partie de la nourriture ordinaire des Arabes,; on le porte aux
Tilles de la côte ainsi qu'à Bjidd» et à la Mecque, où l'on s'en
sert pour fedre une espèce de vin. On met les raisins dans des
cruches que l'on remplit d'eau et que l'on' «iterre pendant
un mois entier que dure la fermentation. La plupart des autres
firuits sont cultivés dans ces montagneà ou l'eau est abondante
en tout temps, et leclimat tempéré.. Il est tombé quelquefois
de la neige, et l'eau a gelé jusqu'à Sa'da. Les Arabes achètent
leurs vétemens de coton au. marché du Tehama j'^ou à ceux
de la cdt^ les pèlerins qui passent leur vende](|t, quelques
drogues ,' des épiceries et des aiguilles , et poursuivent Ipur
voyage avec une sécurité parfaite , du ,moins depuis que les
Wahhabites ont subjugué tout le pays, en réduisant, après
plusieurs batailles sanglantes, le^scheikhs hostiles qui ont été
contraints de payer un tribut annuel.
La plupart des Arabes , au sud du Zohran , appartiennent à la secte des zeïdites ; ils vivent dans des villages ; ils sont principalement ce qu'on nomme des hadhar , c'est à dire des hommes jsédentaires et non des Bédouins; mais , comngie ils otot des troupeaux nombreux , iU descendent aux époques des pluies , dans les plaines de l'est qui leur procurent de gras pâturages pour les vaches , les chameaux et les brebis. Ils se procurent des vétemens , des drogueries , des ustensiles et d'autres objets , aux ports de l'Yémen , où ils vendent des fruits secs , des dattes , du miel , du beurre , du café en grain. Ils échangent, avec les Bédouins de l'est, du dhourra.pour du jsétail. La piasti*e espagnole a cours parmi eux; mais dans leur^ marchés tout e^t év4)^é par mesures de blé. Les. jbabits
m^ ai8 ♦-•
dé tés Bédouine consistent généralement ai tmle de ebtoii , tissas de laine et cuir.
Ayant que les Wahhabites leur enseignassent la Téiitable doctrine musulmane , ils ne savaient guère de leur religiion que la profession de foi : la illaha ill' Allah , oua Mohammed tesoul Allah ! H n'y a pas d'autre dieu que Bien, et Mahomet est lé prophète de Dieu. Ils lUe pratiquaient pas non plus les lites prescrits pair la loi ; les El Merekedé ^ branche de la grande tribu des Asir , se conformaient encore à luie ancienne et singùVère coutum^e de leurs ancêtres ; quand un étranger Venait loger sous leurs tentés ou dans leurs maisons , ils lui tlbnnaietit tihe femme de la.famille, et jordinairement l'épouse de l'hôte pour lui tenir compagnie ' pendant la nuit ; mais Jamais les jeunéii vierges n'étaient sacrifiées à ce barbare système d'hospitalité. Si Tétrauiger se rendait agréable à sa belle tbmpagne , il était traité le lendemain matin par son hâte avec toutes sortes d'attentiqns , et , à son départ approvisionné de vivres suffisans pour le reste du voyage. Au contraire ^ si pat tnalheur il ne plaisait pas à la dame , il se trouvait que le tendemaln son manteau avait besoin d'une'pièce, parce qu'dle en avait coupé un morceau en ^igne de mépris. Dès que l'aventure devenait publique , le pauvre voyageur était chassé avec ignominie par toutes les femmes et tous les enfans du village ou du camp. Ce ne fut pas sans beaucoup de peine que les Wahhabites forcèrent les Merekedé à renonce à cette coutume ; comme il survint ensuite une sécheresse pendant deux ans /ceux-ci r^ardèrent ce malheur comme une pUni*tion du ciel pour avoir abandonné les usages louables de l'hos* pitalité smvis par leurs ancêtres.
Pendant mmi voyage parmi lés Bédouihs de Syrie , j'avais souvent entendu parler de l'existence de cette coutume extraordinaire chez la tribu des Merekedé , mais je ne pbuvaiis ajouter foi aisément à un rapport si opposé aUx idées que noiu avons sur le respect que les Arabes professent pour l'honneur des femmes ; cependant je ne puis douter plus long-temps de la chose , puisqu'à la: Mçcque et à Taïf , des gens qui avaient été témoins du &it m'ont unanimement attesté sa réidité.
