INTRODUCTION
Dès notions contradictoires et erroné snr les Wahhabites ont été répandues dans le petit nombre de relations publiées jusqu'à présent sur ces sectaires
remarquables. Je pense donc que des faits qui les concernent et que j'ai puisés aux meilleures sources d'information aux'quelles j'ai pu avoir accès dans le Levant, seront intéressans pour beaucoup de lecteurs. Toutefois je dois regretter que , durant mon -séjour dans. le Hedjaz, ce pays fut, à cause de la • guerre avec Mohammed Aly , fermé aux habifans du Nedjd, car c'étaient ceux de tous les Arabes qui - étaient le plus^n état de me communiquer des détails fidèles et exacts sur les Wahhabites, tandis que les : Bédouins de la classe commune qui avaient embrassé la nouvelle doctrine, étaient eti général d'une ignorance profonde sur ses dogmes et ses préc(q)tfe8 Véritables.
On peut définir brièvement la religion et le gouverjaement des Wâ^bhabites, en disant que 6-èsttm
puritanisme musulman^ et un gouvernement bédouin, dans lequel le gran4 chef esta la fois le directeur politique M irtligiCiliiiîêlà iiaMn, exerçant son autorité de la même manière que le^ successeurs de M^pmet^ sur lejirs cpropat^iotes coi^ve^ti^à^j^lamisihe. Diî a déjà entendu parler du jfonaateiir de cette secte. Abd el Wahab , Arabe instruit qui avait visité diverses écoles de$ principales villes du Le vaut, coutume assez générale parmi ses compatriotes , même à présent^ se convaing;uit par tout ce qu'il avait observé dans ses voyages que là religion j)i imitive de l'islamisme avait été entièrement corrompue et obscurcie par des abus , et que la plupart des peuples Âb YOrieiktp notamaiant lès Turcs ^ pQiiraiemt'ëtre regardés^, avec rûson ^ ^eomlc^ des hëréiiquaii / ' IMbtft les doctrines ft les i^Mxitons iiou% tUet tie n^ ^iveot pajs un accueil phis (aviorabl^ darnsl'Orbiit que dans l'Occideait^ et on lie fitnulle atteQiiioai Abi #1 Wah^, jusqu'au moment loù , après; nvoir toii|^ temps erré 49dk% l'Arabie^ Jl se retira avœ s^ rfiienilk àOeraIeh ; Mohammed ibn Saoud^ qui litait aJkm fe principal personma^. ^e cette viUe' , ^leviot ^oa ftomier disciple et épousa sA fiUe. On voit par 'la que ces deux familles ne doii^^ent pas ^ètre prises fiune jKMflr l'ataU^.. Abd el Wahab ^^tait par sa iiaMaaaâe de la tiâMA de Temia et de la fa^e des ^ WahaU- Xios Seni 'JPckxiin ist^mt pi^esque tous euUif ateurs dètts k JNe^jd;; lettre iprincipaie» den^eui^.^t »,ej Haouta, ^Vfilage à cinq journé0S/46 i^arcbe d]a ^d^dej)»^ raieh^ dans la direction de l'Ouadi Douasei:<;.;Aili . el Wahab y.;é|tlit iié.. \ki» anire ciolOnîe rdes Tetnin ^JjialsÂl^ lA,^i}lç:4(»^Kefir dat^dà iprc^Wic^d^ I)jd»l
^9éli«tai8àa)r> elle Aéfliéehd dés taMfflèl» qiii è'^^AAsîMtft ^13 BUéWtÈL, ûËiii d'éviter les côft^ëquétt^e» d^ k nm^ ^ù'Cedti sbiffg; tihetrôis^tte ealonie^éM cMspôséë ^ëtàbiofnrèU)^ sous là jtn^diction àh {tatihàde -Bàgdfi^ dÀhè dès T^lageÀ êntrëlfd)^ fH Mesched Aly. lies Béïrî Tèihih Mnt réK^ottMâés pcnir lefti* hairilè s^U^lllrfe > lëtlr large 'tête et letrt*%tarl>^ épài^èè , t^araetàrss qui les distingii^t tk«s sititrèS iBédMâtfê.
