CN DE SRE CR
voudroit comme venant de sa part, il me promit lui dire, comme il fit, mais le général n’y voulnt fé veu quon du tout entendre, ce que sçachant ce fut à moi de ä ts prendre patience. Un jour que je le vis en trèsbonne humeur, et croyant que Je pourrois tenter la fortune de lui parler encore une fois, ce que je fis : il me donne quelque espérance sur le retour de Marsolet. | Les vaisseaux revenants de Québec j'appris que ce truchement venoit, je le fais advertir de ce que je désirois faire pour contenter les Sauvages, sçachant que c'estoit le moyen, et qu'en faisant des présents l’on pouvoit emmener ces filles : au contraire ce malheureux ennemi du progrés de Dieu, faisant voir sa meschanceté à descouvert, dit que si on en parloit aux Sauvages qu'ils refuseroieut ce présent pour cet effect : disant audit Quer que ces filles avoient esté données de la bonne volonté, sans espérance autre que de nostre amitié , ainsi eust esté cognû pour menteur d'avoir escrit au général des choses à quoi ils n'avoient jamais pensé, au lieu de pallier ceste affaire il lui dit que c’estoit mal fait à lui d'empescher ces filles d'estre baptisées, et avoir cognoissance de Dieu, qu'il en respondroit devant la justice divine, qu'il print garde qu'il avoit encore assez de remèdes sil vouloit persuader au général de donner quelque présent aux Sauvages comme J'offrois : que
PTE
omit pour ce qui estoit de sa personne je le recognoisulnt trois en tout ce qu il me seroit possible, que queloi de | que jour il pourroit avoir affaire de ses amis, nd - | estant en l’estat où il estoit, que s'il désiroit reehñtér A tourner en France , je le servirois en tout ce qu'il que je me seroit possible : tout ce qu'il me dit fut, qu'il ile ve etotir ne pouvoit rien faire de cela, que s’il arrivoit quelque accident aux Anglois par les Sauvages, s que ils remettroient toute la faute sur lui, et le voyant de.ce ainsi obstiné je le laissai là. :
ages, | De là il va treuver le général, lui remonstrant dé ce que je lui avois dit et offert, et oui dire que je ue du : voulois faire des présents aux Sauvages, pour emrés de | pescher ces filles d’estre retenues, que d’assemuvert, 1 bler ces peuples esloignez, il n’y avoit nulle apref : parence, et leur offrir des présents il n'estoit audit point convenable, d'autant qu'ils croiroient que de la vous auriez peur de les irriter, et que cela leur nostre donneroit plus d’asseurance d'entreprendre sur avoir ses hommes, qu’il failloit qu'il empeschast que je voient n'emmenasse ces filles, qu'il lui avoit voué trop il lu de services pour ne lui dire ce qu'il sçavoit pour is filles le bien du pays, et à son advantage, qu'il print Dieu , | garde à ce qu'il feroit, s'en deschargeant, et que , qu'il : s'il arrivoit quelque disgrâce pendant son absence, mèdes | qu'on ne s’en prist pas à lui, et qu'il valloit mieux quel- tenir ces peuples en paix, que d'estre en hazard de
: que tomber en quelque mauvais accidents : voilà ce
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304 VOYAGES qu'il dit avoir représenté au général, lequel se résolut de retenir ces filles, et ne me permettre les emmener.
Thomas Quer me dit y avoir fait ce qu'il avoit peû, le voyant fort esloigné de ce que je pouvois espérer touchant les présents, à quoi il ne vouloit
consentir ; Marsolcet l'en ayant desgousté, ce qu'ayant entendu je n'en parlai plus : mais je ne
Ce que Lau-
teur dur me peûs empescher de parler à Marsolet et lui dire le desplaisir signalé qu'il me faisoit en ceste affaire, d’avoir innové des choses toutes contraires à la vérité, et fait dire aux Sauvages ce à quoi ils n'avoient jamais pensé, qu'il pouvoit m'obliger en ceste occasion, comme Je pourrois faire pour lui en d’autres, estant ainsi cause de la perte de
ces filles et de leurs ames, qu'il en respondroit un
jour devant Dieu, qu'il ne permettroit point que tost ou tard il ne reçeut le chastiment qu'il méritoit, n'ayant eù autre dessein que de jouir de
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l'une de ces filles, en recherchant les moyens que
je ne les emmenasse, il me dit, monsieur, vous en croirez ce qu'il vous plaira, je n'ai dit que la vérité, quand je sers un maistre je lui dois estre
fidèle. Vous l'avez fort bien monstré (lui dis-je)
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en servant l'ennemi, pour déservir le Roy et ceux qui vous ont donné le moyen de vous élever en
» ; 1 . C] sie . , . : LA ces lieux depuis questiez petil garçon, Jusqu à présent qu'avez grandement décliné.
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avoit 1VOIS uloit , ce je ne et lui ceste raires ao1 ils bliger pour rte de oit un nt que il méur de ns que ous en la véestre dis-je ) t ceux er en
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Ces pauvres filles voyant qu'il n’y avoit plus de remèdes, commencérent à s'attrister et pleurer
amérement, de sorte que l’une eut la fièvre , et fut
long-temps qu'elle ne vouloit manger, appellant Marsolet un chien et un traistre, disant ainsi,
Comme il a veu que nous n'avons pas voulu con-
descendre à ses volontez, 1l nous a donné un tel
desplaisir que sans mourir jamais je n’en receus de
semblable.
Un soir comme le général donnoit a souper aux
capitaines des vaisseaux, Marsolet estant en la cham-
bre , l’une des deux filles appellée Espérance v
vint, qui avoit le cœur fort triste, et souspiroit, ce
qu'entendant je lui demandai ce qu'elle avoit,
sur ce elle appelle sa compagne nommée Charité,
disant : J'aiuntel desplaisir que je n’aurai point de P
repos que je ne descharge mon cœur envers Mar-
solet, duquelelle s’approche, et l'ayant envisagé,
lui dist, IL est impossible que je puisse estre con-
tente que je ne parle à toi: Que veux-tu dire? lui
dist-il, ce n'est point en secret que je veux parler
. L1 tous ceux qui entendent nostre langue l'enten-
, 0 . \ ? . LU dront assez, et t'en priseront moins à l'advenir s'ils
ont de l'esprit, c’est une chose assez cogneue de
tous les Sauvages que tu es un parfaict menteur,
qui ne dis jamais ce que l’onte dit, mais tu in-
ventes des mensonges en ton esprit pour te faire
croire, et donne à entendre ce que l'on ne t'a pas