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NOTICES OKOGRAPttlQUES DU PATS AU N0RD Eï A
l'est de MÉDINE.
Les stations de la caravane de Damas à Médiae sont bien connues. Le canton le plus intéressant sur cette route en Arar bie parait être le Hedjer ou Medaïen Saléh^ à sept journées au nord de Médine. Ce territoire , suivant plusieurs passages du Koran, qû a un chapitre intitulé Hedi/ér>f était habité parles Béni Thamoud , hommes de taille gigantesque , dent les Iuh bitations furent détruites parce qu'ib refusèrent d'obéir aux avertissemens du prophète Saléh. JLe Hedjer â une^étendue de plusieurs milles ; le terrain en est fertile , arrosé parlièaucdilf^ de puits et par une rivière ; il renferme de vastes catnps'dë Bédouins. Saoud, chef des Wahhabites, aivâit le projet -d*y bâtir une ville. Ses olcmas l'en détournèrent, en lui déd^^ rant que ce serait une impiété que de rétablir un liai <pielë Tout-Puissant avait anéanti dans sa colère. Une mobia^e peu considéirable borne cette fertile plaine à l'ot^t à peu de^.disjtance dufpcant où les pèlerins ont coutume de camper.
On voit dans cette montagne de^^grandes cavernes , ou des habitations creusées dans le roc avec des figures d'hommes et de divers animaux sculptées], de petites colonnes de chaque côté des entrées ; et , si j'en dois croire le témoignage des Bédouins , de nombreuses inscriptions au dessus des portes»
mais je suis enclin à penser que les Arabes ont pris des orîiemens de sculpture pour des lettres. Le roc est de couleur noirâtre , probablement de nature volcanique , car dans le voisinage il y a un puits dont l'eau est tiède. Ma maladie à Médine et la débilité qui s'ensuivit m'empêchèrent de visiter ce lieu d'où j'aurais pu aller en ligne directe à Akaba à l'ei^trémité du golfe oiiental de la mer Rouge.
Les Bédouins appellent territoire de Scheffa tout le pays entfe Hedié et Oela , station plus septentrionale des pèlerins. Us nomment Essaf ha tout l'espace compris entre le Schaffa et Akaba èl Scham ou Akaba de Syrie, qui est aussi une station. Cet Akaba peut être regardé proprement comme mar^ quant la limite de l'Arabie et de la Syrie. Là une montagne escarpée s'étend à plusieurs journées à l'ouest , vers le golfe arabique , et à l'est vers l'intérieur du désert. J^xi nord de cette montagne, on entre dans la plaine haute ou supérieure qui se prolonge jusqu'à Damas. Entre l'Akaba de Syrie et celui d'Egypte , il existe un autre passage à travers la même montagne i on le nonime Ba'b ei NedjdQ^ porte du Nedjd) , parce que c'est par là que les Bédouins de la Syrie méridionale ou lès Atil et Schëmal^ commeles appellent les Bédouins d'Arabie , passent en allant dans le Nedjd. Quand les Wahhabites font des excursions conti*e les Bédouins , ils laissent i^ fortes gardes dans ces cols , a6n d'assurer leur propre re*traite.
La route des pélmns pour aller de Médine directement en Syrie , n'est pas très fréquentée , même en temps de paix. ^ Quelquefois lin petit nombre de marchands bédouins va par ce chemin àDauîiasavec'des chameaux chargés de café; mais il est infesté par des bandes errantes des tribus deBenl O'mra'n et des Hoveïtat, qui demeurent dans les montagnes de l'ouest, et descendent fréquemment dans la plaine pour piller les voyageurs. La route la plus suivie , au Nord dé Médine, est vers le JNiys de Cassmi qui, ainsi que jel'ai déjàdit, approvisionne cette tiUe de toutes sorttts de denrées en tempis de paix. Le chemin du Gassim passe entre celui des pèlerins d'un côté, et la route directe à Deraïeb, capitale des Wahhabites, de Tautre. AMé-
dîne on m'indiqua souvent la position du Gass'im etdu Nedjd; j'ai constamment trouvé qu'elle était :
Cassïn^ E. V. N. ) , ^.,,.
' de Medine.
Peraïeb £. '/
Entre la route des pèlerins et celle du Cassïm , il y e^ a unç troisième menant directement de Médine dans la province de jebel Schammar ; en temps de paix , elle e$t très fréqueQT !e ; mais la plus ordinairement suivie pour aller de Alédii^^ au Pjebel&Jbammar est par le Cassïm ; quoique pluslpngi^e de deux jours que la précédente, elle est moins fatigante pour lés chameaux, parce que l'eau y est abondante, tandis qû'ell^ est rare sur l'autre.
Les caravanes allant de Médine au Cassïm passent parle? stations suivantes :
Médine. La route passe à l'est du Djebel p):^od$ à une heure de marche au delà des jardins , on trouve El Areïdli • emplacement ouvert avec le tombeau d'un santon surn;v?n1^ d'une coUpole. H y a à côté un puits appelé feir Rasçhe'id. ^ ,
A trois heures de là, est El Hafha, avec leli^ 4'ui|.t<^-r
1 iQ heures. Soueïde^. Depuis Hafioa , le chemin est roca^i leux et absolument sans eau. Il y a deux montéi^ difficiles pour les chameaux , Soueïder est entre deux montagnes , et a plusieurs puits d'eau saumâtre, simplement creusés en terre ;* on y voit des doum. Entre Médine et Soueïder, le pays est habité piar les Arabes Mezeïné ou Omzeïné de la 4xibi( d^ fieni Harb > et par les Héte^m et4es JSeni Safar ^ de \^ xnèmc^ tribu.
4 heures. Vallée avec des puits et des doum.
y heuies. Hanajkié , dans la plaine , avec beaucoup de. m^ , y^ res et de puits d'eau douce creusés en terre ; ici on trouve constamment de l'eau à une certaine profondeur. On y Toit d^ ruines d'ua ancien château d'architecture g^irrasine ; des dat-: tiers y croissent. Cette position importante est iréquenuoent visité par les tribus bédouines.
6 heures. Abou Khescheib. Depuis Hanakié la route tia-
Terse une plaine sablonneuse. Abou Kheschéib est entrt deux montagnes ; il y a de bonne eau de puits.
