CARACTÈRES ANTHROPOÏDES DI' OORII.I.U
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En 1849, le docteur Wyman. se reportant au mémoire ci-dessus du professeur Owen, disait pour le réfuter, et en réclamant pour le chimpanzé l'honneur de présenter une plus grande analogie avec l'homme : « Si, d'un autre côté, nous énumérons les caractères par lesquels l’inge-ena (le gorille) s'éloigne plus du type humain que le chimpanzé, nous les trouverons beaucoup plus nombreux et non moins importants. Les bords sourciliers du frontal, la crête sagittale et l’occipitale, dont l'énorme développement est en rapport avec celui des muscles temporaux, fournissent les traits les plus frappants. Les os prémaxillaircs qui s’articulent avec les os du nez, comme dans les quadrumanes et presque tous les animaux, la portion de l’os nasal qui s’étend entre les os frontaux, comme un élément osseux additionnel, dénotent un os indépendant. L'arcade zygomatique, plus large et plus arquée, contraste avec celle du chimpanzé qui est plus étroite et plus horizontale ; le trou de l’orbite est plus carré, le canal infraorbital moins parfait, l'orbite moins nettement dessiné, les pommettes plus larges et plus saillantes, l’orifice nasal plus quadrangulaire; signalons enfin la longueur plus grande de l’os du palais, le développement plus large des cellules du tympan, qui s’étendent non-seulement jusqu'à l’apophyse maslofde, mais aussi jusqu'à la partie squameuse des os temporaux; toutes ces particularités sont suffisantes par elles-mêmes pour conlre-balancer les autres caractères anatomiques de l'inge-ena (gorille).
« Si nous y ajoutons encore la forme plus carrée de la mâchoire supérieure, l'existence de canines plus grosses et plus profondément enracinées, des molaires dont la lame extérieure est plus longue et plus tranchante, des dents de sagesse de la même grandeur que les autres molaires, la crête proéminente qui unit la partie postérieure du bord externe à la partie antérieure du bord interne de la dent, l'absence de l’apophyse crista-galli, une cavité crânienne reculée presque tout entière derrière les orbites des yeux, les dépressions beaucoup moins marquées pour les circonvolutions cérébrales, et, par-dessus tout, la petite capacité du crâne en comparaison de la grandeur du corps, tout cela ne laisse aucun doule raisonnable sur la position inférieure que l’inge-ena doit occuper, et le recule par conséquent à une plus grande distance de l'homme que le chimpanzé. »
4li L'AERIQUE ÉQl' ATOItlA LE
Le professeur VVyman continue :
« 11 ne paraît pas que d’autres os de squelette soient parvenus entre les mains des naturalistes européens, line description de quelques-uns des plus importants se trouve dans le mémoire dont j'ai fait mention ci-dessus*, où l’on verra qu’il y a deux caractères anthropoïdes d'une certaine importance, qui viennent à l’appui des vues énoncées par le professeur Owen. Ce sont, d’une part, la longueur relative de l'humérus et du cubitus, le premier ayant dix-sept pouces et le second quatorze seulement, et, d’autre part, les proportions du pelvis. Cette partie, qui, dans le gorille, est d'une dimension gigantesque, est un peu plus courte, en proportion de sa largeur, que chez le troglodytes niger.
« Si les proportions relatives de l’humérus et du cubitus se rapprochent plus de la forme humaine dans le gorille que dans le chimpanzé , celles de l’humérus comparé au fémur s’en éloignent au contraire bien plus que dans le chimpanzé, comme on peut le voir par les mesures suivantes :
Humérus. Fémur.
L'homme 45.0 48.5
Le chimpanzé 40.9 44 .0
L’inge-cna (ou gorille) . 47.0 44.0
« Ainsi, chez l’homme, le fémur est de trois pouces plus long que l'humérus. Dans le chimpanzé ces os sont presque de la même longueur, et dans l’inge-ena l’humérus est de trois pouces plus long que le fémur, ce qui indique chez l’inge-cna moins d’aptitude que chez le chimpanzé à marcher dans la position verticale. »
Mes propres observations m’ont amené, au contraire, h conclure que le gorille marche plus souvent et plus aisément sur deux pieds que le chimpanzé, et je me rencontre sur ce point avec l'opinion du professeur Owen.
En 1853, 1855 et 1859, le professeur Owen a écrit plusieurs mémoires détaillés sur le squelette tout entier, et dans tous il émet l'avis que le gorille est, de tous les singes, celui qui se rapproche le plus de l'homme.
4. Journal de la Société d’histoire naturelle de Boston , vol. V, p. 417.