Qlâfût à là l^ttii^ d^Sàodl tbfndà«^ "poltliique ^ ^Q6ùv^i*ttëta&ït Sfr^hhiihiit , ^e est éë là trib«i dus M«»à1ikk^ bt^n^^è'des Aouaid Aty> et a^p^iaiâëtft {jftt Gônséqirent atix A -néï:é. Saoud éls^ «de ta koHfe '4e^ Molcrëb on Medjren saivaM la ^proncmciaiioii ifëdôAine 'de <56 itbm? -cette horde des lilesa'iikk ^è'ëtait )étàAÂiè à Déri^Mi «et y àVtfit ^o<|uils dû 'crédit:^ cfefnt à 'eù'ji tfae ^'adressa Abd el Wahab. Mobàitfitied ibtt SabtidfQtle premier qm ;prit le tMft« d'filMr, ^fiiis M troupe était alors si ^bfW^ qu'à la pranié^e "fftwîàrùtottdie avec d^fs ^Qfiémis , fl ô -avait uvec lui > 1ii9^àhtt;e'qii^oxi m'a èk, *quë scfpt fadfnâtes monl^ 'rfur desdiària^ttx.
' llafconfer Fhiistôîiie'de cette secte , tisst taq)peter #ei %dcs seïûbïables à cctïx qui arrivetft joui^dlemeSA 'AâMfs le désert; tine tribu est hèfurefdse , derrettt ^uimnte^ faitdh britin et éfèndsôn irfflhnence "stlr ^fes Voisîiïefe. Pal: des tentatives ^t des efforts pwsétnê^ Whs Abd'el Azis et ïbn Saôtid fils et p«it-fils de IHohattrtÉed le premier chef, *réus^irfeiit à pdrtcîr teirs fertÈfè^ dtofslés coins de l'kwtle les firln^ *ktti. ^d'éfe et pfendânt qu'ils propagèrent 'lèfurs i*rhldpA ^lîgîfeujc, 4ls ^lablifttft trtie isnp«Êtfatite dël^^ H^ %}& ^êiSHt Tébiiforiiite \ «es *prêbc{ft*î fis ^efittS^-
guaient aux Arabes à reconnaitre'dan$ la même personne le chef spirituel et temporel^ comme aux premiers temps de l'islamisme. Je vais résumerJeur tûstoire, quoique je ne puisse pas donner avec exactitude beaucoup de dates antérieures à la campagne de Mohammed Aly. Mais il parait nécessaire d'expliquer d'abord les principes sur lesquels étaient fondés la religion et le gouvernement.
Les doctrines d'Abd el Wahab n'étaient pas celles d'une nouvelle religion ; ses efforts ne tendaient qu'à réformer les abus chez les sectateurs de l'islamisme , et à répandre la foi épurée parmi les Bédouins , qui^ Jbien que musulmans de nom , étaient aussi ignorans en religion qu'indifférens aux devoirs qu'elle prescrit. Partageant le sort ordinaire des réformateurs, il fut mal compris par ses amis et par ses ennemis. Ceux-ci entendant parler d'unesecte nouvelle qui accusait les Turcs d'hérésie, et montrait pour Mahomet leur prophète beaucoup moins de vénération qu'euxmêmes n'en avaient, n'eurent pas, dç peineà se persuader qu'une nouvelle croyance était préchée^ et que par conséquent les Wahhabites étaient non seulement des hérétiques , mais même des cafirs ou infidèles. Ils furent confirmés dans cette opinion d'abord par les artifices de Ghaleb schérif d,e la Mecque, secondement par l'alarme qui s'éleva parmi tous les paclias voisins. Le schérif de la Mecque, qui avait déjà été xm ennemi déterminé de la puissance j[ïrpgressive des Wahhabites , avait \m grand intérêt À. élargir la brèche entre les nouveaux sectaires et l'empire ottoman : il répandit donc avec adresse et sans relâche le t^ruit que les Ws^habites étaient
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sans relâche le bruit que les Wahhabiles étaient réellement des infidèles, afin de rendre inutiles toutes les tentatives de négocier avec eux. Les pachas de Bagdhad ^ de Daoïas et du Caire , qui étaient les plus proches des Bédouins si redoutés , ne montrèrent pas moins d'empressement à représenter sous les couleurs les plus noires les desseins de ces ennemis des abus des Turcs et aussi^ comme ils l'inféraient en conséquence^ de la religion de.ce peuple. Chargés de conduire ou d'envoyer une c^orte pour accompagner les caravanes de pèlerins allant aux cités saintes , ils étaient donc intéressés à grossir les dangers delà route^ afin d'avoir une çxcuse si;un accident survenait à la caravane, ou un prétexte de la retenir; ce qui était l'objet de leur désir, parce que le départ des caravanes assujettit tous ces ps^chas. à de grandes dépenses. Il faut ajoutera ces faits les plaintes de beaucoup de pèlerins qui , étant allés par mer à Djidda et à la Mecque^, avaient souffert de l'insolence des sol*dats wahhabiies et dans quelques occasions n'avaient pu achever leur voyage aux villes saintes. A leur retour ils exagéraient leurs mésaventures, par conséquent les détails qu'ils fournissaient sur I^ Wahhabitcls ne pouvaient être donnés^ avec impartialité.