Il heures. £1 Heïmedj. H y ade Teau douce et de l'eaa «àumdtre. — ^'^J^'"
8 heures. El Maouat. Chemin sablonneux, atec des moi»* tagnes basses, pas d'arbres. L'herbe appelée adjerf y croît. Les pditurâges des Béni Harb s'étendent jusqu'à He'imedj , où connrmencent ceux deîi Arabes Meteir. El Maouat a la meilleure eau de toute la route ; c'est un lieu sablonneux danè une gorge des montagnes.
i6 heures. El Badjé. Depuis Maouat on voyage entre des montagnes dans une plaine sablonneuse, et sans eau ; la chaîne à gauche porte 1q nom de Ta'âié. le Badjé est un territoire étendu avec des arbres , des herbages et des puits d'eau douce et d'eau saumâtre. i
3 heures. Nefoud ou Gherek edBhessem. Ce dernier nom lui vient des sables profonds dont est composée la plaine , sur une longueur de quatre heures de marche ; ensuite la route devîent sablonneuse et moins difiScile, parce qu'elle est couverte âp Cailloux.
i4 heures. Djerdaouié, plaine avec c[es puits de bonne eau.
5 heures. Dât , première viUe di; Cassïm. En tout cejit heuyes depuis Médine.
De Dât à Rass l'une des principales villes du C^ïm, qr^tre à cinq heur^T^e^ass à Kliabara cinq heures , et de Khabarà à Schebeïbé quatre heures. 7
D'après les voyages de nuit des Bédouins , cent nuits sont égales à dix ou onze marches de jour. Le voyage dont* Je vienft 4'exposer le • détail fut ejQectué par l'armée de Tousoun paclia pendant la nuit. On mit trois jours à aller de Médine à Hanakié et huit jours de là iî Dât.'TJné personne cteTa cour de Tousoun pacha mesura la distance avec sa montre. Les caravanes chargées de blé, sont généralement dix à onze jours en chemin entre Médine et Rass.
Le Cassim , canton le plus fertile du Nedjd , commence à Dât. Le nom de Nedjd signifiant terrain haut ou élevé , est
donné à ce pays par opposition àTehama ou terrain bas appliqué à la côte maritime. Le Cassïm paraît être un territoire de forme oblongue, ayant une étendue de trois à quatre journéesdemarche de l'ouest à l'est, et de deux journées de largeur du sud au nord. On y compte plus de vipgt^ix petites villes ou villages bien peuplés , bâtis sur un terrain cultivé et arrosé par l'eau de puits nombreux. La ville principale est Bereïdj^ ou réside le scheikh £1 Gassïm ; c'est un vieillard nommé £1 Hedjeïlan , jadis ennemi des Wahhabites , aujourd'hui converti à leur doctrine. Les environs de Rass produisent le plus de blé. Cette partie du Gassïm voisine de Ra^s et de Dât est la plus proche de Médine. En temps de paix des caravanes arrivent réguUèrement tous les mois de Rass à Médinei L'arméç de Tousoun pacha trouva des vivres en abondance dans le petit nombre des villages du Gassïm qu'elle occupa.
Le heu le plus considérable du Gassïm est A'neïid.; on dit qu'il est aussi grand que Sioutdans la Haute-Egypte, qui, suivant l'estimation des Français, contenait trois mille maisons. Aneïzi a des bazars, et est habité par de gros marchands arabes. Les plus remarquables des autres villes et villages K>nt z Es' Schenamé , Baigha , Heschaschié , El Helalié , El Bekeïrié , Batah el Nebhanié , Aschébeïbé , Ayoun^ Kouar et Mozneb.
De petites tribus des À'nezé , des Ateïbés dont le cheflieu est sur les montagnes du Hedjaz habitées par les Béni Harb ; desiMéteir et d'autres , campent toute l'année dans les plaines du Cassïm, qui fournissent d'excellens pâturages.
Le pays entre le Gassïm et Deraïeh, capitale du Nedjd , est presque entièrement désert : il est appelé El Ouschem ; de l'extrénaité occidentale du Gassïm à Deraïeh , la distance est de cinq journées. Le dernier village du Gassïm , de ce côté, est Mozneb ; ensuite commence l'Ouadi San , large vallée sablonneuse avec des pâturages, qui se prolonge à plusieurs journées vers Deraïeh , à travers l'Ouschem.
Près de Deraïeh , le Nedjd est appelé El Aredh , canton qui en fut autrefois jséparé , mais qui aujourd'hui est regardé ■comme lui appartenant. L'Aredh est moins fertile c^ue le Cas-
s'iiii^ qui lui fournit une partie de ses apprûrisionnemens. Dera^eh sa principale ville a toujours été un lieu remarquable; elle s'eàt beaucoup accrue depuis qu'elle est Revenue le siège principal de là puissance et de la doctrine des Wahhabites. Sa position relativement àMédine me fut souvent indiquée et )e trouvai qu'elle esta VE.-i S. E. dé cette ville, en ne tenaiït pas compte de la variation; le Cassïm est à TE. ^ N. de Médine.
