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aussi les approvisionnements ‘moins coûteux. Bref, le gouvernement colonial jugea que notre découverte devait profiter au pays, et il voulut reconnaître, en espèces sonnantes, le service que nous avions rendu.
« Le Souk abonde en gibier, les daims surtout y sont nombreux; quand nous arrivämes, le 10 juillet, au lac qui forme l’une des sources de ce petit fleuve, nous restàmes plusieurs jours dans les environs, faisant une chère aussi abondante que délicate, car nous joignions souvent à notre venaison une truite pêchée dans les eaux iimpides. Notre sort eût été digne d’envie sans la persécution des moustiques. Certains voyageurs ont prétendu que cette engeance incommode n'existe pas dans Vancouver; mais je puis affirmer par expérience qu’elle y fourmille au contraire. En vain, pour éloigner les insectes obstinés, placions-nous toujours à l'entrée de notre campement un monceau de cendres fumantes; cette précaution ne nous empèchait pas de passer plusieurs nuits sans sommeil.
« De la rivière Souk nous nous rendimes à Nanaimo, bourgade que 38 kilomètres séparent de Victoria et qui doit principalement son existence à ses précieuses mines de houille. Elle est blottie au fond d’une baie pittoresque que protège une série d'îles et dont la profondeur suffit pour les navires d’un fort tonnage. Cette petite ville, la seconde de Vancouver (l’île n’en possède que deux), exporte du charbon de terre à San-Francisco, à Victoria et sur les rives du Fraser. La Compagnie de la Baie d'Hudson, qui avait établi, depuis de longues années, un fort à Nanaimo, a été la première à exploiter ce gisement, Elle employait les Peaux- Rouges aux travaux d'extraction et elle payait leurs services en nature, c’est-à-dire qu’elle leur donnait une couverture par huit barils de minerai.
« La houille est incontestablement le produit le plus important de l'ile Vancouver, et les dépôts sont immenses.
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Après notre départ de Nanaimo, nous en découvrîmes, sur les bords d’un courant qui se jette dans la rivière Pountledge,
une mine fort importante. La couche a de 60 centimètres à 9 mètres 40 centimètres d'épaisseur. Tantôt elle effleure le sol, tantôt elle disparaît aux regards; d’après nos observa-
tions, elle s’étend sur une longueur de 800 mètres, au fond
d’une gorge étroite. Elle est à un peu plus de 3 kilomètres
d’une rivière navigable, mais la construction d’un chemin de fer à travers les bois pourrait en rendre l'exploitation fruc-
tueuse. Notre campement ayant été établi près du principal
filon, nous allumâmes un gigantesque feu de houille, ce qui
nous permit de constater l’excellente qualité du combustible.
Le cours d’eau près duquel nous découvrimes ce gisement
fut nommé Brown, en l’honneur de notre chef.
« Les explorateurs futurs n’auront pas de peine à retrouver nos traces, car, à chacune de nos haltes, ils verront un arbre dont l'écorce a été enlevée à la hache et dont le bois porte une inscription. »