Il n'est donc pas surprenaT]|t que danstoutie Levant on ait cru généralement quçî. les Wahhabites s'efforçaient d'établir une religion entièrement nouvelle et qu'ils traitaient les Turcs ayec un redoublement de cruauté, parce que ceux-Tci étaient des musulmans; (railleurs la condnite de la plus grande partie des Wahhabites n'était pas propre à invalider cette opi-
' II. Yoj. dans l'Arabie. i'^
nîon. C^étaîent ces mêmes Bédouins qui , avant de connaître le wahhabisme, ignoraient presque entièrement l'islamisme et n'en avaient maintenant que des notions très imparfaites. 11 était donc probable que la nouvelle doctrine leur semblerait une nouvelle religion, surtout lorsqu'ils seraient instruits des divers usages et des maximes des péleribs turcs et des Arabes habitans dés villes , et les compareraient avec leurs propres notions. L'esprit de £anatisme que leur chef entretenait par tous les moyens en son pouvoif" ne leur jiermit pas d'établir des dîstinctionsT)ien précises dans une matière dont ils n'avaient que dès idées très incomplètes ; et ceci explique sutfisammient pourquoi ih accusaient les Tuiles d'être infidèles et pourquoi ceux-ci leur renvoyaient cette imputation. Le petit nombre de Syriens et d'Égyp-
"ëtaîeîit i^raïsemWablemept convaincus quela croyance des.'B^dôuinS était. celle de f islamisme, et quoique les opinions des deux partis ne s'accordassent pas sur tous' les points , ils sentaient toutefois l'injustice, de traiter l'es Wàhhabitès d'inficJeles.Maislètémoignagè de ces personnes, si jamais elles osèrent le donner sans; s'exposer à l'adcusation d'être de mauvais musulmans, était .ijQUtile ail milieu dé la clamieur générale, et "surtout après i8o3, année dans, laquelle les carava'iiês.du badj 'furent finalement interrompues ; alors prévalut universellement l'opinion que les Wal^habites étaient des ennemis décidés de la religion musulmane. M. Rousseau , dans deux traités succînicts sûr les Wahhabites écrits ^Bàgdhad
et à Alep vers 1808 (r), affirme pôsîlîvement que les Wahhabites ont une nouvelle religion, et que , bien qu'ils reconnaissent le Koran , ils ont entièrement aboli le pèlerinage de la Mecque : c'était certainement l'opinion vulgaire à Alep vers cette épo-: que; mais il aurait ëtë possible d'obtenir des renseignemens plu§ exacts de pèlerins judicieux, et même de Bédouins de cette ville ; il est surprenant que cela ti'ait pas eu lieu , puisque l'auteur avait Tintention de donner une notice spéciale des Wahhabites , et qu'il annonce qu'il a reçu une partie de ses informations du chapelain de Saoùd, ce qui indique un emploi de la cour de ce chef dont il né m'est pas possible de me figurer exàcternent la nature.
