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ils s’attachent à ses pas, le poussent vers le fleuve, et bientôt c'en est fait de lui. Dans l’eau, cet animal perd toute son agilité. Sa chair est excellente, beaucoup plus délicate que celle du daim et même du renne; son muffle, bien accommodé en ragoût, est un mets délicieux; quant à moi, je le trouve préférable à la queue du castor, laquelle est pourtant très recherchée. 3
« Sans l’heureuse diversion que la chasse amène de temps à autre, notre voyage sur celte partie du fleuve serait bien monotone.
« Dans la soirée du 45, au moment où nous nous remettons en route, nous apercevons une femelle d’élan suivie de son petit; elle ne paraît nullement se douter de notre présence, malgré le bruit que nous faisons en ramant. D'un bond je m'élance à terre et je cherche à lui barrer le passage ; mais, plus prompte que moi, elle parvient à gagner la forêt. Le faon est moins agile; je fais feu sur lui, malgré les protestations de ma conscience, et je l’étends à mes pieds. Il nous fournit la chair la plus succulente que nous ayons mangée de notre vie.
« Pour économiser leur poudre, les indigènes chassent d'ordinaire l'élan de la manière suivante : quand ils en aperçoivent un dans le fleuve, ils s’approchent de lui sur leurs canots d’écorce, le harcèlent, l’empèchent de gagner la rive; l'animal est bientôt épuisé : alors ils lui plongent un couteau dans le cœur ou dans les flancs.
« Un élan pèse 200 kilogrammes et plus; on en cite même qui ont atteint un poids de 360 kilogrammes.
€ Tant que nous sommes restés au milieu des remparts, le halage s’est fait constamment de la rive. Quand on a dépassé les gorges, le fleuve s’élargit en formant des lagunes et des basfonds semés d'innombrables îles. Les berges, minées par le courant, surplombent, en certains endroits, au-dessus des eaux. Il n’est pas rare de trouver des arbres dont les racines
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sont suspendues en l'air, sans autre Jen d'appui qu'un peu de terre et de mousse.
« Dans la matinée du 20, un orage formidable éclate ; le vent souffle avec fureur et la pluie nous pénètre jusqu'aux os ; nous luttons d’abord vaillamment, mais enfin, exténués de fatigue, nous cédons à la violence de la tempête. Un grand
COUTEAU INDIGÈNE YOUKON.
feu allumé sur le rivage nous console bientôt de notre disgrâce ; nous séchons nos vêtements et, confortablement étendus sous la tente, nous retrouvons notre philosophie. 1
« 2 et 22 juin. — Nous sommes au jour le plus long de | l’année; le soleil ne disparaît de l'horizon qu’à 11 heures et quelques minutes, et son disque radieux se montre à l’orient
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