‹ Voyages du sieur de Champlain, ou Journal ès découvertes de la Nouvelle FranceChapitre 16 sur 74 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Voyage du sieur de Mons. — Veut poursuivre le dessein du feu commandeur de Chaste — Obtient commission du Roy pour aller descouvrir plus avant vers Midi, — S'associe avec les marchands de Rouen et de La Rochelle. — L'autheur voyage avec lui. — Arrivent au cap de Hève. — Descouvrent plusieurs ports et rivières. — Le sieur de Poitrincourt va avec le sieur de Mons. — Plaintes dudit sieur de Mons. — Sa commission re'voque'e.

Après la mort du sieur commandeur de Chaste, le sieur de Mons, de Sainctonge, de la religion prétendue réformée , gentil-homme ordinaire de la chambre du roy^ et gouverneur de Pons , qui avoit rendu de bons services à Sa Majesté durant toutes les guerres passées, en qui elle avoit une grande confiance , pour sa fidélité, comme il a toujours fait paroistre jus- Be-ein du qucs à sa mort j porté d'un zëlc et affection

âieur de Mons i* n i l i • l il TVT ^^

t'iur"dÙ"''feu ^ aller peupler et habiter le pays de la INouvelle d;"i"!^'"' France , et y exposer sa vie et son bien , voulut mai cher sur les brisées du feu sieur commandeur audit pays, où il avoit esté comme dit est, avec le sieur Chauvin , pour le recognoistre ,

bien que ce peu qu'il avoit veu, lui avoit fait iinvoiiJe«ià

T. l I- ^ esté au voyage

perdre la volonté d'aller dans le grand fleuve 'J'",,,!', "'"' Sainct Laurent^ n'ayant veu en ce voyage qu'un fascheuxpays, luiquidésiroit aller plus au Midi, pour jouir d'un air plus doux et agréable. Et ne s'arrestant aux relations que l'on lui en avoit faictes , vouloit chercher un lieu duquel il ne sçavoit l'assiette ni la température que par l'imagination et la raison , qui trouve que plus vers le Midi il y fait plus chaud. Estant en volonté ob.iemrom.

•' ^ niis.-ioii du loy

d'exécuter ceste généreuse entreprise , il obtient î,';;,",^-,''',;!,''"'

-, 17 /■» o > ^''U' ^^'■^ midi.

commission du roy 1 an 162 J , pour peupler et habiter le pays, à condition d'y planter la foy catholique, apostolique et romaine, permettant de laisser vivre chacun selon sa religion. Cela estant, il continue sa société avec les mar- -as?oricavefi

dfs marchands

chauds de Rouen, de la Rochelle, et autres ;';R--;;,;;'''= lieux , a qui la traitte de pelleterie estoit accordée par ladite commission, privativement à tous les subjects de Sa Majesté. Toutes choses ordonnées, ledit sieur de Mons fait son embarquement au Havre de Grâce, faisant esquiper plu- «>• iia.ie a. sieurs vaisseaux, tant pour ledit trafic de pelleteries de Tadoussac , que des costes de la Nouvelle France. Il assembla nombre de gentilshommes, et de toutes'sortes d'artisants, soldats ..ombreTg...'

lils ■ liomini'S ,

et autres, tant d'une que d'autre l'cligion, J^j;i'^*-^"'* " prestres et ministres.

Le dit sieur de Mons me demanda si j'aurois

agréable de'^ faire ce voyage avec lui. Le désir

que j'avois eu au dernier s'estoit accreu en moi ,

qui me fit lui accorder, avec la licence que m'en

Lauiheur donucroit Sa Majesté , qui me le permit , pour

arec permis- • , l • r •

«ou du roy tous ours ctt voyant et descouvrant lui en faire

vovageaTeclui. ^ ''

fidèle rapport. Estants tous à Dieppe, on s'em-

à Dieppe. barque^ un vaisseau va àTadoussac, le dit du Pont avec la commission du dit sieur Mons à Cansseau, et le long de la coste vers l'isle du Cap Breton , voir ceux qui contreviendroient aux défenses de Sa Majesté. Le sieur de Mons prend sa routte plus à val vers les costes de

c.hacanprend l'Acadic j ct Ic tcuips uous fut si favorable , que

nous ne fusmes qu'un mois à parvenir jusques

Arrivent au ^^^ Cap dc la Hëvc , où cstants , nouspassasmes

Cap e a efe. ^^^^^ Qutrc , clierchauts lieu pour y habiter, ne

trouvants celui-ci agréable. Le sieur de Mons

Lauieurest ^^^ commit à la recherche de quelque lieu qui

rec^h^rbe d'uu fust proprc '. cc que je fis avec quelque pilote que je menai avec moi, où descouvrismes plusieurs ports et rivières, jusques à ce que ledit sieur de Mons s'arresta en une isle, qu'il jugea d'assiette forte 5 et le terroir d'alentour très bon, ' la température douce, sur la hauteur de quarante-cinq degrés et demi de latitude , comme Empiovech,.Saincte Croix. Il y fait venir ses vaisseaux , em-

m"e"«adi'- ployé chacun selon sa condition et mestier,

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