Depuis que l'armée deMo|piammed Aïy s'est établie dans lé Hedjaz, et que les intrigues du schérifGhàleb «ont devenues vaihes , des communications diriectes ayant été ouvertes avec les chefs des Wahhabites ainsi qu'avec ceux d'un rang inférieur, et les caravanes de pèlerins ayant repris leur ancien chemin ^ le caractère réel des Wahhabites est mieux connu , . même dans lès parties lointaines dç l'empire turc j enfin la reconnaissance que les habitans de la Mecque manifestent envers leurs maîtres temporaires
pi^duîra probablement une impression très favorable sur l'esprit de tout pèlerin qui y prend dés informations sur la secte nouvelle.
S'il fallait d'autres preuves pour constater que les Wahhabites sont des musulmans très orthodoxes ,
(i) Le premier ctt la Deêeriptiorhdu Pachalik de Bàgdhady le Mcond un mémoire dans les niines de V Orient,
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leur catéchisme les fournirait. Quand Saou4 prit
possession de la Mecque , iLdistribua aiux habitans
' des exemplaires de ce livre^ et ordoniia que les écoles
publiques l'apprissent par cœur. On n'y trouve que ce que le Turc le plus orthodo;xe doit admettre comme vérité. Saoud avait l'idée absurde, que les habitans des villes étaient élevés dans une ignorance entière de leur religion , c'est pourquoi il désira que ceux de la J\f eçque fussent instruits de ses premiers principes. Cependant ce catéchisme ne contenait que ce que ^s Mekkaouis savaient déjà , et quiand Saoud reconnut qu'ils avaient plus d'instruction que ses prosélytes^ il s'abstint de le répandre parmi eux«.
On verra que les principales doctrines des Wahhabites sont conformes à celles qu'on enseigne dans les autres parties de l'empire musulman. Le Korjan et la Sunna ou les traditions de Mahomet sont reconnus comme comprenant la loi fondamentale ; les opinions des meilleurs comm^itateurs du Koraûsont respectées y bien qu'elles ne soient pas suivies implicitement. Néanmoins dans leur tentative d'ei^pQser les pratiqués primitives et les dogmes pur$ du premier fondateur de l'islamisme et de ses disciples, comme établis sur ces lois, les Wahhabites furent naturellement conduits à condamner un grand nombre d'/opinio'ns erronées et d'altérations qui s'étaient glissées dans l'islamisme tel qu'il est enseigné aujourd'hui, et aussi à indiquer les cas multipliés dans lesquels les Tu rcs agissent en contrad ic r ion directe av£c les jwnéceples qu'ils regardent comme indispensables. Je ne suis pas qualifié, par une connaissance suffisante de la controverse, à présenter aimes lecteui^ des détails
complets sur ce sujet , ainsi je me bornerai à citer quelques exemples qui sont considérés comme les points essentiels de la dispute entre les deux partis; les Wahhabites reprochent aux Turcs d'honorer le prophète d*une manière qui approche dé l'adoration et d'en user de même envers lamémoiré de plusieurs sainte. 11 semble qu'à cet égard ils ne se trompent pas beaucoup. Les Turcs , en reconnaissant que le Koran est leur loi révélée , étaient obligés de croire implicitement les nombreux passages où il est déclaré expressément que Mahomet est un mortel comme eux ;^ mais leur amàur fanatique pour leur prophète n'a pu se contenter de cet aveu modeste ; leurssavans ont prouvé^ à l'aide de sophismes subtils, que le prophète, quoique mort et enterré, n'avait point partagé le sort commun des mortels , mais qu'il vivait encore et que son accès auprès du Très- Haut ,^ dont il était tendrement aimé, lui donnait la facilité de protéger et dç recommander tous ses fidèles adhérens. Quoique les Turcs n'adressent jamais de prières distinctes à leur prophète , cependant ils prononcent son nom comme s'ils l'invoquaient, de la même manière que nous disons : (cO Seigneur! » et c'en était assez pour leur attirer les l'eproches sévères des Wahhabites. De plus ils visitaient son tombeau avec la même dévot ioïi que le grand temple de la Mecque, et se tenant^ debout devant ce monument ils proféraient tout haut leurs invocations impies, comme les appellent les Wahhabites; de sorte qii^ils méritaient justement l'appellation flétrissante d'infidèles qui assodient une "di*^ cvinité inférieure au Trè*fHaut^