Beraiehest dans une vallée dont les issues au N\ et au S. sont très étroites : un seid chameau peut y passer à' la fois. Les maisons , dont beaucoup sont en pierres , sont bâties sur les petites des deux montagnes , la vallée étant partout très resserrée. Cette ville n'est par murée. On peut se faire une idée du nombre de ses habitans d'après le rapport des Bédouins, qui disent qu'elle fournit au chef des Wahhabites 3poo hommes armés de mousquets ; ils sont composés de différentes tribus, notamment de celle des Mekren, rameau des Mesalikh, qui font partie de la grande famille des A'nezé. Tous les habitans du Nedjd font remonter leur généalogie à quelque ancienne tiibu bédouine ; ainsi ceux de Rass prétendecAju'ils descendent des Béni Yam , qui vivent aujourd'hui dans le Nedjram en Yemen. La petite tribu des Béni Lani , alliée à ceux du même nom sur les rives du Tigre , mais qui n'est pas conune eux de la secte d'Aly, et la faible tribu des Essehoun, demeurent dans l'Aredh et campent rarement au delà de ses limites»
Des puits fournissent l'eau à Deraïeh. Ibn Saoud , dernier chef des Wahhabites, découvrit une source derrière la maison qu'il avait fait bâtir et voulut persuader au peuple que Bieu Pavait inspiré dans cette occasion. Cette habitation est située sur la montagne à une dizaine de minutes de marche de la ville ; elle est spacieuse , mais n'a pas d'appartemens magnir fiques. Tous les membres de la famille qui sont mariés ont leurs chambres particulières ; il y en a beaucoup d'autres pour les hôtes dont la maison est constamment rempUe , parce que tous les chefs des tribus venant à Deraïeh pour affaires Sont invités et loger dans le manoir ou le palais du scheikh. Il n'y a pas dans cette ville de khans ou hôtelleries, de sorte que chaque étrangerva.demeurerchea^ualiabitaat;
lliospitalitj de ceux de Deraïeh est passée en proverbe. Les environs de la ville sont stériles et ne produisent quq quelques dattiers. Deraïeh reçoit principalement ses denrées de Dhoroma, grand village bien peuplé à une journée de route Ters l'çst-nord-est; il y a des jardin^ et des vergers bien arro^ flés par le moyen de puits nombreux. '
De Deraïeh à la Mecque on compte uqe distance de onze à douze longues journées de marche de caravane. A trois journées au delà de Deraïeh , on trouve des terres cultivées et de petits villages arabes ; le reste de la route traverse un pays désert jusqu'à FOuadi Zeïmé à deux journées de la Mecque. lii distance de Rass en Cassïm à la Mecque est également calculée à douze jours de marche. Cette dernière route abonde plus en eau que la prjécédente et passe également par l'Ouadi Zeïmé.
Un chemin va directement du Nedjd aux montagnes du Hedjaz ; j'emploie ici ce mot dans 1^ même sens que les Bé^ douins et je l'appUque aux montagnes au sud de Taïf ; ce chemin va égAement au pays de Befisché et dans ITemen , il passe par le village de Darié à l'extrémité méridionale du t Nedjd , sur la grande route du. Cassïm à la Mecque. Le chek min de Dérié à Beïsché file a quatre ou cinq journées de marche k Test de la Mecque. Entre Dérié et Taraba , dont j'ai parlé précédemment, on trouve El Bacarra, pays de pâturages avec beaucoup de puits , et lieu de halte très connu de tous les Bédouins de ces contrées. Il appartient à la tribu desKereïschàt, rameau des Arabes Sabia qui habitaient Ranié.
Le Nedjd est célèbre dans toute l'Arabie pour ses excellens ipâtura^es , qui abondent, même dans ses déserts, après la pluie ; ses plaines sont fréquentées par des bandes innombrables de Bédouins qui y demeurent presque toute l'année, et qui achètent des habitans du blé et de l'orge. Durant la saison pluvieuse , ces Bédouins se retirent vers l'intérieur du désert , où ils restent jusqu'à ce que l'eau des pluies réunie dans lej terrains creux, soit consommée par leurs troupeaux. Avant les Wahhabites , les pâturages du Nedjd appart^ Attent elditt»vèmait aux A'nezé| que j'ai déjà cités conme
formant la tribu de Bédouins la plus nombreuse de l'Arabie. tJn grand nombre fréquentait ce territoire au printemps , et en écartait toutes les autres tribus, excepté les puissans Meteïr qui vivent dans le désert entre le Cass'im et Médine. Geux-^i se renforçaient par leur alliance avec les Arabes Kabtan , tandis que les A'nezé étaient aidés par les Béni Scbaman. Une baine invétérée subsistait, entre les deux tri-» bus ; chaque printemps elle occasionait une grande effusion de sang , et interrompait tout commerce avec le Hedjaz : les deux partis levaient des* conijributions sur les habitans sé« dentaires duNedjd ; mais cet usage a été aboli par les Wahbabites dont le chef perçoit un tribu régulier ; il a réconciUé les partis ennemis et ouvert les pâturages du Nedjd à toutes les tribus des Wahhabites qui veulent y venir. Un Bédouin m'a assuré que dans un jour de marche on - peut y voir vingt camps de différentes tribus , tant est grande la sécurité maintenue par le chef des Wahhabites, qui se montre inexorable pour le châtiment des voleurs.
On élève dans les beaux pâturages du Nedjd i une race ex-* cellente de chameaux ; ces animaux y sont plus nombreux que dans to,ute autre province d'Arabie d'égale étendue. Les Arabes appellent ce pays Omel Bel ( la mère des chameaux) et viennent de toutes parts pour compléter leurs propres troupeaux; il en approvisionne constamment non seulementleHed* jâz, mais aussi la Syrie et ITemen; lip de ces utiles quadrupèdes de quaUté ordinaire, se vend à peu près dix piastres fortes dans le Nedjd. Ce pays fournit aussi une race de chevaux, superbo et si remarquable que ceux du sang arabe le plus pur sont appelés Kkezl lSedjadi{ chevaux du Nedjd). Mais la domination des Wahhabites a occasioné une diminution de cetta race, parce que beaucoup d'Arabes ont vendu leurs meilleurs chevaux dans des pays étrangers , de crainte d'être forcés à suivre le chef des Wahhabites, qui, dans ses guejrres, avait fréquemment besoin de cavalerie.
Toutefois le Nedjd est souvent sujet à la disette, à cause du manque de pluie et par conséquent d'herbage.qui en est la suite« n ne tajrde pas à en résulter des doifunages poiyr le bétail dç|
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Bédouins; ceux-ci s'attendent rarement dans ce pays à plus de trois ou quatre années successives d'abondance , quoique la fisunine absolue ne survienne guère qu'une fois en dix bu peut-être en quinze ans. Elle est généralement accompagnée de maladies épidémiques très semblables à la peste , et consistant en fièvres violentes, mais sans bubons, qui sont fatales à beaucoup de monde.
