CHAPITRE V
L'Aulheur va trouver le sieur de Mons qui lui commet la charge d'entrer en la société'. — Ce qu'il remon.Mre à M. le comte do Solssons. — Comtnissîon qu'il lui donne. — L'Autheur s'addresse à M. le Prince , qui le prend en sa proteciion.
Après mon retour en France, ie fus trouver i.AmhmrT.
'^ irouwi- le sieur
le sicnr de Mons à Pons en Xainctonge , d'où '^' •^'^•"•
il estoit gouverneui^, auquel je fis entendre le
succez de toute l'affaire, et le remède qu'il y l'-^'-ccUTe'^ln
^ J Toyage.
falloit apporter. Il trouva bon tout ce que je lui en dis; et ses affaires ne lui pouvant permettre de venir en Cour , il m'en commit la poursuitte, et m'en laissa toute la charge, avec jj,^,' i^i-";^;;;. procuration d'entrer en ceste société , de telle à somme que j'adviserois bon estre pour lui. Estant arrivé en Cour, j'en dressai des mémoires, lesquels je communiquai à feu monsieur le pré- commi.niqiie sident Jeannin , qui les trouva très justes, et JJ;.!,;;';'"''''"' m'encouragea à la poursuitte, etmesmes voulut me faire ceste faveur que de se charger desdits
met la rhars^ - en la
60Clê(«.
3o4 VOYAGES
Qui promet mémoires , pour les faire voir au Conseil. Et
lt-»faire Toir au ^ X
voyant bien que ceux qui aimeroient à pescher en eau trouble , trouveroient ces règlements fascheux^ et rechercheroient les moyens de Tempescher , comme ils avoieut fait par le passé, il me sembla à propos de me jetter entre les bras de quelque grand , duquel Tautorité peust repousser Tenvie.
Ayant eu cognoissance avec feu Monseigneur
le comte de Soissons (prince pieux et affectionné
L'iuiheur en toutes vertueuses et sainctes entreprises)
remoMMre a M. A '
soi5ron"^"iini^ par l'entremise de quelques miens amis qui -ff'ire. estoient de son conseil , je lui montrai 1 importance de l'affaire , le moyen de la régler , le mal que le désordre avoit apporté par le passée et apporteroit une ruine totale^ au grand déshonneur du nom François , si Dieu ne suscitait quelqu'un qui le voulust relever.
Comme il fust instruit de toute l'affaire, il veit la carte du pays, et me promit, sous le bon "'renXnà P^^islr du rov , d'en prendre la protection. Cependant mon dit sieur le président Jeannin fait voir les articles à Messeigneurs du Conseil, par lesquels nous demandions à Sa Majesté qu'il lui pleust nous donner mondit seigneur le comte pour protecteur. Ce qui fut accordé par nos dits r"Is'^u"duc seigneurs de son conseil ; lequel renvoya néantn.ir"i 'de Frai." Rioius Ics articlcs à feu Monseigneur le duc
d'eu pren Ijroienion
Le Conseil renvoie
D1-: CHAMPLAiy. 3o5
d'Anville;, pair et admirai de France, qui approuva grandement ce dessein , promettant d'y apporter tout ce qu'il pourroit du sien en faveur de ceste entreprise. Comme j'estois sur le point de faire publier les patentes de sa commission par tous les ports et hasvres du royaume , et m'ayant honoré de sa lieutenance, pour faire telle société qui me semblerait bonne, ainsi qu'il se voit par sa ditte commission ici insérée, une griesve maladie surprit mon dit seigneur à Blandy, dont il mourut^ qui recula ceste affaire; ausquelles choses nos envieux n'avoient osé attenter, jusqucs après sa mort, qu'ils pensoient que tout fust décheu.
« Charles de Bourbon comte de Soissons , rr-nmis:
deMons»i
» pair et grand maistrede France , gouverneur soi^T! » pour le roy es pays de ^Normandie et Dau- » phiné, et son lieutenant général au pays de la » rSouvelle France -, à tous ceux qui ces présen- )) tes lettres verront, salut. Sça voir faisons à tous )i qu'il appartiendra , que pour la bonne et en- » tière confiance que nous avons de la personne » du sieur Samuel de Champlain , capitaine or- >) dinaire pour le roy en la marine , et de ses » sens , suffisance , practique et expérience )• au faict de la marine, et bonne diligence , » cognoissants qu'il a au dit pays , pour les di- » verses négociations , voyages et fréquenta-