Beaucoup de scheikhs ou saints sont respectés de la même manière ^ ipais non pas au même degré. Dans chaque viUe de Turquie il y a plusieurs tombeaux , et dans presque tous les villages il y en a au moins un d'un saint renommé à qui sâ vie exemplaire, c'est à dire sa grande finesse ou son hypocrr-. sie, et quelquefois son vaste savoir, avaient procuré la réputation^ de sainteté. « Leurs compatriotes ont pensé qu'il leur importe d'honorer leur mémoire en élevant au dessus de leur sépulture de petits édifices avec des coupoles ou des toits en voûte , et d'ofirir , plus particulièrement dans ces batimens, leurs prières à Dieu , persuadés que le saint deviendrait par là plus enclin à seconder leurs supplications devant le trône du Tout-Puissant. Effectivement les sainte musulmans sont autant vénérés qua ceux de l'église catholique , et passent po.ur faire autant de miracles que ces derniers. Les peuples du Levant sont extrêmement attachés à leurs scheikh$ , et dan^ char que ville et chaque village on célèbre annuellement, à ua jour fixé , une fête en honneur de son patrpu spécial (i ). Les Wahhabi^tes déclaraient que tous les hommes étaient égaux aux yeux de Dieu ; que même les plus vertueux ne pouvaient intercéder auprèsde lui} et que par conséquent quêtait un péché d'invoquer les saÎQts défunts et d'honorer leurs dépouilles mortelles y, plus que celles de toute autre personue.
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(i) jlLutrefois les saints étaient aussi yéaërës dans le désert que dans les' iii*illiqs:ËèlrBëaoulmsÀT^iènt là contàmé d'immoler desTÎctimes en honineqr d^dR JH^^-'tt xie. visiter son tombeau d^atxe manière pen différente des sacrifices des pa'ifins. à lei^^g idole». '
Partout où les Wahhabites portèrent leurs armes , ils détruisirent les dômes et les tombeaux ornés : circonstance qui servit à enflammer le fanatisme de leurs disciples et à marquer une distioction tranchée entre eux et leurs adversaires ; c'est ce que chaque fondateur de secte a toujours eu pour politique constante d'établir et ce qui était d'autant plus nécessaire avec la masse générale des Wahhabites incapables de juger exactement. des autres points de la dispute. .
Détruire les coupoles et les tombeaux fies saints devint le goût de prédilection des Wahhabites, Dans le Hedjaz , l'Yemen , la Mésopotamie et la Syrie , c'était toujours le premier résultat de leurs victoires; et comme souvent le toit des mosquées était en forme de dôme on les accusa de renverser aussi ces temple^. Â la Mecque , ils ne. laissèrent pas subsister une seule coupole, sur le tombeau d'un Arabe célèbre ; celles-mêmes qui couvraient le lieu de la naissance de Mahomet et de ses petit$-(ils Hassan et Hosseïn, de son oncle Abou Ta'leb et de sa femme Khadidjé , furent toutes abattues. Penda.nt qu'ils procédaient à ces actçs de démolition on les entendait s'écrier : « Que Dieu fasse miséricprde à ceux » qui ont démoli et non pas. à ceux qui ont érigé ces » monumens ! » Les Turcs qui apprenaient ces dévastations , croyaient naturellement qu'elle^ étaient commises par un manque^de respect pour ceux à l'honneur de qui ces édifices avaient été élevés , et par mépris dejjéur. sainteté^: Lie grapd dôn^e ijg|isurr
monte le tombeau de Mahon)ietà Médine était destiné
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à partager un sort semblable. On a vu> dans mon
Fojrage dans le Hedjaz, ce qui eiûpêcba les ordres de Saoud d'être exécutés.
