‹ Voyages en ArabieChapitre 38 sur 40 · IL · texte numérisé non relu

IL

LETTRE DE MOHAIHIIEP ALT AUX PlRINCIPAUX HABIT ANS Dlb" MÉQIIVB ,. POUR LEUR ANI«0;S(^ER LBSr DiÉT AlLS . DE. > SA . GRAJVJDlE. VICTOIBB SUR. LESj WaHHABITBS Af BI9EL' KV '

: j; Bar laîixmtétfu Très Haut,

A< notre hooovable peuple, les'habitans de Médîne l'illustre^ Alix ti^è» honorables et nobles primats , lés voisins de no-

(i) Cette lettre est. un modèle ^e 3tyle arabe. Elle fut lue dans une aslëmmée gihieràle ténue dans la grande mosquée de Me'dine (M. Bar«k« bardt possédait Toriginal )•

tre prophète , que la bonté et la paix de Dieu, soient a^xec lui! les premiers entre les schériis et. les hommes doctes, les louables, les vénérables, les chefs de la ville, que Dieu leur accorde sa paix, les prenne sous sa protection et sa garde, et verse sur eux toute sa bienveillance ! Amqn.

Nous vous donnons noire salutation et nos. complimens les plus sincères ; et nous vous annonçons que le tout^puissant , dont nous célébrons la gloire et la puissance , nous a promis de remplir l'attente du sultan des sultans de l'islamisme , en nous induisant à déplacer de la Mecque l'armée des vrais croyans pomTue de tous les approvisionnemens nécessaires de vivres , de bagage et de munitions , afin de tiunsférer notre quartier-général de là à Kolakh. A cet effet , nous pardmes de la Mecqucle samedi 26 du mois de mobarram, et nous arrivâmes à Kolakh le mercredi , dernier jour de ce mois. Notre plan était d'atteindre au plus tôt Taraba, pour combattre les armées combinées des hérétiques commandées par leur chef Faisal Ibn Saoud , accompagné. d'Ibn Schokan , dlhn Dohman , d'Ibn Katnan , et d'Ibn Mahi , ainsi que de Bakhroudj et d'Ibn Hatamel, avec tous les scheikhs des Arabes du Beïsché, et les Arabes Douasir,, Bekoum et Otéibé, et ceux des pays de Hedfaz , de Sebia et d'£l Aredh. Ils avaient de plus été renforcés par Tami et dix mille Arabes Asir, ce , qui accrut leur armée jusqu'au nombre de <]uarante miUe hommes. Alors le diaUe a confondu leurs conseils et ils ont projeté de nous attaquer. Us ont quitté Taraba et sont venus dans notre voisinage près jdu célèbre village de Bisel. Nous avons marché à eux avec quinze cents de nos cavaliers , choisis sur le nombre des vrais croyans , et deux pièces d'artillerie de campagne , afin de faire une reconnaissance. A notre approche , ils se sont répandus sur les montagnes , et aoas ont opposé une résistance déterminée. Mais nos soldats se sont sacrifiés à leur devoir, et après un grai^d carnage , les ont repoussés jusqu'à leur position la plus forte ( i ). Nous con-

