton cœur j'en mpas- mangerois plus facilement et de meilleur courage lévir que des viandes qui sont sur ceste table. Chacun
estimoit le courage et le discours de ceste fille, qui ne parloit nullement en Sauvagesse.
Ce Marsolet demeura fort estonné de la vérité des discours d’une fille de douze ans, mais tout cela ne peust émouvoir ni attendrir le cœur dudit senéral Quer.
Le capitaine Jacques Michel me dist en secret,
qu'au voyage qu'il avoit fait à Québec, il avoit résolu de retenir ces filles, et pour treuver une excuse légitime dist à Marsolet qu'il lui escrivist la lettre que j'ai dit ci-dessus, mais estant en Angleterre, et lui ayant dit, il protesta que cela estoit faux, et qu'il n’y avoit jamais pensé, que je pouvois cognoistre son humeur, et qu'il n’estoit point homme à dissimuler et à chercher des inventions
pour les faire demeurer, que s'il eust eu la volonté il l’eust faict librement, sans employer personne, et rien autre chose que ce que Marsolet lui en avoit dit, et l’avoit fait résoudre à les faire de-
es
meurer à Québec.
L'autheurles Voilà la conclusion prise que ces filles demeu-
console,
rerolent, je ne laissai de faire pour elles tout ce que Je peux, et les assister de petites commoditez, leur donnant espérance de nostre retour, qu’elles
tint gr ft ri ptet
prinssent courage, et quelles fussent tousjours sages filles, continuant à dire les prières que je leur avois enseignées. L'une me demanda un chapelet, disant que les Anglois avoient pris le sien, ce que
Ile, DE CHAMPLAIX. 30)
je lis a l'une et mon beau-frère en donna un à
rité l'autre : car il ne falloit rien donner à l’une que out l'autre n'en eust autant pour oster la jalousie qui adit estoit entre elles, priant Coullart de les mettre AVES Les mer are sa femme tant qu'eiles y voudroient estre, jus- Court. ret , ques à ce qu'ils eussent des vaisseaux françois, et ré- qu'il taschast de les conserver, ne leur donnant EX- aucun subject de Les perdre, mais qu’il les traittast st la L doucement, que c’estoit une grande charité pour gle- | Dieu, qui le récompenseroit : qu'elles lui servistoit roient en sa maison en mille petites choses né- )oU- cessaires ,que me faisant ce plaisir, où j'aurois joint moyen de le servir, je le ferois de bon cœur. Asions seurez vous, monsieur, me dist-il, que tantqu'elles vo- auront la volonté de demeurer avec moi, j'en au- Der rai du soin comme si c’estoit mesenfants, et disant cui cela en leur présence, elles lui firent une révé- un de- rence, et en le remerciant lui dirent, Nous neur """" tabandonnerons point non plus que nostre père eu- en l'absence de monsieur de Champlain : ce qui t ce nous donnera de la consolation, et nous fera paitez, tenter, c'est que nous espérons le retour des Îles ) François, et s’il eust fallu qu'aussitost que nous fussa- mes arrivez à Québec, et eussions esté vers les leur | Sauvages nous fussions mortes de desplaisir, et let, néantmoins nous estions résolues ma compagne et que moi d'y demeurer plustost qu'avec les Anglois.
L'on me dist que le général Quer estant à Qué-
Le général veut avoir Je calice des Pères Jésuites,
Ce qu'il dist en jurant aux Pères.
bec, avoit tancé son frère Louis Quer, de ce qu'il avoit permis de célébrer la saincte messe, ce qu'il fit deffendre à tous les Péres , et que les Pères Jésuites faisant embarquer leurs coffres pour aller à Tadoussac, il voulut voir ce qui estoit dedans en la présence de son frère, Louis Quer, commandant au fort et habitation, comme le révérend Père Massé leur monstroit ce qui estoit dedans , ils advisérent quelque chose, qui estoit enveloppé: Il demanda à le voir , le Père le
developpe, c'estoit un calice, que Louis Quer vou-
lut prendre ; le Père lui disant, monsieur , ce sont
des choses sacrées , ne les profanez pas, s’il vous , P Pas,
plaist , il se fasche de ces paroles, pour avoir suject de le prendre. Quoi! dist-il en jurant, profaner, nous n'adjoustons point de foy en vos super-
stitions, je n'appréhende pas qu'il me fasse mal,
ce disant il le prit, disant : je fais cela pour le
discours que vous n'avez fait, et aussi pour oster
le subject qui vous fait idolâtrer, comme nous
sommes obligez de rabattre, en tant que nous pou-
vons les superstitions, que si vous ne m’eussiez
usé de ces termes je vous l’aurois laissé. Quoique
s'en soit, ledit Louis Quer s’estoit tousjours bien
comporté Jusques à ceste heure , ne lui en desplaise. Ceste action n’estoit bonne ni valable , c’es-
toit chercher un maigre suject pour prendre ces
deux calices, pour un homme qui veut vivre en
le ce esse , 1e les offres Louis mme ui es- ,) qui ére le F VOU- > sont vous ir surofaupermal , ur le oster nous s pou- UsSIeZ oique bien 1 des- ,Cesre Ces
re en
honorable réputation devant les hommes vertueux ceste action ne sera jamais approuvée , et void on par beaucoup d'exemples le chastimer. que Dieu a envoyé à ceux qui ont profané les vaisseaux sa crez des temples.