Le Nedjd est habité par de petites tribus de Bédouins qui n'en sortent jamais et par des Arabes sédentaires qui s'unissent à eux pat des mariages, et font souvent, comme marchands, le voyage de Dainas, de Bagdbad, de Médine, delà Mecque et de l'Yemen ; ils exportent des chameaux et des abbas ou manteaux de laine dont les meilleurs se fabriquent à £1 Hassa ; ils prennent en échange à Bagdhad du riz , récolté sur les rives du Tigre, et des objets de vêtemens , notamment des keffiés ou mouchoirs de coton , de laine ou de soie à raies vertes et jaunes; les Bédouins, les mettent sur leurs bonnets : à la Mecque, ils se procurent du café^ des drogues et des parfums dont ils font un grand usage, surtout de l'arez qui vient de Mokha. En général un esprit mercantile règne dans le Nedjd , où les ^larchands sont rithes et mieux famés pour leur honnêteté que la plupart des commerçans du Levant. Les colons y sont armés de mousquets et composent la meilleure partie de l'infanterie wahhabite ; ils remportent communément l'avantage sur les Bédouins qui envahissent leurs moissons ou leurs pâturages ; et comme le salpêtre se trouve dans le Nedjd, chaque Êimille fait annuellement sa provision de poudre.
Il y a dans le Nedjd beaucoup d'anciens puits revêtus en pierres et attribués par leshabitans à une race primitive de géans. Ils ont généralement de vingt-cinq à trente brasses de profond fondeur, et appartiennent, pour la plupart, à des particuliers, qui exigent une certaine redevance des tribus dont les troupeaux viennent s'y abreuver. On y voit aussi de nombreux restes d'anciens bâtimens de construction très massive et de grandes dunensions , mais complètement ruinés. On lés impute à une tribu primitive ou peut-être fabuleuse d'Arabes , les Béni Tamour, des ouvrages supposés desquels on trour^
aussi des vestiges dans les déserts de Syrie à Test des duHauran.
On rencontre dans le Nedjdau moins qnelques familles de toutes les tribus de Bédouins de l'Arabie , parce que c'est là que les fugitifs se réfugient pour échapper à leurs ennemis. Ce pays , en effet, n'est pas seulement le si^e du gouverna .ment wahbabite , il parait aussi être le plus important de tous les territoires intérieurs de l'Arabie , par sa fertilité et sa population, sa position centrale et la facilité des communication^avec les autres provinces. Pourconnsdtrepar&itement les Bédouins , il serait nécessaire de les examiner dans le Nedjd , où leurs mœurs n'ont pas éprouvé de cbangementpar l'effetdes conquêtes, et conservent toute leurpureté originaire ; eUes n'ont pas non plus été gâtées par l'affluence des étrangers; car, excepté la caravane des pèlerins venant deBagdhad, jamais étranger n'a traversé le Nedjd. Cette raison me £ût considéra cette contrée et les montagnes entre Ta'if et Sana'a comme les portions les plus intéressantes de l'Arabie et <u>mme fournissant plus d'objets de recherch,es à un voyageur que toute autre partie de la presqu'île.
A l'est de Deraieh, vers le golfe Persique, le pays est appelé Zedeïr jusqu'aux limites de la province d'el Hassa, à six journées de distance de Dersueh ; pendant ti'ois jours , on ne reupcontre pas d'eau. Le territoire de Hassa ou el Ahsa est célèbre par ses puits nombreux et se prolonge , pendant deux jours de route , parallèlement à la côte maritime ; et ^Iflpy l'intérieur, son extrémité en est éloignée de 5o ou 60 milles; sa largeur esta peu près de 35. L'abondance des eaux permet . aux Arabes d'y cultiver du trèfle avec lequel ils nourrissent leurs plus beaux chevaux. Le chef des Wahhabites y envoie , à chaque saison , tous les siens.
La ville d'el Hassa , bâtie par les Kannates dans le dixième siècle, est biqn peuplée ; quelques riches marchands y demeurent. Elle a des murs flanqués de tours , et fut défendue avec succès contre le pacha de Bagdhad en 1797. C'est unedw principales places fortes des Wahhabites, et leur chef tire de son fertile territoire la plus grande partie de son. revenu. Son H. Yoj. dans l'Arabie. iS
'port est AVir , t)etite ville feùr le golfe Pënîijtl* , tttà freifMHU tée parles Arabes de Mascat , et par les pirates delà fa%àWs Rovasem t)ti Djovasem qui habitent le port dé RaS el KbiÂîfaié. lèi ùhhaA fabrirquésà el Hassa sont très rediérchés èka^ tottte rArabié et la Mésopotamie ; ils coûtent dft dix à cinquante piastres fortes là pièce.
Lie territoire d'el Hassa renfeirme Une yingtûiie^ villj^lèk ; les printi'paux Bédouins qui les habitent sont lés Béni K\ïèiëiiy tiibù répandue idans plusieurs cantons de l'Arabie, Ite ilta&és Bisditfr , tribu des A'nezé , et les él Rab. On y trpù^é kùssi', 'de mèhie que dans le Nedjd , qùèlquels Béni Hossèfte.
Entré d Hàssa et Bàsra , l'eàu est abondante ; lie dbeùffîi Se Deralôeh à Bagdhàd passé par léis provinces dé VàsSïâi et dé 0jebel Sehammar, il prend la directioft dé l'Ouest parce (fûLVa staviantlaTigné droite on né trouve pas d'eaûdânslëâ&'e^. Arrivé à Kouar, petite ville sur la frontière du GàssîtH dû ëtifé ^ïi Djebel Schatnmar, à huit journées deDeraïeh, lè vonfiagetù* Va 'eïk un jour à Kahfé, village dans le can'ton de DjeVél "Sdhrfinmar ; il continue pendant deux jours àtràvereèr tes parties cultivées de cette province jusqu'au pïiîts de Sdkeî)eîké<^i est sur la frontière de ce cÔté ; de là il Va eh ùh four 'à liiné , fameux pour seis puits nombreux et àbc^ndàns , ''^fài fbnrnirent de l'eau à toute l'armée wàhhabitë s ce lieu fest trti ttécfvLtiité ]pkr les A'nezé. TJn pUits situé dans le déSert cfûtrélfe WecÇd 'et'lTEftphraté donne le soufre nécessaire auis: iliaiiii&Cïores dé poudre de cette province.