(1) La vëritë est que, le premier jour^ la cavalerie turç|oe fut re-

poutaée*

tinuâmes alors , sous un feu continuel , à les attaquer , et à tâcher de les attirer dans la plaine. Nos soldats furent engagés depuis le lever jusqu'au coucher du soleil. A la fin , la nuit mit un terme au combat. Alors nous nous .emparâmes des défilés par lesquels ils pouvaient essayer de se retirer. Dieu nous envoya la force et les stratagènies. Nous envoyâmes chercher à Kolakh un renfort de deux mille fantassins, avec leurs pièces de campagne (i),:et nous attaquâmes de rechef les ennemis, au point du jour. Us ne résistèrent pas à notre première atteinte ; ^Is s'enfuirent et Dieu permit à nos glai-^ ves de se tremper dans leur sang. Ils a3)andonnèrent lem* camp, et près de cinq mille tentes; et cinq mille chameaux /dromadaires et bétes de somme avec tout le bagage et les vivres, devinrent la proie de nos troupes, qui ainsi restèrent maîtresses de tout leur camp et de tout leur honneur (2). Elles poursuivh*eut les fugitifs qui perdirent ungrandnombre d'hommes tués et fedts prisonniers : no$ alliés, les Arabes du Hedjaz, tombèrent également sur eux dans les défilés étroits. Tami lui-même ne s'échappa qu'avec cinq cavaliers et cinq hommes montés sur des chameaux : Dieu les a ainsi exterminés par sa puissance et sa force. Nous sommes partis de Kolakh le dimanche, en poursuivant vivement l'ennemi, et nous sommes arrivés, le mardi, dans le voisinage de Taraba. Faïsal s'y était réfugié avec cinquante cavaliers et cent hommes montés sur des dbiameaux , le reste de ses troupes ; quand il fut instruit de notre approche , il prit aussitôt la fuite. Les habitans de Taraba et la portion de la garnison restante sortirent de la ville afin de venir à notre rencontre et de demander une sauvegarde. Nous leur promîmes la sûreté et nous étabDmes notre quartier-général au milieu d'eux. Tous les Arabes du voisinage nous y rejoignirent , et Dieu permit que nos souhaits fussent remplis en débarrassant ce pays de leurs opprjesseu»

(1) Il n^est rien dit ici des Bédouins aa service du paoba, qui fi|« rcnt les principaux auteurs parmi les fantassins. (^) 9én de iiràts Ahibe: camp et' Honnétir « ordihom oua ardehdm» n

injustes et criminels. Adressons-lui nos actions de grâces les plus cordiales pour la grâce qu'il nous a accordée , et l'honneur dont il a couvert nos troupes. S'il plaît au tout-puissant, nous partirons de ce lieu dans trois ou quatre jours pour Rannié et le Be'isch^, et nous dirigerons notre marche contre les Ara^ bes Asir restans , afin de rétablir Tordre dans le pays et dén truire tous les rebelles.

Nous avons voulu vous annoncer ces bçiçiiçs peui^es et vous apprendre comment )c tout-puissaj^t , dans sa bonté, a daigné nous octroyer Vaccomplissement de ^0tute& nos espé« Tances. Qu'il complète sa.gvâce, et puri&e touA le pays' du Hedjaz de l'ordure des injéchans en les exj^emûoant. Kms vous chargeons de prier pour nous au tombeau, de notre seir gneur le rédcmpteui: ; et puisse le toutr-pui^ssant^ , dans< son^ aide gracieuse , continuer è.vous. regarder d!ui;ii ooil' favorable L Tel est le sujet dont nous désirions vous.informei!.

Que la miséricorde et la paix de Dieu soient ^N^z. notœ* seigneur Mahomet , sa famille et ses. disciples I Le 7 du mois de safar -

iÔ3o de rhégire> l^ S.

No m.

LETTRE d' ABDALLAH IBR SAOIID A TOIJSOUN PACHA , AU SUJET DU DÉPART DE CE DERNIER DU CASSIM* POUR LA MECQUE, (v. P. 42.9)-

Au nom du Dieu très miséricordieux , Parfaite paix , salut et honneur au seigneur du genre hu- . niaih; Mahomet, que la miséricorde et les plus amples bénédictions de Dieu soient avec lui ! et ensuite au noble Ahmed Tousoun pacha , que Dieu puisse l'induire à des actions saintes ! Ta lettre nous est parvenue; puiSses-tu paiTenir au^ bonnes grâces de Dieul Et np^,. nous réjouissons .di^ no^y^lLos

