CHAPITRE V
bord par une bonne brise, mais bientôt vint une bourrasque
qui nous enleva une de nos voiles. Nous y suppléâmes à
l'aide de notre tente et nous continuâmes notre marche.
Dans celte excursion, nous vimes de beaux affleurements de
houille sur la côte voisine de Souke. C’est sans doute un
prolongement des gites déjà en exploitation, sur le rivage opposé, dans la baie de Challam, territoire de Washington.
Le 13 juillet, nous commençämes à remonter la rivière Souke, ou plutôt Sôk, orthographe qui rend mieux la prononciation indienne; ce cours d’eau ressemble au Cowitchan, à cela près qu'il est encore moins navigable. Nous fimes sur ses bords une grande découverte, la plus importante de notre expédition, si importante mème qu’elle révolutionna toute la colonie, On à deviné déjà que c'était une mine d'or. Aussitôt que nous en eùmes apporté la nouvelle à Victoria, ce fut à qui se précipiterait vers la Souke; avant la fin de la saison, 100000 dollars du précieux métal avaient été tirés du sein de la terre. A la vérité, peu de personnes avaient eu la bonne fortune de mettre la main sur des lingots d'un grand prix; mais comme les salaires étaient montés à des taux extravagants, beaucoup de gens réalisèrent d'amples bénéfices. Auberges, tavernes, boutiques de toutes sortes furent établies pour subvenir aux besoins de la population. Par malheur, on ne tarda pas à s’apercevoir que, pour extraire la valeur d'un dollar, il fallait presque toujours en dépenser deux.
Les Chinois sont souvent employés à l'exploitation des mines; leur travail étant moins cher que celui des Européens, on en fit venir un grand nombre au gisement de Souke ; des chemins, qui ne tardèrent pas à rattacher la colonie naissante aux grandes routes de l’île Vancouver, rendirent aussi les approvisionnements moins coûteux. Brel, le gouvernement colonial jugea que notre découverte devait profiter au pays, el il voulut reconnaitre, en espèces sonnantes, le service que nous avions rendu. La récompense devait d’abord être partagée
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