Deliîné le voyageur, après avoir parcouru pendant tVôiis ^Ours un désert sans eau , parvient au puits dé S(3lel^dklâL 'et delà en un jour à la ville de Mésched Aly. C'èsft laroàté ■d'été ; en hiver quand l'eau des pluies est réunie dans Wk mares le long du chemin , les Arabes vont, du puits de Sâlfè- "békta , par la route appelée der5 Bereïdha ; c'était celle de Iji èarîivane des Khalifes , quand ils allaieiit en pTélerixïaigé. % Is'J tf6'ûve beàiicoup de réservoirs revêtus en pierre ; Ife fiSisà- Slfts ïéfe con^trliii^irènt'pour procurer de l'eau aux {^âérin^; Ik %a{fe' va en aj^oitiû-è'àè Mfesched 'Aîy au Dj^blerScftitofatti*
J^dbd SfthnwrfiMtf k huit j<HMrf de mardis ; b WjB^Kiaf qiii m fi9 iR<icJfaaj ««a Nedjd pa»fiâ totijouts par If tondieau d'AIy. CS|f ^ Vf^iUe «et tjrès fréquentée , notaiBiHeiit ftm jet Arabes Akei) de fiagdhad ; plnsieiu-s sont du Nedjd , et y vont wonr W4Bt «omioeicolporteart. T<iiis ies Bédomne ai«bee ét^bUs MàèD9 kf fipLBboitrgs de Bagdhad Mût compm eou^le nom #AJbdiL Ceiot aiilrefoi» une 4xibu puiacante , mait eile^a Im^
.,. IiaroiitediiNedfdà Samae pae^e ausH par ia previuèe de JD^ebdScftaBmar, ou,^oititiieoa la nomne eômnnitiément, lie £jeb^ qui est aaoïita^^iiéttseaa Btnd-estda Gas^kRy-dans âUnstHiiflrdHest de Mâdine. Seftfeabkan» a^nt les Beiii fidiàmaouac, enfaa pnissaBfte; quelques •nus ent passédans ia Mésepo- 'iaanie. Ifaa Aly, lear schdikk, est un feime soutien du {^owrerjaemeHt waUtabite^ On dit qm'ids peinrest réanir^ept mâle JiDmmes. aimés dejnoasqsets ; de même «[ue leurs ^disîiis du JKedjd^ ib cnhî^wat'les dattiens fn les afvoaafit a^ee l*eau que .des chameauK tirent dca puHs par le moy^i 4e-§eaux de ca^. .Une ^des piaiiéipales vilks du I^ebel Scbàvunar -est -é. Mestar djeddéf ^eti'dit quela phtsconsidéraÉk'est el UêA , -et «asiate JLofajp. ' I •
^A Bjebd Sdhammar à'Bsmas^ la vo«tte passepar teeaotende (Djaf ^qui en est à cinq- jouirsde màrdbe. *On voyage dc^sdes sa- Mes paxifesids y 'sans autre eau que eeHe qui e^^bunite par lé 4iliits.âe£okiâLe&'À quatre journées du Djebel SchaiiimsH'^t à iaiie du Djob* Je oe cr6is pas que, dans aucune autrepartïede rArabie,£Déquentée^ar desicatwanes, ily ait une route d'égale 4nEigudttr endèrementsans^ati, comme celb du Bjdiel Sehamônar àScfaaké'^k, laquelle est dequaire journées. Lespuhs de ce dflExper endroit appartiennent àUK ^Roualla de latrîbtf des .AJneaé^' quiconque Teut aller de la Syrie méridionale dans le JSediddoitnécessairement'passefr par ici. U n*y a pas du tout idjcauausud du Bjof, en ligne droite Ters Khaïbar'et Médine ; .««^aonâéqueoceyeette route n'estpas très suivie. Les Arabesqtli "ircnt du DjoEi Médine doivent ^passer par Schakeik^le 6di<^> *u - .«naT jBt le Gassïm^ en prenant un détour. -. i^omMie jejae lrouy4d>à<AIédhM dans on leiBpa4è guerre
oà les Bédouins deVest et du nord anima ds Mttidmens )iostiles ne venaient pas dans cette ville 9 je ne pus obtenir autant de renseignemens que si la paix eût régné. Bans les temps paisiUeSi de petites caravanes de Khaïbar et de Teïméarrivent fréquemment à Médine. Khaïbar est très connu dans l'histoire d'Arabie pour avoir été le théâtre des premières guerres des musulmans sous Mahomet , Aly et leurs successeurs. On dit qu'elle est à quatre ou cinq jours de marche de Médine , quelques uns n'en comptent que trois ; le chemiii passe entre celui des pèlerins de Damas et celui du Cassïm. Bans les périodes tranquilles, les Arabes de Khaïbar viennent vendre leun dattes à Médine. On dit que leur teint est plus foncé que celui des I^ouins leurs voisins , ce qui peut être attribué à la situation basse de ce lieu. Khaïbar est à peu près à six heures de distance de la route des pèlerins de Syrie 1 et Je crois au noniUest de Médine. Il parait que jadis il faisait partie du tenitonre du schérif de la Mecque. Lorsque le schérif Hassan Abou Nema fut installé en g66 A. H., ses états , suivant ce .que nous apprend Asamiy.comprenaient la Mecque, Taïf, Gonfodé, Haly, Yambo , Médine et Khaïbar. Ce lieu est aujourd'hui habité par les AouladAly, tribu des A'nezé, qui compte à peu près U^ois cents cavaliers , et dont le scheikh Aleidâ se distingua dans la guerre des Wahhabites. Une autre horde des Aoulad Aly vit dans le désert près du Hauran, au sud de Bamas.-!! y a aussi à Khaâ)ar des camps des Aoulad SoleïAian tribu des Arabes Bischer, appartenant également aux A'nezé, mais les Aotdad Aly possèdent le sol et les plantations de dattiers.