de ton bien-être et de ta bonne santé. Quant à ce que tu allègues pour justifier ta demande , tu possèdes du jugement et de la pénétration , et tu sais sûrement que tes demandes dont inadmissibles et contraires à la paix. Si nous ne désirions pas conserver une amitié permanente et sincère , et remplir les promesses que nous avons faites , nous t'aurions accordé ta demande ; mais nous sommes hommes de foi et de vérité et nous n'abandonnons pas les conventions , et nous les exér cutons quand même nous serions convaincus d'avoir éjté trompés. Quarit'à ton départ, nous ^vons la confiance que tu né penseras pas mal de nous , et que tif ne prêteras paf l'oreille ^ nos ennemis , ni à ^es trompeur^ i^trigans. Interroge les Bédouins qui sont avec toi ; s'ils veulent dire la vérité , ils te diront que si même ils avaient tué quelqu'un de la famille de Saoud , et si je leur avais promis un sauf-conduit , ils n'auraient jamais la moindre crainte , et se fieraient à ma parole. Nous marchons ici sur notre propre terrain ; ceci est notre propre pays. Laisse-nous te conseiller de nepa9 suspecter nos intentions et de te fier à notre bonne foi. Je promets, par Dieu et parles gages qu'il a donnés au genre humain, de n'inquiéter ni toi ni tes armées d'aucune manière qui pourrait être désagréable pour toi. Tu es placé sous le sàuf-condùit de- Dieu et de moi-même. Au moment où .tu te prépareras à ton départ , je me préparerai au^i au mien ,. et je me retirerai avec mon armée vers Aneïzi (i); mais si tu crois les rapports de tes ennemis et si tu soupçonnes notre sincérité, nous allons à l'instant partir pour Aneïzi , et nous le faisons parles égards que nous avons pour toi et pour ton père; mais nous exigeons que tu nous envoies une lettre dans laquelle tu garantiras le sauf-conduit de Dieu et du sultan et le tien à tous les Arabes dç notre parti, sédentaires ou Bédouins, ainsi qu'une seconde lettre de sauf-cônduit aux habitans de Schénanéné , de Bétah et de Nebhanié (2) que nous leur expédierons incessamment. S'il plait à Dieu , nous recevrons ta rér

(c) ville du Gassim.

(a) yilles du Gassim.

ponse ce soir : c'est pourquoi fais que notre messager ne reste pas trop long-temps avec toi. Si tu veux envoyer des hommes montés sur des chameaux pour Tafifaire dont Ahmed nous a parlé , nous n'avons aucune objection. Nous te garantissons , pour tout cela, notre foi devant Dieu.

Quand on en viendra à un arrangemept à l'amiable , rien ne mettra le cœur des musulmans (i) à l'aise, et ne les tranquillisera , pour tout leur parti , comme les otages que tu nous enverras. Ils seront sous ma protection , et^à ton arrivée à Dat , ils te seront renvoyés , et tu seras traité bien et honorablement. Rirahim te dira le nom de ces otages; ce sont Mohammed Dali Baschi , Othman le Selédar , Ismaël le Djokadar, et Ahmed Aga. Le sauf-conduit de Dieu et le mien sont leur garantie. Nous les ferons accompagner par quelques uns des nôtres jusqu'à ce qu'ils arrivent à tes quartiers. S'ils nous sont envoyés, aussitôt s'il plaît à Dieu, nous partirons ; si au contraire tu veux décamper avant nous , nous te dépêcherons,' de notre côté, des otages qui te suivront. C'est maintenant à toi à choisir : ou envoie-nous ces hommes et nous partirons , ou bien lève le camp toi-même ^ et prends nos otages ; fiads-nous parvenir ta réponse aujourd'hui. Sois assuré que les otages sont sous ma garde particulière. Que la miséricorde et la bénédiction de Dieu soient avec Mahomet, sa famille et ses disciples.

De là part d'Abdallah Ibn Saoud.

(i) Cette expression est digne de remarque. Les Wabhàbites ne se donnent d^autre nom que celui de musulmans ou vrais crovans de l'islamisme, faisant ainsi une distinction entre eux et les simples Turcf. Ici encore leurs partisans Sont nommes musulmans , c'est comme s'ils disaient au pacha : « Tu n^es pas musulman. » C'est peut-être une méprise de Vécriyain , la lettre portant des marques évidentes d^une grande préci{)itation.

Tf-

SUPPLEMENT

DU

TRADUCTEUR (i)-

IBBAHlil PACHA PART POUR LE NEDJTD AV£C €NÈ AR-

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