La négligence de la plupart des Tiircs dans, l'observance de leurs lois religieuses, excepté pour ce qui concernait la prière , les ablutions ou le jeûne , fut un autre sujet des censures du fondateur des Wahbabites. Les aumônes aux pautrês , enjointes par la loi , les réglemens somptuaires institués par Mahomet; la sévérité et l'impartialité dans l'administration de la justice, qui distinguaient si éminemment les premiers Khalifes; l'esprit belliqueux que la loi ordonne de maintenir constamment contre les ennemis de la foi ou les infidèles ; l'abstinence de tout ce qui peut enivrer , du commerce illégal avec les femmes , des pratiques contraires à la nature et de beaucoup d'autres étaient autant des préceptes non seulement omis, mais violés ouvertement et impunément par les Turcs modernes. La conduite scandaleuse de beaucoup de pèlerins qui souillaient les cités saintes par leurs plaisirs infâmes ; la licence effrénée que le chef des caravanes permettait à la débauche, et tous les vices qui marchent à la suite de l'orgueil et de rdgoïsnie ; les actes nombreux de trahison et de fraude dont les Turcs se sont rendus coupables, étaient regardés par les Wahhabites comme lès traits niarquans du caractère des musulmans non réiformés , et présentaient un triste contraste avec la pureté de morale et de ïnœurs à laquelle êux-mêmés aspiraient , et avec l'humUité dont le péKirin doit être péhétïiéén approchant de la sainte ka'aba. Attaché avec enthousiasme aux doctrines primitives de sa religion , justement ibdighée de voir
ces doctrines corronipaes par les musulmans actuels^ et ressentant peut-être un vif dépit d'avoir été traité avec mépris dans les villes turques, quand il prêchait contre ces désordres , Abd el Wahab , fondateur de la secte, déclarait que tout ce qu'il voulait était de ramener ses prosélytes à cet élat de religion, de morale et de mœurs qui , suivant ce qu'il avait appris des meilleurs ouvriages historiques et théologiques de sa nation , prévalut lorsque l'islamisme fut prêché en Arabie pour la première fois. Gomme ce code avait été évidemment rédigé pour les Bédouins, les réformateurs trouvèrent d'autant plus aisé de l'adapter de nouveau à ce même peuple, et montrèrent ainsi combien peu les étrangers ou les Turcs avaient sacrifié leurs usages du septentrion à l'esprit véritable de l'islamisme. On ne découvrait pas un seul précepte nouveau dans le code wahhabite. Abd el Wahab prît pour ses seuls guides le Koran et là Sunna; et la seule différence entre sa secte et celle des Turcs orthodoxes , quoique nommés ainsi improprement, est que les Wahhabites suivent rigidement les lois que les autres négligent ou ont cessé totalement d'observer. Par conséquent, décrire la religion des Wahhabiteà serait récapituler la croyance musulmane, et faire voir sur quels points lés adhérehs de cette secte différent des Turcs serait donner la liste de tous les abus dont ces derniers sont coupables. Mon assertion est garantie par Topifaion deplûsieursdes premiers oulémasdu Caire. Dans l'automne de iHi5, le chef des Wahhabites dépêcha à cette ville deux envoyés; l'un deux était très mstruit de tout ce qui concernait la doctrine qu'il pro-
fessait, Mohammed Âly pacha les invita à expliquer leurs préceptes aux principaux savans du Caire ; eh conséquence, plusieurs conférences eurent lieu , et les Wahhabites remportèrent invariablement l'avantage dans ces controverses , parce qu'ils prouvaient toutes leurs propositions par des passages du Korai^, et par le hadith ou la tradition : ils les savaient entièrement par cœur; c'étaient naturellement des autorités irréfragables. Les oulémas reconnurent qu'ils ne pouvaient découvrir aucune hérésie chez les Wahhabites. Or, cette déclaration ayan^ été faite en dépit d'eux-mêmes, elle n'est pas suspecte.^ On avait également reçu au Caire un livre contenant divers traités , sur des sujets religieux , écrits par Abd el Wahab lui-même ; plusievirs o^ilémas avouèrent, après l'avoir lu, que si ce qu'il renfermait offrait les opinions des Wahhabites, eux-mêmes appartenaient entièrement à cette croyance.
