MASQUE DES INLIGÈNES DE L'ILE VANCOUVER
Quelqu*s jours après, ils furent rejoints par Leech et ses compagnons. Ces pauvres gens étaient dans le plus piteux état : épuisés de fatigue, à demi morts de faim, couverts de sueur et de poussière, les vètements en lambeaux. Un trajet qui, d'aprés une ancienne carte du ministère de la guerre anglais, n’était que de 16 kilomètres, leur avait demandé dix longs jours de marche incessante. Cette carte, qui leur avait été remise au départ, désignait le territoire qu’ils avaient parcouru sous la mention « plaines unies ». Et leur voyage
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s'était accompli à travers une série continue de montagnes, d’épaisses forêts et de difficultés de toutes sortes. Aussi ne trouvaient-ils pas d'expressions assez fortes pour qualifier l’œuvre menteuse des cartographes du gouvernement. Pour avancer de 4 kilomètres, il leur avait fallu en parcourir vingt, et quand enfin ls eurent atteint le San-Juan, ils reconnurent que cette prétendue rivière n’était qu’un torrent impétueux, se précipitant, sur la presque totalité de son parcours, au fond de gorges inaccessibles.
M. Lawton possédait un fonds inépuisab: :: :‘,ndes indi-
gènes, de scènes de la vis sauvag”, d'aventures personnelles, qu’il était heureux de communiquer à des hoiñmes de sa race. Il n'existait dans la contrée aucun blanc avec lequel il pût s’entretenir! Parmi les souvenirs qu’il rappelait avec le plus de complaisance, figure le fait suivant, qui prouve combien est périlleuse la situation des colons établis dans ces solitudes.
F Pendant qu’il était sur les bords du Patchénah (San-Juan), les Nittinahts avaient fait une razzia chez les sauvages de la côte de Washington et emporté vingt-six scalps! d’honimes qu'ils avaient étalés devant leurs huttes avec une joie &r°c0, Bientôt après ils abandonnèrent leur village.
Lawton savait que les guerriers de la tribu offeuse «27. cheraient à user de représailles, et qu’à défaut de leurs eu mis ils n’hésiteraient pas à s'attaquer aux blancs. Il s’occupa donc sans retard de barricader les portes et fenêtres de sa maison. Ces précautions prises, lui et ses gens firent bonne garde. Ayant chez lui un dépôt de snrabines destinées à la vente, il était en mesure de recevo: les : ssaillants,
La nuit suivante, on entendit dans la baie ::1 clapotement de rames. C’étaient les Indiens, qui ar:::° ‘ent leurs pirogues devant le village déserté.
1. Chevelure enlevée avec la peau du “rése, Chez tous les indigènes américains, c’est un trophée de viet ire,
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Exaspérés de voir que les Nittinahts s'étaient dérobés ‘à ieur vengeance, et voulant à tout prix satisfaire leur rage, ils se dirigèrent vers la demeure de Lawton. Ne leur laissant pas le temps d'approcher, les défenseurs ouvrirent un feu si bien nourri que les assaillants crurent l'habitation occupée par une garnison nombreuse. Saisis de terreur, ils s’enfuirent dans le plus grand désordre, en poussant d’épouvantables hurlements. Jamais, depuis lors, on ne les revit.
Pour continuer leur voyage, les explorateurs n’attendaient que les vi-res et les munitions qui devaient leur être envoyés de Virioria. Ce ravitaillement une fois reçu, ils s’embarquèrent sur deux canots et gagnèrent le havre de Souk, où vient se jeter la rivière de même nom, cours d’eau moins navigable encore que le Cohouitchan.
« Nous fimes sur ses bords, dit Whymper, une découverte, la plus importante de notre expédition, si importante mème qu’elle révolutionna toute la colonie. On a deviné déjà que c'était une mine d’or. Aussitôt que nous en eûtnes apporté la nouvelle à Victoria, ce fut à qui se précipiterait vers le Souk; avant la fin de la saison, cent mille doliars (500 000 fr.) du précieux métal avaient été tirés du sein de la terre. Peu de personnes, à la vérité, avaient eu la bonne fortune de mettre la main sur des pépites d’un grand prix, mais comme les salaires étaient montés à des taux extravagants, beaucoup de gens réalisèrcut d’amples bénéfices. Hôtels, tavernes, bou-
tiques de toute sorte furent établis pour subvenir aux be-
soins de la population; par malheur, on ne tarda pas à s’apercevoir que pour extraire la valeur d’un dollar il fallait presque toujours en dépenser deux.
« Les Chinois sont souvent employés à l'exploitation des mines; leur travail étant moins cher que celui des Européens, on en fit venir un grand nombre aux gisements de Souk ; des chemins, qui ne tardèrent pas à rattacher la colonie naissante aux grandes routes de l'ile Vancouver, rendaient
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