I:pu propre a Ldbiler
DesrouTrenl plusieurs port et rJTÏères.
tant pour les descharger, que pour se loger *
promptement. Ses vaisseaux deschargés , il les renvoyé au plus tost, et le sieur de Poitrin court [;^,;;;•;;;^';^ (qui estoit venu avec le dit sieur de Mons pour liéu'rdrMo„s! voirie pays , afin de l'habiter , et avoir quelque lieu de lui , en vertu de sa commission ) s'en retourna.
Mais laissons-le aller , en attendant si nous aurons meilleur marché des froidures , que ceux qui hyvernërent à Tadoussac. Nos vaisseaux estants retournés en France , ouirent un nombre infini de plaintes tant des Bretons , Basques , EmonT' Îm que autres, de l'excès et mauvais traittemenr. men'7u" si.' ur
de Mous.
qu'ils recevoient aux costes, par les capitaines dudit sieur de Mons , qui lesprenoit, et empeschoit de faire leur pesche , les privants de l'usage des choses qui leur avoient toujours esté libres : de sorte que si le roy n'y apportoit un règlement , toute ceste navigation s'en alloit perdre, et ses douanes par ce moyen diminuées, leurs femmes et enfants pauvres et misérables , et contraints à mendier leurs vies. Requestes sont présentées à ce sujet, mais l'envie et les crieries ne cessent point j il ne manque en cour cri.ri. de personnes qui promettent que pour une somme de deniers l'on feroit casser la commission du sieur de Mons. Ceste affaire se pratique en telle façon, que ledit sieur de Mons ne sceut
s contre 11
beaucoup première an née de Tojage.
si bien faire , qae la volonté du roy ne fust destournée par quelques personnages qui estoienten crédit, qui lui avaient promis d'entretenir trois cents hommes audit pays. Doncques en peu de Commission ^^^P^ ^^ commissiou de Sa Majesté fut révoquée, Mons"ré"oqufe po^r le prix de certaine somme qu'un certain
par argent. O t -m r • f
personnage eust , sans que Sa dite Majesté en sceustrien. Cependant, pour récompense de trois ans que le sieur de Monsavoit consommés, avec une despense de plus de cent mille livres, en la première desquelles troisannées ilsouffritbeau-
Le sieur de ^ -"•
lions sonffrU(.Q^p^ gj- eudura de grandes incommoditez à !o"n cause des rigueurs du froid, et la longue durée des nëges de trois pieds de haut, durant cinq mois, bien que Ton puisse aborder en tout temps aux costes où la mer ne gèle point , si ce n'est à l'entrée des rivières qui charrient des glaces qui vont se descharger en la mer. Outre
deVes hommes cck , prcsquc k uioitié de ses hommes mouru-
maïadie. pcut dc la makdic de la terre , et fut contraiuct
de faire revenir le reste de ses gens , avec le sieur
1607- de Poitrincourt , qui en ceste année estoit son
sieurT'pfi" lieutenant : car le Pont-Gravé l'avoit esté Tan
iriccourt. ' ' 2 ^
précèdent.
Yoilà tous les desseins du sieur de Mons rom-
sieur de Mons pus, Icqucl s'cstoit promis d'aller plus au Midi
pour faire une habitation plus saine et eschauffée
que l'isle de Saincte Croix, où il avoit hy-
Desseins du eur de Mo tous rompus
verné , et depuis Ton fut au Port Royal y où Ton se trouva un peu mieux, pour n'avoir trouvé rhyver si aspre, sous la hauteur de quarantecinq degrés de latitude. Pour rescompense de ses pertes, lui fut ordonné par le conseil de Sa pen'é //roy.' Majesté six mille livres, à prendre sur les vaisseaux qui iroient trafiquer des pelleteries.
Mais quelle despense lui eust-il fallu faire en tous les ports et havres , pour recouvrer ceste somme , s'informer de ceux qui auroient traitté, et le département qu'il faudroit, sur plus de quatre - vingts vaisseaux qui fréquentent ces costes ? c'estoit lui donner la mer à boire, en De^pm^m
cessite qu II :i
faisant une despense qui eust surmonté la re- ^''"• cepte , comme il en a bien apparu. Car le dit sieur de Mons n'en a preque rien retiré , et a esté contraint de laisser aller cet arrest comme il a peu. Yoilà comme ces affaires furent mesnagées au conseil de Sa Majesté : Dieu fasse pardon à ceux qu'il a appelez , et amender ceux qui sont vivants. Hé bon Dieu 1 qu'est-ce que l'on peut plus entreprendre , si tout se révoque de la façon, sans juger meurement des affaires, premier que d'en venir là? ceux qui ont le moins de cognoissance crient le plus fort , et en veulent plus sçavoir que ceux qui en auront une G'«"J "»»♦
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parfaite expérience , et ne parlent que par en- '^ll' quf'ont
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Vie , ou pour leur interest particulier , sur de «ace.
6o VOYAGES
faux rapports et apparences , sans s'en informer davantage.
Il se trouve quelque chose à redire en ceste
Deux reii- entreorise , qui est, en ce que deux religions
"^'".Ï'iu contraires ne sont jamais un grand fruict pour
pour la gloire la p-joire dcDicu parmi les infidèles que l'on
de Difu. tJ 1 -
veut convertir. J'ai veu le ministre et nostre curé s'entre-battre à coups de poing, sur le différend de la religion. 3e ne sçais pas qui estoit le plus vaillant, et qui donnoit le meilleur coup, mais je sçais 1res bien que le ministre se plaiguoit quelquefois au sieur de Mons a avoir esté battu, et vuidoient en ceste façon les poincts de controverse. Je vous laisse à penser si cela estoit beau à voir; les Sauvages estoienttantost d'un costé, tantost de l'autre, et les François meslez selon leur diverse croyance , disoient pis que pendre de l'une et de l'autre religion , quoi que le sieur de Mons j apportast la paix le plus qu'il pouvait. Ces insolences estoient véritablement un moyen à l'infidèle de le rendre encore plus endurci en son infidélité.
Or puisque ledit sieur de Mons n'avoit voulu aller habiter au fleuve de Sainct Laurent, il devoit envoyer et recognoistre un lieu propre pour yjetter les fondements d'une colonie, qui ne fust subjecte à estre délaissée, comme celle de Saincte Croix , et Port-Royal , où personne n'y
cognoissoit rien, et devoit faire une despense ^.,^3;;';;';,'^^^^^ de quatre à cinq mille livres , pour estreasseuré seVrerdès'ieux
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du lieu, et mesme donner charge d'y passer un hyver, pour cognoistre ce climat. Cela estant, il n'y a point de doute que le terroir et la chaleur, correspondants à quelque bonne température, l'on s'y fust arresté.Et bien que la commission dudit sieur de Mons eust esté révoquée, l'on n'eust pas laissé d'habiter le pays en trois ans et demi , comme l'on avoit fait en l'Acadie , et eust-on assez desfriché de terre pour se pouvoir passer des commoditez de France. Que si ces choses eussent esté bien ordonnées , peu à peu l'on s'y fust habitué, et les Anglois etFlamens n'auroient joui des lieux qu'ils ont surpris sur nous , qui s'y sont establis à nos despens.
Il ne sera hors de propos pour contenter le lecteur curieux , et principalement les voyageurs de mer, de descrire les descouverces de ces costes, pendant trois ans et demi que je fus à l'Acadie, tant à l'habitation de Saincte Croix qu'au Port-Royal , où j'eus moyen de voir et descouvrir le tout, comme il se verra au livre suivant.