Comme la. tourbe fanatique d'une secte nouvelle peut rarement concevoir le véritable esprit de son fondateur , il arriva que le plus grand nombre des sectateurs d' Abd el Wahab considéra comme les points principaux jde sa doctrine ceux qui n'étaient qu'accessoires , et fit ainsi prendre à ses ennemis une idée très erronée de la prétendue religion nouvelle. Après la guerre qu'il déclara aux saints , leur fanatisme se déchaîna principalement contre le costume et contre l'usage de fumer du tabac. Le riche habillement turc est peu d'accord avec les précepte^ de la Sunna ; qui prohibe absolument les vêtement de soie ainsi que l'or et l'argent , excepté ce dernier e^ petite quantité. Les Wahhabites regajedaieQt avef
dédain les robes magnifiques des pèlerins turcs ^ et sachant que leur prophète avait porté un abba ^ comme eux ^ et avait interdit les habits somptueux^ ils jugèrent qu'il était aussi nécessaire de se confor-* iper à sa maiûère de se vêtir qu% ses préceptes mo-<> raux. C'était ^u costume que les Wahhabites potH vaient être immédiatement reconnus en Arabie. Un Arabe qui ^.'avait pas embrassa leur croyance avait assurément quelque partie de son vêtement en soie; tantôt le mouchoir autour de la tête avait de la soie dans son tissu ; tantôt sa robe était cousue avec de 1^ soie. Quant à l'usage de fumer dutabac^ chacun sait que beaucoup d'oulémas turcs ont itérativement, dans leurs écrits^ déclaré qu'il était défendu. Les malekis, l'une des quatre sect^ orthodoxes de l'islamisme , ont prononcé que c'était Une coutume odieuse. Ub grandjiombre d'oulémas^ dans toute la Turquie^ Sf'en abstient par un principe religieux.
Lé Wahhabite souhaitait aussi d'empêcher qu'on ne fumât les plantes enivrantes , ce qui est tr^s coinijiundans l'Orient, comme étant directement opposé au Koran ; mais il ne pouvait guère y parvenir taQt que la pipe serait tolérée. Il devait en même temp» avoir prévu que ses prosélytes, en faisant un aussi grand sacrifice que celui de s'abstenir de fuiner, deviendraient naturellement les ennemis implacables de quiconque se permettait; encore ce plaisir e^ n'avait pas emjbrassé leur foi. La prohibition du tabac a' été i^n des principaux moyens d enflammer l'esprit des Wsihhabites contre les Turcs ; elle est devenue^iin mot die ^ralliement pour ces sectaires; mai^vdjd- |oi|is^ le^ pi*é<^tes prêcb^ par le« réfoi'c^^ -
teuvs, c'est celui auquel les Arabes^ se sont confofmés avec le plus de répugnance. Une autre action défendue est de réciter le rosaire , pratiqué générale chez les musulmans, quoiqu'elle ne soit pas' fondée 3ur la loi ; les WaKhabites la déclarèrent insoutenable ^t l'abolirent. On a dit qu'ils avaient également défendu de boire du café ; mais Cela n'est pas vrai , car ils en buvaient toujours immodérément.