à^font la ccùiquête des Wahhabhes, Fange dès ksit était de eonduire au marché leurs filles nubiles ^ parées de tons leurs atours , et là crier, en marchant devant elles t Mon Ufthieri el u'adera? (qui veut achetet la vierge?) Le mariage, lutangà quelquefois à l'avance , était toujours conclu sur k rplace du marché , et nulle fiUe ne pouvait se marier d'Une âlh -tremanièpe.
On m'a dit que les pi^thères et les loups sont très commttkifc dai)s ces montaghes , mais qu'on n'y rencontre pas de liens. Les Atabesde ces cantons (Mit de belles laces de mtietb et d'âaes.
jv«ni.
aOUTtf PB TAIF a SAMAA.
Getkinéraire me îaX, communiqué par un pauvre homme , .qui, pn 1 8 1 4 1 • était allé avec sa femme de Sa'da à la Mecijue. n était natif des environs de Sana'a. Depuis plusieurs années )e pèlerinage ou le ha4j el kesbi se trouvait interrompu ; or , cet hpmmc; i^'étapt pas en état.d^ payer le passage par mer jusqu'à Djiiida, prit une route qui, même dans ces conjonctures qritiques, est praticable pour quiconque peut passer pour pé- \&cm sans éveiller des soupçons. Il fut partout traité avec hos*pitalité. En entrant dans un village , il allait à la mosquée et lécitait |m chapitre du Koran t alors les babitans lui demanliaient qui U était et lui foiurnissaient abondanunenl^de la Ùp- ^^ ^.du lait , des raisins , de la viande et d'autres-denrées. fl
^, ^. $fx^.yi^ 4e« T^mw qU-ett upprodiant de ÏÊùniè
jturque de Mohammed Aly ; des soldats lui enlevèrent toutes ^es provisions. Il ne put pas marquer exactement la marcbe de chaque î,our , parce qu'il ne se rendait pas immédiatement d'un lieu à un autre , attendant quelquefois plusieurs joUrs , pour avoir des coippa^ons 4e voyage ; il y employa en tout trois moi3. U gagna sa vie à la Mecque en chantant, devant les logemens des pèlerins riches , dès vers en honneur du prophète et du pèlerinage. Yoici sa route.
ElT^. — Béni Sa'd, Arabes. — Nasser, Arabes. — Beghilé pu. Bedjelë , marché. -^ Réhah , marché. — El Mandak, dans le pays des Zohran. — £1 Beka'a , dans le même pays. r-> Raghdan , dans le territoire des Arabes Ghamed. — Arabes Ghamed. — Sollebat , habité par ces mêmes Arabes et par les Khotham, tribu ancienne qui florissait dans le commencement de l'islamisme. — Schomran , Arabes. — Bel Kom. •— Ibn Dohman , tribu arabe^ — Ibn El Ahmar, tribu arabe. — Ibn £1 Asmar , tribu arabe. — Ici le pays est nonuné d'après les habitans , ce que le voyageur n'avait pas oubhé , quoiqu'il ne se souvint pas toujours du nom des villages où il avait passé dans le territoire de chaque tribu. --* Asir : cette tribu est présentement réunie avec les trois précédentes , sous un même chef. — El Tami , chef des Asir, fut Tantagoniste le plus ferme de Mohammed Aly ; sa principale résidence était El Tor, château-fort sur une plaine haute entourée de montagnes ; il en avait un plus petit à El Tobah , ville éloignée de quatre à cinq journées de Gonfodé sur ia côte du golfe Arabique.'