Une colonie de juifis établie autrefois à Khaïbar est entièlement disparue. On croit généralement à la. Mecque et à Médine que leurs descendans y existent encore y pratiquant exactem^t les obligations de leur reUgion ; mais ayant pris des informations précises sur ce sujet à Médine , je reconnus que cette opinion n'était miUement fondée ; il n'y a pas non plus de juifs dans les parties septentrionales du désert d'A* rabie. Ceux qui étaient autrefois établis dans cette contrée appartenaient à la tribu des Béni Koreïta ( Caraïtes ). Ils viniiàf/X à Médine après la piise de Jérusalem par Nabucbodo-
nosor ; alors Kerb ibn Hassan el Hemiari , l'un des rois Toba de l'Yemen qui s'étaient emparés de la Mecque, fit une incursion vers Médine, qu'il assiégea, et en s'en retournant enunena avec lui dans ITemen plusieurs Béni Koreïta. Ce furent les premiers juifs qui s'établirent dans ce pays , et leurs descendans existent encore à Sana'a ( i ).
La petite ville de Teïmé est à trois jours de marche de Khaïbar , ainsi que du Hedjer, dans la direction de l'est. Elle est habitée par les A'nezé et abonde en dattes. Elle n'appartient ni au Nedjd, ni au Cassïm, mais de même que Khaïbar, éiBxt un état bédouin indépendant, avant l'époque des Wahhabites. Ces petits cantons, dans l'intérieur du désert de l'Arabie, ressemblent aux oasis de celui de Libye , et servent de points de communication entre les Bédouins et les pays voisins qui sont cultivés. Les Bédouins qui les habitent sont agriculteurs, et pour la plupart petits marchands vendant à leurs frères errans dans le désert les objets qu'ils ont achetés de la première miain dans les villes de Syrie ou d'Arabie. En commençant aunord par la ville de Deïr sur l'Ëuphrate, on peut suivre une ligne de ces oasis formant des pointes qui s'avancent vers le désert jusqu'4 Médine dans le $ud. Deir , Sokhné , Tadmor (Palmyre ) Djôf, Ma'an, Quia , Khaïbar et Tèïmé sont toitf habités par des Bédouins qui cultivent la terre et forment une classe intermédiaire entre lès Bédouins et les paysans. Ces positions seraient très importantes pour qidconque voudrait subjuguer ou au moins contenir les Bédouins ; et 3s acquerraient une iniportance bien plus grande si on.s^en servait comme de moyensd'inspirerà toute la îiatiDii des Bédouins des sentimens plus bienveillans envers les habitans de la Syrie et duHedjai.
(i) Uiêimv d» Médim fn ftamiioadi.
ADDITION A JLA DESCRIPTION DU BEITHO<j'l.LA|l 010 M L4 MOSQUÉE DE LA MfiCQCE. T. I^F. 21^^
La loi défend de répandre ^n sang soit dans la Mosquée ou dans la ville de la Mecque , soit dans un petit espace autour de cette cité ; il n'est pas non plus licite d'y couper des arbres ni d'y tuer du gibier. Ce privilège de la Mosquée est généralement respecte dans les cas de. délits ordinaires » et beaucoup de criminels se réfugient en conséquence dans le Beithou'Uah j mais il est de mèmp yiolé fréquemment. J'ai vu les soldats de Mohammed Alyppursuivre un déserteur, le saisir etl'arraçber de la tenture de la Ka'aba à laquelle il s^était cramponpé; jet l'histoire de la Miecque cite de nombreux exemple^ d'hoxnmes tués dans la Mosquée^ entre autres I)jazan ibn Barakat, sdhérif de la Mecque^ qui fut assassiné en faisant la promenade autour 4e la Ka'aba. Des combats sanglans^ pa^ exemple en 8 l'y A. jB., o.nt'^^nême été livrés dans son enc^ijUe sacrée^ <jfi|i ofhe dans toute la ville l'espace le plus hbre ppur les esfarmouch^s. ï)es cavaliers y sont souvent entrés, et y ont passée toute la jàyàt. Ainsi on peut dire que le privilège. est|;énéral^ ment inutile dans les cas où il serait. lé plus nécessaire^ tek que çeipc où il dçvrak protéger des fi^itiJEs. conjremn 4cy)pryes^, seur.puissan]t. Quant A î^ Siai^teté du ^territoire ^ jellèxi,'^^ufi npniinale et parait avoir étç peu respectée ,, njiftne dans J^ premiers temps de l'islamisme. L'étendue de ce territoire sacré est diversement déterminée par les trois historiens que je possède, et qui étaient Mekkaouis. Les quatre imams ou fondateurs des sectes orthodoxes ne sont pas non plus d'accord sur ce sujet. Aujourd'hui le privilège du territoire sacré semble presque oubhé; il a été traversé dans toutes les directions par des chrétiens infidèles employés dans l'armée de Mohammed Aly, ou de TousouA.JRad[%a| .et tpû^iidnitftliisUt
% ppBQfiti^iJ foiwelle avec le? pçépçptçs de l^bç^pqf ,, pp; coupe aujourd'hui du boiç.dam^ les mon^çigjaLÇs 4pq:ièrç ^ Jlk|eçguç , et ou u'empêche p^sopne de cl^asser d$^;^$ les .y^U^es ypjbmes. La plaine de T^'rafàt est seiile respectée,, et jamAis oo i^'y abat des arbres. Le territoire sacré qu,^ c^mune, ou le nçmme, Hedoud el JEtaram (les limites du Qaram), est regardé généralement conxme compris entre les lieux où Ton prend Fibram en approchant de la Mecque; ce sont Hadda à Touest, ▲sfan au nord, Ouadi Mohreni à Test , et Zat Ourk au sud. 41i bey a représenté ce territoire sur sa carte , çonomae ime province particulière ou un canton sacré nommé Belad^ el ]ffaç(vneïn; mais dans le fait, jamais une tel}^:prpyince n'a ^isté, et le titf e 4^ Belad el Harainein est dtMua^é.ndn à c^t Q§pap^ ^cxé , mais au territoire de. la lyïjççque et à çj^li^ ^
If^ vw.
OlUIEffVATI^N^ vmiù'LàGi^tw.