Il est très douteux qu'Abdel Wahab, quand il prêcha la réformé à Deraïeh , eut l'idée d'établir une nouvelle dynastie pour régùer sur ses prosélytes en Arabie. La puissance de sa famille et de celle de ses parens ne l'autorisait pas à lenter une telle entreprise qui semble n'avoir pris de la consistance (pie jurant la vie d'Abd el Azis fils de Mohammed ibn Saoud. En préchant sa nouvelle doctrine aux AVabes, on ne peut nîer qu' Abd el Wahab ne leur ait rendu un grand service, et la forme de gouvernement qui en résulta, ne nuisit nullement auk intérêts et à la prospérité de toute la cation arabe. Que la doctrine reçue communément et considérée comme ortho^ doxe > ou que celle des Wahhabites soit Ta véritable religion musulmahe, è'est, dans le fond, un sujet de peu de conséquence ; mais il devenait important de faire disparaître cette indifféi^nce perfide qui avait envahi toute l'Arabie et une grande partie de .fe Turquie, et qui produit un effet plus funeste sur le moral d'une nation, qUe là profession ouverte même d'une faussa religion. C'est pourquoi le inérite des Wahhabites, dans mon opinion, n'est pas d'avoir réformé la i*eligion existante, mais c'est d'avoir fait observer strictement ^.ux Aràbesiê» princH '
pes ^itifs d'une religion; car bien que les Bédouins eussent dans , tous les temps adoré dévotement la divinité^ cependant leurs seuls principes de déisme ne pouvaient être jugés sufBsans pour instruire dans la pratique de la morale et de la justice une nation si farouche et si redoutable*
Le désir de ramener les Arabes à Tétat où ils étaient au temps du fondateur de leur religion , engagea naturellement Âbd el Wah^b et ses successeurs à changer aussi leur condition politique^ aussitôt qu'ils s'aperçurent que leurs prosélytes augmentaient. Mahomet et après lui les khalifes étaient les directeurs spirituels et politiques de leur nation; et le code de lois musulman montre à chaque page combien est nécessaire l'existence d'un chef suprême dans les affaire religieuses et civiles. Le Nedjd qui devint le siège principal de la puissance des Wahhabites était divisé en un grand pombre de petits tei^ ritoires ^ de villes et de villagies , totalement indépendanSy et constamment enguerre les uns contre les autres; la loi du plu$fort était la seule reconnue soit dans les campagnes^ soit dans Henceinte des villes^ et la sécurité personnelle était toujours achetée au prix de la propriété individuelle. De plus la liberté désordonnée des tribus bédouines du voisinage^ leur$ guerres interminables^ et leurs expéditions de pillage,, rendaient le Nedjd et le pays limitrophe, le théâtre de dissentions perpétuelles et sanglantes. Ce ne fut qu'après une longue et pénible lutte qu'enfin Âbd el Âzis étendit sa religion dans tput le Nedjd; alors étant devenu de chef d'uïie tribu , chef d'une province^ il s'empara du pouvoir suprême, et assi-
likilà âon autorité à celle qu'^erçaient lés pjréihiérs successeurs de Mahomet.
Vouloir asservir ses compatriotes? aurait été une tentative vaine; il les laissa jouir de leur liberté , inais il les obligea de vivre en paix^ dé respecter la propriété, et d'obéir aux diécisions de fe'loi, ^ Ce fut ainsi qu'avec le temps le chef dés Wahfaabites parvint à gouverner la plus grande partie de l'Arabie ; la forme de son gouvernement était libre , parce qu'il était fondé sur le système d'uue république bédouine. Il était le chef de tous les scheikhs des tribus dont il dirigeait la politique respective, tandis que tous les Arabes restaient dans leurs tribus complètement indépendahs et libres, excepté qu'ils étaient niaiutènant obligés d'observer strictement le sens de la loi, et sujets à punition s'ils •l'enfreignaient. Autrefois un Arabe ne connaissait tl'àutte règle que sa propre volonté r il fut contraint par le chef des Wahhabites à obéir aux anciennes lois musulmanes; celles-ci lui enjoignaient de payiar une dîme oii un tribut au ^and chef, et à se tenir prêt, dans tous lés temps, à se joindre à ses trt)ufes pour les expéditions contre les hérétiques où les infidèles. Il ne lui était pas permis; dans une dispute avec sies voisins, d'en appeler aux armes, et un tribunal devant lequel tous les litiges devaient être portés était fixé» Tels étaient les principaux objets , que voulurent établir les ch^fs waHhabitesji le ùlhat, la conscription militaire, la paix intérîèuiiti etioilë sévère administration de la justice. Ils avaient cpïn- {>tétement réussi à mettre ces desseins à éxecution et semblsdent être solidement affénxusy quand lèé (^
forts et l*or de Mohammed AXj plus que la vaîeilf de ses troupes affaiblirent leur pouvoir, et les réduisirent à l'état dans lequel ils avaient été plusieurs années auparavant. Je vais présentement entrer dans de plus grands détails sur ce gouvernement îatéres*sant; ils sont fondés Sur les renseignemelis fes plus èxaclsc^ue j'aie pu obtenir de beaucoup d'habitans dû Hedjaz très bien instruits.