TOME Il
354 VOYAGES sieurs de la société qui se fussent bien passés de telle dépesche,
Presqu'en ce inesime temps arriva un vaisseau
pescheur du cap Breton, dans lequel repassoit les
ns
révérends Pères Vimond et Vieupont Jésuistes, |
er
par Le commandement qui leur en avoit esté faict
de leur révérend Père Provincial, qui dirent qu'à | ladite habitation du grand Cibou, en l'isle dudit cap Breton estoit mort douze François du mal de
Le
terre, qui est le scorbut, et d'autres malades; le
Lt DAS A REA GE se mn de
printemps les remit : ces maladies, comme j'ai dit en mes premiers voyages, ne vient que de manger des salures, pour n'avoir des viandes ou autres choses rafraichissantes, comme nous avons es-
prouvé en nos habitations par le passé. Durant l'hyvernement ils virent peu de Sauvages qui n'y viennent que par rencontre chercher les vaisseaux françois qui y peuvent estre pour traitter avec eux : ces endroits ne sont pas beaucoup plaisants ni agréables que pour la pesche de molue.
Ils laissérent les deux vaisseaux que messieurs les
directeurs avoient envoyez pour le secours d'icelle
habitation, qui avoient traitté quelque nombre de
peaux d'eslans, faisant leur pesche de poisson,
comme plusieurs autres vaisseaux qui sont par
toutes ces costes.
Vers le 10 octobre arrivèrent à Londres deux |
vaisseaux anglais, l'un du port de deux cents cin-
assés de
vaisseau assoit les ésuistes , esté faict rent qu'à sle dudit u mal de lades; le ne j'ai dit le manger ou autres \vons eS- 6e. Durant esquin y vaisseaux ter avec oup plaie molue.
ssieurs les irs d'icelle 1ombre de » Poisson, i sont par
dres deux
cents cin-
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quante tonpeaux, et l'autre de cent, qui revenoient de Québec où ils avoient fait monter leur vaisseaux de Tadoussac pour n'estre en la puissance de ceux qui eussent esté plus forts qu'eux, sil en füt venu comme ils s'imaginoient, en l’un commandoit le capitaine Thomas Quer vis-admiral au voyage précédent, et le capitaine Bre:on, Anlois, bon marinier, lequel avoit fait bon traittement en son vaisseau aux Peres Jésuistes quand nous retournasmes de Québec avec lesdits Anglois l'année d'auparavant , lesquels ramenérent deux François qu'ils avoient retenus par delà, l'un charpentier et l'autre jaboureur, qui de Londres revindrent à Paris, lequel nous dit qu'ils avoient rapporté pour trois cents mille livres de peleterie, et estoit mort quatorze Anglois de nonante qu'ils estolent, de pauvreté et misère durant l'hyver, et autres qui avoient esté assez malades, n'ayant fait bastir ni défricher aucune terre depuis nostre département, sinon ensemencer ce qui estoit labouré tant la maison des Pêres Jésuistes que Pères Récollets, dans lesquelles maisons y avoit dix hommes pour les conserver, qu'au fort ils n'avoient fait qu'un parapel de planche sur le rampart, et rempli deux plates formes que j'avois fait commencer : de bastiment dedans ils n’en avoient fait aucun, horsmis une de charpente contre le rempart, qu’en partie ils avoient défait du costé
de la pointe aux Diamants nour gaigner de la place, et qu'elle n’estoit pis encore achevée. Que dans le fort y avoit quatorze jecs de canon, avec cinq espoirs de fonte verte qu'ils nous avoient pris, et quelques pierriers , estant bien amunitionnées, et estoient restez quelques septante Anglois. Que le tonnerre avoit tombé dans le fort et rompu une porte de la chambre des soldats, entré en icelle, meurtri trois à quatre personnes, passé dessous une table, tué deux grands dogues qui estoient pour la garde, et s'en estoit allé par le tuyau de la cheminée qui en avoit abatu une partie, et ainsi se perdit en l'air.
Dit que les mesnages françois qui restérent ont esté très mal traictez de ceux qui se sont rendus aux Anglois, et principalement d'un appelé le Bailly, duquel j'ai parlé ci-dessus. Pour ce qui est du capitaine Louis et des Anglois ils n’en ont point esté inquiétez : rapporte qu'ils s'attendoient bien que ceste année les vaisseaux du Roy y deussent aller avec commission du Roy de la Grande-Bretagne, pour les en faire desloger, ce qu'ils eussent fait non autrement que par force : voilà ce que nous avons eu de nouvelles qu'injustement ils tiennent ceste place, et en uürent les émoluments qui ne leur appartiennent, mais l'espérance que l’on a que le Roy d'Angleterre la fera rendre au Roy avee douceur et non de force, convenir des
ner de la evée. Que non, avec S avoient nunitione Anglois.
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limites que chacun doit posséder, et non vouloir des Virgines embrasser toutes les costes qui ne leurs appartiennent, comme il se peut voir et sçavoir par les relations de ceux qui ont premièrement desconvert et possédé actuellement et réellement ces terres, au nom de nos Roys devanciers jusqu’à maintenant, sous Louis-le-Juste XII, Roy de France et de Navarre, que Dieu veuille combler de mille bénédictions » et accroistre son règne d'une heureuse et longue vie.