Dans le tenitoiredes Asir , le pèlerin pass^ par les villages suivant : Schekratein, Ed Dahié, Schôhata et Ed-Djef; jusqtielà le voyageur avait toujours marché stlr le sommet dés montagnes ; ensuite il continua sa route le long des vallées composant la chaîne inférieure des coteaux qui coupent la plaine orientale*
Refe'idha, Arabes. — Abida, Arabes. — * Harradja, vill^
dans le territoire des Arabes Senhan où Ton trouve aussi la
.fertile vallée de Raha. ^- Homra, lieu habité par les Arabes
Sebhan } k une loomiée à T-ouest , est situé i'Quadi Nedjran»
a}>pia]teiiant.à h tribu des Tarn. — Thohràh^ habita par là tribu des Ouada'a; ce lieu est dans le haut des montagnes , mais les Ouada'a occupent ausn les yallées inférieures. — Bà'ghem, tribu arabe ; à l'est demeure la puissante tribu des Arabes Kbolan. -— Bohhian, àla tribu des Sahbar. -*— Sa'da. De ce lieu à Sana'a les stations les plus usitées sont : Beït Medjahed. ^^Djorf. — • Kheiouan etHouth, toutes deux sur le territoire de la tribu des Hasched. — Zibeïn. --^O'mra'n; Sana'a. Sept journées de Sa'da à Sana'a.
N* nr. ^
NOnCSH EEUkTIVES AU PATS AU SUD DB LA
VSGQUS.
JTai déjà décrit la route de la Mecque ^ Taïf. A quatre heures de marche au sud-est de Taïf , on trouve lié , ouadi ayec 'UB ruisseau , de beaux jardins et beaucoup de maisons le long du cours d'eau. A peu près à deux heures au sud de Lié , on voit dans la mont«^gne le célèbre château de Bisel , bâti par Othman el Afedbaïfé , dernier chef des Arabes du Hedjaz, lequel fut fait prisonnier dans les environs^ dans l'ai^toinne de i8 12. Ce fût là que Mohammed Aly pacha/ en jaiH ^er 181 5 y livra une bataille décisive à toutes les. troupes des Wahhabites réunies* AudelàdeLalé on voyage dans les mon* tagnes pendant près de deux heures^ puis on descend dans la grande plaine de l'est, où> à une distance de sept à huit heures de Lié, et à douze de T^ïf, est située la petite ville de Kolakh : le quartier^énéral^de l'armée turque y fut établi pendant plusieurs mois eh 18 14* C'est un heu ouvert, sans arbres, ni enclos f mais il y a beaucoup de puits. Q est à l'est-sud-est
ie Tsiiî. Dans le voisinage de Ué et de IKolaKh , hafaitentlei Arabes de la tribu des O'sama qui fait partie de la çraAdt tribu des Ateïbé. Entre Kdbkh et Taraba ^ hbrs âè la rotoa ^ecte, est sits^ Abila, iadis la résidence de MèdhaJiC^/Lè çhenmle pbui fréquenté duNedjdauZoliran et de UaiiKpèrlb 4e l'Yemen, passe par Koliikh. £n continuant à marcHeF dtfà l^ plaine au delà de i^olakh , dans une direction fhn jpaéti^ ^qnale, pendant à peu près di^-huit heures , on «nive à lA ville de Taraba , comme la nomment les habîtanfii dé Ta(tf'et de la Mecque, ou Toroba selon la prononciation des Bédouins. Un soldat qui avait une montre me dit qu'il avait compté trois heures de nl^dbe entre Taïf et Taraba. Cette ville est aussi grande que Taïf et remarquable par ses plantations qui fournissent le pays voisin de dattes. Elle est remarquable par la résistance qu'elle opposa aux armes de Mohammed ^ly jusqu'en janvier iSiS; alors elle fut obligée dé se rendre. Elle est entduréé dé bocages de J)almiers et dé jardîiis arrosés par de nombreux ruisseaus* : à pfti de distance s'élèvent des coteaux au pied desquels les Arabes cultivent du dourrah et de l'orge ; les habitans sont de la tribu de Bégoum et ont pour scheikh Ibn Korschan. Ghalié , veuve d'un scheikh, a immorteHàsé son nom en consacrant ses biens à Ik défense de là"\lllç ak en prenant une part, active aux con'seîls'des chéfi^: lie' pays autour de Taraba et au delà jusqu'à Kôlakh est l^abité pat lej( Atelbé, la plus nombreuse tribu arabe du Hedjâz. Les 'Bér goums avaient entouré Taraba d'un tnuf , et élevé quel^é^ tours ; aujourd'hui une garnison turque y est placée , pàircç qa€ c^B8t la position principale et le grand passage entre lé Hedjd et l'Yemen.
