‹ Voyages en Corse. à l'île d'Elbe, et en Sardaigne;Chapitre 101 sur 129 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Route. — Portoferrajo. -r— Aspect. — Port. — Fortifications. — Fanal. — Souveraineté. — Budget. — Garnison.

Je partis de Bastia pour Fîle d'Elbe, le matin sur un petit navire marchand corse qui allait à Civita Vecchia. Pavais eu le bonheur de trouver deux compagnons de voyage , braves et aimables officiers de la garnison de Bastia. Nous devions arriver à Portoferrajo le même jour pour souper, mais ce fut le lendemain. Afin d'échapper aux ennuis du calme plat, à Pinconstance des vents et surtout à la fallacieuse parole des patrons italiens , il serait aujourd'hui plus sûr et moins cher de prendre le Napoléon de Iivourne; le voyageur descendrait par une excellente route à

Piorabino, petite ville peu fréquentée, intéressante par les antiquités de son territoire , ses souvenirs du moyen-âge, quelques objets d'art et les traces de l'empire français , et qui n'est séparée de l'île d'Elbe que par un étroit canal *.

Porloferrajo dans sa petitesse a tout-a-fait l'aspect et l'espèce de dignité d'une capitale. Le joli port est sûr et capable de recevoir une nombreuse flotte. Les fortifications solides ceignent et couronnent très-pittoresquement la ville. Le fort principal sur le roc le plus élevé est le Faucon ; celui de la Stella doit son nom à sa forme étoilée, comme celui de la Linguella à sa longue saillie dans la mer, jusqu'à l'entrée du port. La porte de terre, dite la Tromba, creusée' dans le roc, est un travail grandiose. La construction de ces ouvrages exécutés rapidement par l'architecte Jean-Baptiste Belluzzi de Saint-Marin, avait été imposée à Côme I. cr par Charles-Quint afin de pouvoir résister aux attaques de la France avec laquelle il était en guerre. Le rusé empereur malgré le zèle du grand duc et les deux cent mille écus qu'il lui avait prêtés , ne consentit jamais à ce que la domination de Côme dépassât les remparts de Portoferrajo, et celui-ci ne put qu'appeler la ville de son nom

1 La largeur de ce détroit appelé Canal de Piombino, est de dix milles toscans; il ne bisse pas quelquefois d'être assez orageux.

(Cosmopoli) qu'elle ne devait point garder. Il avait le projet d'installer a l'île d'Elbe les chevaliers de son ordre de Saint-Étienne , espèce de chevaliers de Malte au petit pied , destinés à combattre les Ottomans, chevaliers dont il s'était fait grand-maître et qu'il fut réduit à établir moins héroïquement en terre ferme et à Pise.

Le beau fanal érigé au-dessus de la Stella, est un de ces monumens secourables dus à la domination de Léopold , ainsi que l'indique l'inscription en marbre.

La souveraineté de l'île d'Elbe, une des grandes îles de l'histoire depuis l'exil de Napoléon, était bizarrement partagée jusqu'à l'occupation française et sa réunion actuelle à la Toscane : celle-ci possédait Portoferrajo ; Naples , Portolungone ; et le reste dépendait du prince de Piombino 1 .

Il règne à Portoferrajo un certain luxe extérieur qui rappelle l'aisance toscane , et le peuple même qui paraît la moins nombreuse partie de la population , d'environ deux mille trois cents âmes , y possède et y est cultivateur. Mais l'extrême faiblesse de la garnison qui ne monte pas à cinq cents hommes , et qui pour toute l'île n'est que de mille, y cause une grande gêne, et les petits dé-

1 L'île d'Elbe comme les autres îles de la MéditérannO dépendantes d'États du continent , parait plutôt coûter que rendre à la

tachemens répartis dans les divers cantons sont

lob de suffire à la consommation des produits et surtout du vin i. L'île d'Elbe qui n'a que dixsept mille habitans, fut depuis Rome jusqu'à l'empire français , un de ces points rares ,

Toscane. Voici quel était en 1835 le relevé des receltes et de la dépense.

Mines de fer 550,000 Hv.

Tonnare ou Mandrague 45,000

Enregistrement 12,000

Régie de tabac 10,000

Passeports maritimes 5,000

Droits du pont de Rio 12,000

Loterie 2,000

Postes 1,000

Total 452,000

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