TOME I. hj
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Lenr airiTée eu Aiig.i.rre.
Mfrlivi.iiice drs Pères.
en Angleterre : leur monslrants parla quec'estoit contre l'opinion de plusieurs ennemis de l'église catholique et au préjudice de^ la vérité^ qu'ils leur imposent que leur doctrine enseigne qu'il ne faut garder la foi aux Hérétiques.
Enfin Argal arrive au portdeMilfier l'an i6i45 en la province de Galles, où le capitaine fust emprisonné, pour n'avoir passe-port, ni commission, son général l'ayant, et s'estaut esgaré, comme avait fait son vice-amiral.
Les Pères Jésuites racontèrent comme le tout s'estoit passé, et par après le capitaine Argal fust délivré , et retourna en son vaisseau, et les Pères furent retenus à terre, aimez et caressez de plusieurs personnes. Et sur le discours que le capitaine de leur vaisseau faisoit de ce qui se passa aux Esores , la nouvelle vint à Londres , à la cour du roi de la grand'Bretagne j l'ambassadeur de Sa Majesté Irès-chrestienne , poursuivit la délivrance des Pères , qui furent conduits à Douvre , et de là passèrent en France , et se retirèrent en leur collège d'Amiens , après avoir esté neuf mois et demi entre les mains des Anglois.
Le sieur de la Motte arriva aussi au même temps en Angleterre, dans un vaisseau qui estoit delà Bermude , ayant passé aux Virgines. Il fust pris en son vaisseau, et arresté, mais délivré
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par l'entremise de Monsieur du Biseau, pour lors ambassadeur du roi en Angleterre.
Madame de Guercheville ayant advis de tout ceci, envoya la Saussaye à Londres , j.our solîi- ^^^^JTlouciter la restitution du navire, et fust tout ce que rènaru- .X
^ seau du sieur
Ion peut retirer pour lors. Trois François mou- <i<^i"^i'>'^ rurent à la Virgine, et quatre y restèrent pendant qu'on travailloit à leur délivrance.
Les Pères y baptisèrent trente petits enfants , exceptez trois , qui furent baptisez en nécessité.
Il faut advouer que cette entreprise fust traversée de beaucoup de malheurs , qu'on eust ^^^,^ ,„„„.
b- -t prise suivie <le
len peu esviterau commencement, si madame fiuMe,,,. .».i
de Guerclieville cust donné trois mille six cents livres au sieur de Mons , qui désiroit avoir l'habitation de Québec, et de toute autre chose. J'en portai parole deux ou trois fois au R. P. Coton , qui raesnageoit cette affaire, lequel eust bien désiré que le traicté se fust fait avec de moindres conditions, ou par d'autres moyens, qui ne pouvoientestre àTavantagedudit sieur de Mons , qui fust le sujet pourquoi rien ne se fit, quoique ie peusse représenter audit Père, avec les avan- '>t'^ |^"' tages qu'il pourroit avoir en la conversion des ',;',,,' '"' ' "' infidèles , que pour le comuierce et le trafic qui s'y pou voit faire par le moyen du grand fleuve Sainct Laurent^ beaucoup mieux qu'en TAcadie, mal aisée à conserver , à cause du nombre in-
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fini de ses ports, qui ne se pou voient garder que par de grandes forces ; joint que le terroir y est peu peuplé de Sauvages ; outre que l'on ne pourroit pénétrer par ces lieux dans les terres , où sont nombre d'habitants sédentaires, comme on pourroit faire par la dite rivière Sainct Laurent , plustost qu'aux costes d'Acadie.
Davantage, que l'Anglois qui faisoit alors ses pesches en quelques isles esloignées de treize à quatorze lieues de l'isle des Monts déserts, qui est l'entrée de la rivière dePemetegoët, feroit ce qu'il pourroit pour endommager les nostres, pourestre proche du Port Royal et autres lieux. Ce que pour lors ne se pouvoit espérer à Québec, où les Anglois n'avaient aucune cognoissance. Que si la dite dame de Guercheville eust en ce temps là entré en possession de Québec , on se fust peu asseurer que par la vigilance des Pères Jésuites, et les instructions que je leur pouvois donner, le pays se fust beaucoup mieux accommodé, et l'Anglois ne l'eust trouvé dénué de vivres et d'armes, et ne s'en fust emparé, comme il a fait en ces dernières guerres. Ce qu'il a fait par l'industrie de quelques mauvais François, joint qu'alors lesdits Pères n'avoient avec eux aucun homme pour conduire leur affaire, excepté la Saussaye , peu expérimenté en la cognoissance des lieux. Mais on a beau dire et faire, on ne
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peut éviter ce qu'il plaist à Dieu de disposer. Voilà comme les entreprises qui se font à la haste, et sans fondement, et faites sans regarder au fonds de l'affaire , réussissent toujours mal.