En su^vaht la route au sud de 'faraba', à Test dé la grande diaine des montagnes ^ sur un terrain inégal entrecoupé de nombreux ottadis , on arrive ; au bout de deux jours , à Rânié, vaie habitée par la tribu arabe dès Sabîa% dont le scteiljLh est An Katnân , personnage (fistingué par sa bravoure dans la gtterre conù^lés troupeà du pacha. A trois ou quatre joui^tiéas^dé Ranié , on rencontré la vilte de Beïsche i Tespace intormédiliite est habité par h tribu dés Béni OÛob; B^iscbé;
]La podltion la plufi importante entre Ta^f et $9^% est dan^ un teriitnre très fertile et.ei^trémen^ent riche ^ dattiers. I^'armfse turque de Mohammed Aly , avec les Bédouins ses alliés I s'élevant en tout à dix ou douze mille honimes s y trouva 4^a vivres suffisamment pour une bake de qiiinie jours , et pour l'approvisionnement . d'une marche de. plusieurs jours ven le sud. Les Arabes nomment Beïsché la clef de VYemen; elle est sur ime des. grandes routes du i^ejd à ce pays. Op disait que les chameaux très chargés allant de la Mecque dins l'Yemen n'en, pouvaient pas prendre una autre , et qu^ Je kog de la c6te maritime^ au delà de Beïsçhé, i} y a un passage £BK:ile à l'ouest , à travers la grande €h{4l^ de moprtagnes. Pinceurs batailles furentUvréesà Beïsché .entre scbévl Gbaleb et Saoud t général d^s Wahhabites ; celui-ci .ayant jnsmporté la victoire , bâtk trois châteaux d^ns les environs , et en donna.la garde à Ibn Schobkan ; û le ngigma également chef de la tribu des Bem Salem y habitans de Beïsçhé^ qui pouvaient fonnodr huit à dix mille mousquets. Ensi^te Ibfi -Schobkan combattit vaîUamftieiit l'armée turque. Jfi cvois q^i;, dans les aiiciens temps, les schéiifs de la Mecque possédaiei^t au moins une autorité nominale sur tout lepaysde')?aïf àfitïi^ ehé. Ool lit dans l'histoire d- Asami plusieurs exiéifiples d^ •chérifs résidant momentanément à Beïsché et ayant des Bqp &ilem pour auxiliaires dans leur armée.
' Qe'isehé est dans une vallée large, dont la longueur est de alx i hmt heures de marche et où les ruisseaux , les puits et les jardins abondent. Les maisons, y. sont mieux bâties qu'à Taïf , et éparses dans tout l'ôu^^ Le principal château est très fert , entouré de murs hauts et sohdes, et d'un fossé. A atods ou quatre journées à l'est et au sud-est de Beïsché, ]sl piaâneest couverte de nombreux campemens d'Arabes Kahtan, triini trks ancienne qui florissait long-temps avant Mahomet •dans les siècles de Tidolâ^e. Des Béni Kahtan é^iijgrèrent en -Bgypte ou rhbtoiien Masoudi ks vit ; ils habitaient Assouan* ^Les Wahhabites ne viBÙnquirent que très diffixilemeat cette tribu qui cependant conçut pour eux un attachànent qu'elle a ««M4ïpv4 l<es Benî fiahta» possèdent dlemsàkm» pMiuagfs et
lèvent beaucoup de beaux chevaux : le grand nombre dé leurs chameaux est devenu proverbial en Arabie. Cette tribu est divisée en deux branches principales : les £1 Sahama , et les £1 A'asi. En décembre 18149 lesKahtan firent une incui^ sion vers Djidda , et enlevèrent tout le bagage d'un corps de cavalerie turque posté là pour protéger la route entre cette ville et la Mecque ; de nombreuses bandes de ces Arabes font quelquefois pâturer leurs bestiaux dans le Nedjd.