Beaî^cp^p de mots arabes qui ne sont; plus en usaeo ailleurs et' qui ne se trouvent que dans les bons auteurs , beaucoup d expressions même' dû Roràn , dpnt on i^e se sert pfus autre part, sont employés dans la conversation ordinaire par les habitans de la Mecque , qui conservent . au moin^ en ][MLrtie, le langage originel des Koréisch. De3 tribus de Bédouin^ foisînes, surtout celles de Fahm et de Hodeïl, parlent ui^ dialecte encore plus pur et exempt de provincialisme et de fautes grammaticales. 4i.d^^ âouvçnt assisté aux leçops données par unscbeikh dans la mosquée. Indépendaminent de T^rabo qu'il savait parfaitement comme sa langue Qiatemelle , il
ZiLLi^t^ r.t-t^ •- jr»«:L' j' - «i.-J^- r j; : :^ : »
tbntesles Voyettes, tion seulement en lisant, mais atissî dans fat conversation , et chaque mot cju'il prononçait pouvait être noté comme étant d'une pureté exemplaire.
C'est à leur commerce étendu avecles étrangers que l'on doit attribuer la corruption du dialecte des McUaouis ,' comparé à celui des Bédouins du voisinage , quoiqu'il serve de modèle, pour la douceur , aux Syriens et aux Egyptiens. Dans la ma-" hière de prononcer, les Mekkaouis imitent la pureté de celle dés Bédouins; chaque lettre est articulée d'une manière précise et distincte. Ils prononcent le kief comme un ^ et le caf comme le ^amma des Grecs ; toutefois dans le service divin à la mosquée et en lisant le Koran , ils expriment cette lettre avec l'aspiration gutturaile qui lui est donnée en Syrien» ^ ^}^ par conséquent est regardée comme la prononciation véritatable. Le djim est prononcé c^em, mais dans les montagnes du sud, et dans l'intérieur de l'Yemen, on lui donne le son de ghim comme au Caire. La prononciation gutturale de VEliph^ souvent négligée ailleurs , est strictement observée à. la Mecque. La seule faute de pron<mciatîon que commettent les habitans de cette ville, tient à ce que , de même que les Bédouins , ils appuient ti*op sur la dernière, syllabe des mots qui en ont deuix : ùnsi ils disent Zahib , Safar , Lahêm, Matâr, Sabî, etc.
Les habitans de l'Yemen que je vis à la Mecque pronon-> çaient et parlaient l'arabe presque aussi bien que les Mekkaouis; ceux de Sana'a avaient un langage pur , mais avec up accent rude ; celiii du Hedjaz, de même que celui des Bédouins , est aussi doux que la langue le permet.
On a dit que les dialectes de l'arabe différaient beaucoup l'un de l'autre , et Michaelis, l'un des plus célèbres orientalistes , assure que celui du Hedjaz est aussi dissemblable de celui des Mogi-ebins que le latin de l'italien ; un noble schérif voyageur fait une distinction trancnee çntre le maure et Farabé, prétendant qu'il comprend le dernier et non le pre-! mier ; même l'exact et judicieux Niebuhr seiyible avoir eu des^ idée» erronées ;à ce sujet ; mes recterchçs m'ont, conduit i , ^ne o^iniô^i trèis difi^rente. U ç:^%e certainement dans Tarabe
une grande diversité de dialectes , plus grande peiit-étrc que dans toute autre langue ; mais malgré la raste étendue de pays où il est parlé, de Mogador à Mascat , quiconque a appris un de ces dialectes comprendra aisément tous les au- * très: Quant à la prononciation , quiconque peut épeler correo: tement n'éprouvera pas beaucoup d!embarras de la diversité des sons et se familiarisera bientôt avec elle. Le même sens' est souvent exprimé par des termes difFérens , mab cela s'applique plutôt aux substantifs qu'aux verbes. Beaucoup de mots usités dans un pays ne le sont .pas dans un autre ; ainsi le pain s'appelle khobs en Syrie et cusch en Egypte ; ces deux mots sont vraiment arabes , langue riclie en synonymes ;' ce-' pendant le dialecte syrien conserve encore ce qui est devenu suranné dans celui d'Egypte. Je pourrais montrer înot par mot, d'après lès exemples donnés par Niebulir, des dialectei d'Egypte et du Hedjaz , qu'il ne s'y trouve pas un seul provincialisme., Si les Egyptiens disent ôkod et les Arabes edjilés, ils emploient chacun de véritables mots arabes pour expritùet la même chose ; l'un est plus commun en Arabie , l'autre en Egypte ; tous deux sont bien compris par quiconque s^est mêlé'à la foule ou a reçu seulement une éducation ordinaire; tJn Mogrebih'nomme un cheval oo^e;?; l'arabe de Test Ao^zan; mais beaucoup de poètes se servent du' premier de ces liaots, qui aujourd'hui est inconnu du vulgaire en Egypte. Cette variation dans les terihes vint probablement des divers éta^ blissbméns des tribus , chacune ayant son vocabulaire particulier , on sait (|ue Feïtouz Abadi rassembla les matériaux' dé son célèbre dictionnaire (le kamokz)^ en allant d'une tribu à' une autre. Les Arabes en se répandant dans les pays conquis emportèrent avec eux leurs idiomes , mais le fond de la langue continua d'être connu de quiconque savait lire ou écrire.
La prononciation peut avoir éprouvé l'influence de la nature desdififérens pays, conservant sa douceur dans les vallées basses de l'Egypte et de la Mésopotamie , et devenant rude dans les montagnes froides de la Barbarie et de la Syrie. Autant que j'ai pu le savoir, la plus grande différence existe entre les Mogrebins de Maroc et les Bédouins du Hedjaz près
4s. h nfçcipie; mais leurs dialectçs respectifs ne diffèrent çau^ ]|)ljL8. entre ei^ (jue rallemand d'un pay^s^ de Souabe'n^ 4iffè.rçi. ^e celui d'un s^on. J'ai entendu jplusieurs ^octes syi^çns av puçr qu'ils i^or^ient beaucoup de mots bédouins usités par les tribus de l'intérieur du désert, notamment par les A'nezé, qui, d'un autre côté, ne comprennent pajs certains Qipts de la langue des villes en Syrie ; mais les besoins et les, usiy;es d'un Bédouin sont si dissemblables de ceux d'un citadin, que souvent l'on ne peut pas trouver des termes pour exprimer les idées de l'autre.
