CHAPITRE Ll
Du changement de noms de quelques rues d* Ajaccio. —
Impôts. — Population.
- La dénomination de quelques rues et de quelques places d'Ajaccio fut changée il y a quelques années par l'esprit de parti. Sans doute les noms de place Bonaparte, de cours Napoléon sont beaux, sont naturels à Ajaccio ; ceux de place Leiizia, de rue Fesch ne sont point sans convenance 1 ; mais cette transformation ne s'est-elle pas étendue trop loin , quand elle a remplacé le nom glorieux et français de Bourbon, par le nom étranger du jeune homme mort à Vienne? Lorsqu'on se rappelle tout ce qui a été fait en Corse , sous Louis XV et Louis XVI, les Etats accordés à l'égal des anciennes provinces privilégiées de France, la modicité des impôts la construction des routes, des
» M. le cardinal Fesch a établi et il entretient encore à Ajaccio l'école des frères des écoles chrétiennes , à la grande satisfaction du peuple el de tou? les pont 4e famille. Trois sœurs de la Charité , dotées par lui , sont attachées à l'hospice.
» Selon M.deR. , auteur des Souvenirs d'un officier (t. F., 107), et qui avait séjourné quatre années en Corse, les impôts n'étaient pour toute l'île que de 1$0,000 fr. ; ils ont été portés à 400,000 par
AJACCIO. 165 ponts et des chemins, les plus beaux et les seuls à peu-près que l'île pos^g^ quand de l'aveu de tous les Corses qui raisonnent, et ils sont très-nombreux, ces temps et quelques-unes des années de la Restauration sont les meilleurs de la Corse » , cette suppression parait à la fois quelque chose d'inepte et d'ingrat. On peut ajouter que le nom de rue royale sacrifié aussi dans cette reaction r eût bien pu être épargné , puisqu'il s'accorde encore avec la forme actuelle de notre gouvernement constitutionnel. Certes les autorités d'Ajaccio
M. Limperani dam son discours à la chambre des Députés (séance du 26 novembre 1835), discours qui reconnaît d ailleurs parfaitement les importantes améliorations et les travaux utiles entrepris par l'ancienne Monarchie en Corse , et convient de l'oubli dans lequel Napoléon l'a laissée. Les impôts s'élèvent aujourd'hui à 1 ,1 80,000 fr. , mais la population qui n'était en 1769 que de 123,000 Ames , montait en 1831 à 195,407 , et le recensement de 1836 vient delà reconnaître de 207,889.
1 Voyez sur la sagesse du gouvernement royal avant la révolution , le discours de M. le général H. Sébastiani (séance du l« r juillet 1820) , les Détails historiques sur les monument religieux de l'ancien déportement du Golo, mémoire de M. Renucd, et le discours de M. Limperani , cité à la note précédente. Je ne craindrai point d'ajouter à ces suffrages l'autorité de Napoléon qui plus d'une fois entretenant aux Tuileries M. me de Marbeuf de l'administration de son mari , du calme que sa justice et sa vigilance avaient procuré à l'Ile et même de sa noble représentation, avouait que les gens qu'il y envoyait, étaient bien loin de tels résultats. Un système complet et progressif d'améliorations avait été conçu par M. le duc de Richelieu qui voulait faire de la Corse sa Crimée française : l'avènement du ministère de 1821 , lit avorter ces généreux desseins.
eussent été' mieux inspirées si elles avaient pu contempler ce nouveau palais^ musée de Versailles, vaste pœcile de la France, dans lequel avec une si noble, une si généreuse impartialité , une confiance si magnanime , ont été réunis par l'ordre et sous l'œil du prince , les souvenirs nationaux de, tous les âges, redevenus vivans , animés ; comme pour témoigner hautement de cette vérité morale, que la reconnaissance et la justice sont les garans, les signes les plus certains de l'affermissement des empires K - *ï\^.\\
1 Le Roi répondait , le 1." janvier 1837, aux cinq Académies de l'Institut de France ; * J 'avais souvent gémi dans le cours de ma vie t « que des y a ni tés mesquines ou des craintes mal entendues , eussent « entrepris de rejeter dans l'oubli les glorieux souvenirs des règnes « antérieurs à celui du monarque régnant. Aussitôt que j'en ai eu le « pouvoir, je me suis empreiné de mettre en évidence que j'étais animé
• par d'autres sentimons, et que, loin de redouter la représentation « d'aucun souvenir français , mon cœur s'était toujours associé 4 < toutes les gloires de la France , et qu'il n'avait jamais connu la
• triste crainte d'être éclipsé par aucune d'elles. »
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