De Béïsché à Arin, dans le pays des Arabes Abida, la^stancç est de cinq jours de marche suivant la manière de voyager des Arabes , mab de six ou sept ^ suivant celle des pèlerins kesbi. Beïsché est à peu près à deux journées des montagnes de l'ouest. Le voyage de Beïsché au territoire de Zohran exigé au moins quatre jours ; tous les Arabes de Taraba k Beïsché , et de là vers l'ouest , sont sédentaires ou laboureurs; ceux du sud et de l'est sont Bédouins ou nomades errans.
A quatre ou cûfiq journées au sud-est de Beïsché , demeibirent, eii hiver, lés Arabes Douaser ; en été, ils se transportent dans les pâturages plus fertiles êa Nedjd, dont les lioaites les plus proches ne sont qu'à huit jours de route. Ils n'ont pas de chevaux , mais ils fournissent aux Wahhabites, dans leurs guerres , à peu près trois mille cavaliers montés sur des chameaux. Oi dit que ces Douaser sont de très grande taille et presque noirs. Autrefois ils allaient vendre à la Mecque dés plumes d'autruches aux pèlerins du nord, et beaucoup de colporteurs de cette ville venaient chez eux en. hiver potr échanger des cotonnades contre ces plumes.
A côté des Douaser , mais je ne puis pas assurer dans quelle direction, vivent les Béni Kelb , Bédouins sur lesqueb on débite beaucoup de fables absurdes dans le Hedjaz ; on dit, par exemple, que les hommes ne parlent jamais l'ai-abe, mais aboient comnié des chiens ; idée due peut-être à leur nom dé Kelè qui signifie un chien. Toutefois on convient que leurs fennimes parlent l'arabe ; néamnoins il est certain que Tétran- ^ger qui s'arrête à leurs tentes est régalé par les fc^mmes et non par les hommes.
A moitié chemin entre l'Ouadi Douaser ou les pâturages
dliÎTer du Douasér et Sana'a , à une petite journée à Test de Tholiran, territoire des Arabes Ouada'a; et à quatre ou cinq journées de Sa'da , est situé l^Ouadi Nedjran sur la premièrfs des grandes chsunes de montagnes. C'est une vallée fertile^ntre des monts inaccessibles , où les défilés sont si étrpits que deux chsuneaux ne peuvent y passer à la fois. CeUe vallée est arrosée par des ruisseaux et abonde en dattiers. Elle est habitée par les Béni Yam , ancienne tribu qui s'est distinguée récemment par son opposition aux Waljiabites : elle est composée de colons et de Bédouins. Les premiers sont scbiites ou comme les Persans héi^tiques, sectateurs d'Aly; tandis que les Bédouins sont pour la plupart sunnites ou musulmans orthodoxes. Ces derniers sont subdivisés en deux tribus , les Okman et les El Mara, plus faibles que les sectateurs d'Aly et souvent en querelle avec eux; cependant les deux partis se réunissent lorsque le Hedjaz|est attaqué par un ennemi étranger. Les colons peuvent mettre sur pied à peu près quinze cents hommes , aimés de mousquets. Ils repoussèrent deux fois Saoud, chef des Wahhabites , qui avait soumis toutes les autres tribus arabes , excepté les Béni Sobb 9 de la famille des Uaxb^ dans le nord du Hedjaz. Les Béni Yam conclurent une espèce de traité avec les Wahhabites , et eurent la permission de faire annuellement le pèlerinage. Quelques uns visitent le tom^- . beau d'Aly à Meschehed Aly, toutefois ce voyage est accompagné de grands risques , car leur zèle religieux leur coûterait la vie s'ils étaient découverts s^r la route , et cela arrive fréquemment , parce que l'accent particuUer de leur dialecte les trahit. Quiconque est allé faire ses. dévotions au tombeau d'Aly est regardé comme un saint dans le Nedjram.