Quant à la prononciation , la meilleure est celle des Bédouins d'Arabie , des Mekkaouis et des habitans du Hedjaz ; Duis celle de Bagdhad et de l'Yemen est la plus pure. Au (iaire^ elle es\ pire que dans le reste de l'Egypte ; ensuite je p\açe celle des Arabes de Libye qui ont une teinte de celle des Bfogrebins mêlée avec l'égyptipnne. Aprè^ cela , vient \^f^^ r^l^ parl^ ^ns les plaines orientales et occidentales de la $y4^ \ ^Pamas , à Alep , et sur la côte xnaritiine y puis, le dia7 \(iç%fi 4^9 mqxitagnards de Syrie , tant Druses que chrétiens '^ piiis celui de ^ côte de Baibarie , de Tripoli e^ de Tunis ;^ en-sj fin la prononc^aUon ru4e d,es Marocains et des Fezanis , jpii ont des s^Çfa^ ^ïSévep^ de tous les autres , et se subdi^éni e|:i pllisi^iirs dialectes. Toutefois les Arabes du revers oriental 4p l'Atl^^ ^ 'fafile): et 9 Sraa, prononcent leuir lax^gfse mp gpdbine ç^yeç moins ^l? rudesse <jue leurs yoisins de l'Ouest ; Kfui^ je 4ois ^youjeip que djç tous les dialectes arabes , aucun, gpmiç paru); ai^j^i dés^gréi^ble et aussi corrompu que ce^ui fl^ jeifi^s ^li^qi^ets chrétiens 4u Cai^e et .4'Àlep.
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S.T :BK SKS MONTÀamSS^ EXTRAITE- PB X''il|BTOIliB . ]> AZUAKI ^T I^PlQUAliT tBS IVQKB A^I0BiB9 A CEAr ÇUJ6 LOCfLITl^ (l).
tes difFëi entes montagnes formant la cliaino méridioiMle 4e la vallée de la Mecque sont : Djebel fàdéh ^ sur la -partie iniréneure ùa Djebel Kobeïs , la plus proçhç de la ville; eL Kliandamé ,. qui fait (paiement partie du Djebel Kobeïs î Djebel el Abiadh noouné Mestebezra p^r les Arabes idolâtre?» il appartient au«ii au Djebel K<obeîs ; "SHoza^eni ; Çora Mesr kalp , faîte inférieur du Scliàb A'am^ ; Djehpl Bei^k^n ( d^ même)j Djebd Yakian sur le côté du Schàb Vamer^ Djebel el A'aredj ,près du précédent ; X)jebel el Moijtabekh 0u Schà]^ A'amer , ainsi nommé parce que les rois Toba de rYei^en • qi^md ils £p;irabirent la Mecque, y établirait lours cuisina ; $cbàb Âbbou Dgbb ; $chàb ^ W« o^ Dj^el Rabâ«- 3ctàb |iëniKenané ; Schàbel Kbar ; Sch^ Atbmen. .
Au nord , on trouve : el Hazoura:, le luar^é dç la Mec? que j était jadis : el Djetbmé ; Zo^a^ el Nàr ; Beith el Çzlaon i Djel^I 2erzéra, nomvié el £aïn» ; -da^ le teinm du Pj^helié ë est à dire avant l'islauiisii^e Djebel Oknar^ nommé Da A'asir;^ i^Iaméme épo<]ue^ Djebel Adkbar^) JXQvm^é .el Alpzhéb^t o^ el
(i) On peut remarquer ici que les Bëdouios actuels continuent à donnera la plus chëtiye colline, à un rocher saillant ou à une petite plaine un nom distinct et particulier , circonstance qui souvent rend l'histoire de T Arabie très obscure, parce que les noms ont change dans la suite des temps.
(a) El Adkhar est un arbuste ou une plante que les MekLaouis mêlent au mortier dans la construction de leurs maisons. El aadbadett un arbre épineux commun en Arabie.
Aradhad, dans le temps précité. Djebel el Hazna; Schàb Ami; Theniet Keda Batn zi Taoua ; Djebel el Mokta , Fah, vallée au delà de la porte de Djidda ; el Momdéra ; el Mogbesch , d'où l'on a extrait le marbre blanc employé dans la mosquée; el Herroura; Istar; MokbaretelNesséra, cimetière des chrétiens; Djebel el Beroud; Theniet el Béïdha; el Haschas; Da èl Sîedouar; Djebel Moslim; Ouadi zi Taooa; Theniet ômel Hàrth; Djebel abi el Keït; Fedj ; Schàb Ascfaras ; Schàb elMotalIeb; Zat Khalilim; Djebel Kabsch; Djebel Rabha; elBa^beïbagha; Djebel Keïd ; el Ark ; Z'at el Hantai ; el Akla ; Schab el Imié ; el Alkà; Schab el Leben ; Melhet el Ghoraba ; Melhet el Herouth : Kaber el Ahd.
Au dessous de la Mecque' on voit : Adjiad ou Djiad ; Ras el Insan, entre le Djebel Kobeïs et Adjiad; Schàb el Katem, près d'Adjiad; Djebel Khalife; Djebel Orab ; Djeber Omar; Ghadaf ; el Mokba ; el Lahdjé; à Gadfadé ;' Zat eî Lahà ; Zou Merah ; el Selfeïn ; es Dokhadekh ; -Zoù el ScheéUd ; Zaté' Selim; Adhat elNabt, ainsi nommé d'après des Nabatfaéens qui y demeui-aient et qui avai^it été envoyés par Moavia ibn Aly Sbfiam pour faire du mortier à la Mecque ; QmKerdan.
Au noid du Mà'ala ; Djebel Deïlamî ; Djetil Scheïb ; DjèbëlHabeschi; Schàb el Mokbera^ Abdu Dédjàné ; Djebel el lâam; el Ghorab; Schàb el Akhnés, nômm^ aussi el KHàoûaidj bu el Gheïschoum ; el Ca'ad. '
' Sur le chemin du côté de la Mecque : ël ntofdjer ou el Kfaoder; Schàb' Haoua; elRébab; Zou el Araké; el Ambara
Qommé Semira dans le Djehelié; ÏTSeder.
Sur la route du Djebel Thôr au sud de la Mecque : Zat el Lakhob; Zat Ardja ; El Gaflié ; Thor $ el Bana.