CHAPITRE XXII
nale une colonie d’Européens, isolez-la de toute influence étrangère, placez-la de telle sorte que les approvisionnements du dehors ne puissent lui parvenir : au bout d’une ou deux générations, ces habitants nouveaux auront adopté la manière de vivre des indigènes. Les explorateurs que l'amour de la science pousse dans ces lointaines contrées, sont eux-mêmes obligés de prendre plus ou moins le costume et le régime alimentaire des naturels, mieux appropriés que les nôtres au climat polaire.
Des analogies de ce genre prouvent donc fort peu de chose; il faut recourir à des signes plus certains, étudier le langage, les traditions, les coutumes antiques, le type des différentes tribus pour établir d’une façon plausible leur communauté d'origine. On assure que le dialecte des Tchouktchis offre une grande ressemblance avec celui des Esquimaux du Groënland. De cela, je ne puis rien dire, mes visites à la côte sibérienne ayant été trop courtes pour me permettre d'étudier la question qui, d’ailleurs, a été amplement discutée déjà par les meilleures autorités géographiques'. Je me contente d'appeler l'attention des ethnographes sur la parenté manifeste de l'idiome malemoute (Alaska septentrional) avec la langue des Esquimaux, telle que nous la trouvons dans les vocabulaires qui en ont été publiés à Londres :
Malemoute. Esquimau.
Je ou Moi. Wounga. Ouanga.
Il. Ona. Ouna.
Nous. Wourgout. Ouagout.
Vous. Itlepit. Iblet. Illipse.
Honme. Inuet, Innuit.
Femme. Atchanouk. Arnak.
Jour. Oblouk. Outlok.
Soleil. Sickounyouk. Sekkinek.
Eau. Imouk. Imek.
1. Voir l’excellent ouvrage de Hooper, les Tentes des Touskis, les relations de Billings, Wrangell, le Journal de la Société géographique de Londres (année 1865), un article rédigé par M. Markham, voir aussi l'Atlas ethnographique de Balbi.
Malemoute. Esquimau.
Neige. Kanik. Kannik.
Glace. Seko. Sikko.
Tête. Nikouk. Niakok.
Visage. Kinyouk. * Kenak.
Bouche. Kanouk. Kannek.
Dents, Kioutik. Kigoutit.
Bois. Kouskouk. Kessouk.
Canot. Omeouk-pouk. Omiak.
Et ainsi d’une foule d’autres mots.
Mais, dira-t-on, s'ils ont la même origine que les tribus de la Sibérie orientale et de l'Alaska, les Esquimaux sont donc une race bien dégénérée? Pourquoi les voyons-nous si petits et si grêles, tandis que les Tchouktchis sont presque tous des hommes de haute taille? Le climat n’explique pas cette différence, car le Groënland n’est pas plus rigoureux que la Sibérie septentrionale. L'objection ne me semble pas insoluble. Qui peut dire combien de souffrances les émigrants ont endurées dans leur voyage à travers les glaces du nord, surtout s'ils ont suivi la route polaire dont parle Markham ! Est-il étonnant que les horreurs de la faim, la riguenr excessive du froid, la fatigue d’une marche pénible, tous ces maux ensemble, prolongés peut-être pendant de longues années, aient altéré le type primitif? Mais ils sont restés simples et bienveillants, ennemis des querelles, secourables, malgré leur pauvreté; or, telles sont précisément les qualités qui distinguent, d’après le témoignage unanime des voyageurs, les Tchouktchis et les peuplades de l'Alaska.
Il n’est pas rare de voir les Groënlandais mettre en commun les biens de la tribu. Le chasseur le plus adroit est chargé d’approvisonner le village, et nul, pas même lui, ne s’avise de songer qu’en agissant de la sorte, il fasse une chose trèsméritoire. Cette contume se retrouve également, à des degrés divers, parmi les indigènes de l'Alaska septentrional el de l’Youkon,; les chefs qui, tous, sont fort exercés à la pêche ou à la chasse, n’ont obtenu et ne conservent leur haute posi-
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squimau.
annik.
ikko, iakok.
enak.
annek.
igoutit.
essouk. miak.
ue les tribus quimaux sont oyons-nous si sont presque explique pas us rigoureux e semble pas les émigrants ices du nord, le. Markham !
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