Quand un homme de cette tribu des Béni Yam entreprend un voyage , il envoie sa femme dans la maison d'un ami qui , suivant ce qu'on dit , doit eh tout remplacer le mari pendant son absence , et la lui rendre à son retour. On peut remarquer ici que le nom de Nedjram el Yemen est mentionné dans le catéchisme des Druses où l'on trouve cette question : « Le » Nedjram de l'Yemen est-il ruiné ou ne l'est-il pas ? » Les tanneries du Nedjram sont célèbres dans toute l'Arabie.
H. y oy. dans r Arabie. |5
Les cantons les moins montagneux au sud de la Mecque i dont il fest question ici , ne sont, même en temps de paix, ac^ cessibles que pour les Bédouins ou pour les marchands bédouins , et n'ont pas de communication régulière avec la Mecque par la voie de caravanes. Les habitans du Nedjd trayersent continuellement ce territoire pour aller chercher du café , et pendant la domination des Wahhabites , il n'y avait pas 3'autre chemin outert entre ITemen et les provinces septentrionales de l'Arabie. Ce pays jouit rarement de la paix, les montagnards étant ennemis des pasteurs qui vivent dans les cantons inférieure et souvent en quAelle entre eux. Ils sont tous très beUiqueux , néanmoins les Wahhabites ont réussi k^ apaiser leurs dissentions intestines.
Le pays au sud de la Mécqùe , près de la cote maritime ^ à Touest de la chaîne dès montagnes, est plat et entrecoupé de collines qiii disparaissent graduellement à mesure qu*on s*àpprbche de la mer , dont le rivage présente une plaine imic dans presque toutes les directions à une distance de plusieurs heuires. Eii téinps de paix, la route de terre est très fréquentée par les caravanes qui suivent soit la «ïètc tout prés des ports, soit le pied des montagnes. La première ne fournit pas beaucoup d'eau. Le jpremier lieu habité , au $ud de Bjidda, est Leith , petit port à quatre journées de distance ; les habitans l'abandonnèrent par la crainte que leur causaient les montagnards. Ils appartiennent à la tribu des. Béni Harb, nombreuse et puissante dans, le pays entre la Mecque et Médine. Il y a sur cette c6Te beaucoup de camps des Arabes Heteïm. De Leith au territoire des Zohran dans les montagnes, le voyage est de trois jours et demi ; de ce lieu à Schagga^ petite ville, on compte une journée ; de là à Doga, la distance est la même. Doga est près de la région montagneuse , c'est im marché considérable ; mais ses maisons ou plutôt ses cabanes ne sont construites qu'en broussailles et en roseaux. Les habitans sont presque tous des schérifs , parens de ceux delà Mecque auxquels ils ont souvent accordé un asile. dans leurs dernières guerres civiles. Il faut un jour pour aller de Doga à Gonfodé , port connu. A une journée et denpiie au sud
de Gonfodé , on trouve Hali , petit port situe sur la frontière méridionale du territoire, appartenant au schérif de la Mecque , qui avait des officiers pour les douanes dans ces deux ports. En i8o5 ou 1806, Othman el Medhaïfé, chef walihaf bite , enleva Gronfodé au schérif, et toute la côte de là à Djidaa tomba sous le joug Ses Wahliahites. En i8i4, les troupes turques de Mohammed Aly pacha essayèrent de s*y établir , mais elles en furent bientôt délogées avec une perte considérable par Tami scheikb des Asir \ cependant Gonfodé tîit repris en 181 5 par Mohammed Aly en personne, après son expédition contre Tami.
Le voyage de Djidda à Gonfodé, le long de la côte , est de sept jours démarche assez lente. Une autre route plus orientale de Djidda à Leith est un peu montagneuse , et on y rencontre de l'eau en abondance ; tandis que sur celle qui longe* la côte on ne trouve qu'un puits entre les deux villes.
L'autre chemin de la I^ecque à l'Yemen , le long de la base occidentale des grandes montagnes, est très fréquenté en temps de paix ; chaque semaine il arrive des caravanes , principalement de Mokhoua qui est à quinze heures de distance de Doga et à une journée du territoire des Zohran dans les montagnes. Mokhoua est une grande ville à neuf jouméei de marche lente de la Mecque ; seis maisons sont en pierre ; c'est le marché où les cultivateurs du territoire des Zohran et des cantons voisins vendent lés produits de leu;: trayail aux marchands de cette ville qui les envoient à la Mecque et à Djidda. Lé pays autour de Mokhoua est très fertile et habité par les Béni SeUm, les Béni Seïdan et les Béni Aly; les deux dernières tribus s'étaient soumises aux Wahhabites , Tami les commandait. Il y a aussi à Mokhoua beaucoup de Béni Ghamed. En temps de paix le commerce entre cette ville et la Mecque est très considérable. Peut-être un tiers de l'approvisionnement de la cité sainte en blé de toutes les sortes vient de Mokhoua. La route par laquelle ces deux villes communiquent ensem^ ' ble traverse principalement 4es vallées , et seulement un petit nombre de colHnes ; on y rencontre des villages dont les c^t- "banes sont habitées par des Bédouins et par des agricultei^^.
Pendant les deux premiers jours, on voyage sur le territoire des Djehadélé, dont la limite au sud est TOuadi Lemlem , vallée fertile avec des sources. Au delà , demeurent Ifss Béni Fahem , ancienne tribu aujourd'hui beaucoup diminuée ; ils 'sont célèbres dans tout le Hedjaz pour avoir conservé la pureté de leur langage à un plus haut degré que les autres tribus]; et quiconque entend parler un de leurs petits garçons est convaincu qu'ils méritent cet éloge.
Le pays à l'ouest de la grande chaîne de montagnes jusqu'à la mer porte le nom de Tehama : appellation qui , du moins dan» cette partie de l'Arabie, est donnée non pas à une province en particulier , mais généralement à toutes les terres comparativement basses situées vers la côte maritime : les JBédouins retendent au nord jusqu'à Yambo. Les habitans du Tehama sont pauvres , excepté ceux qui font le çonmierce , parce que cette contrée a peu de ten^ains fertiles et moins de pâturages que les montagnes où les pluies sont plus abondantes. Dans tout le Tehama inférieur , il n'y a quelquefois que trois ou quatre jours de pluie dans une année. Les Bédouins du Tehama , au sud de la Mecque , s'étaient presque tous retirés dans les montagnes, quand Mohammed Aly envahit le Hedjaz. Geil*était point par' crainte des Turcs ; c'était parce que, dans un état de choses aussi précaire, les tribus fsiibles n'étaient pas, dans un pays ouvert, à l'abri d'attaques à l'improvistedes Bédpuins maraudeurs appartenant à des tribus ennemies et puissantes ; durant la domination des ' Wahhabites , celles-ci n'avaient pas osé montrer leur esprit d'inimitié ; mais maintenant il se déchaînait impatiemment. Parmi les Bédouins du Tehama , il y a beaucoup de tribus des Béni Heteïm, la plus répandue de toutes en Arabie.
Le grand désert à l'esl de Beïsché et de l'Oûadi Douaser , et •au sud du Nedjd, désert qui s'étend vers l'est jusqu'aux frontières de l'Oman, est nommé par les Bédouins Rohc^ el Khali(ljBL demeure vide ou abandonnée ). Comme il ne s'y trouve pas un seul puits, on n'y voit pas' une ame en été; mais en hiver après les pluies , lorsque les sables produisent de l'herbe , toutes les grandes tribus du Nedjd, du Hedjaz et de ÏTémen
mènent paitre leurs troupeaux dans les parties de ce désert limitrophes de leurs pays respectifs. Le terrain sablonneux est très fréquenté par les autruches, que les A]:abes Douaser tuent. Plusieurs Bédouins m'ont assuré que beaucoup de cantons du Roba* d Khali n'ont pas encore été explorés , parce que dans l'est ^ même en hiver , il n'offire pas la moindre végétation« Le seul coin habitable de cette immense étendue de sable , est TOuadi Djebrin. C'est par là que passe le chemin que les Arabes du Nedjd suivent en hiver pour aller dans le Hadramaut : c'est un terrain bas avec des dattiers et des puits ; cependant les maladies pestilentielles empêchent les hommes d'y établir leur demeure. Les datteis sont cueillies par les Toyageurs.
STATION DE LA GAEAVANE D^S PELEHINS DU GAIÙ