ET RECHERCHES QUI ONT SUIVI
Départ de Franklin avec l'Erèbe et la Terreur. — Deux années sans nouvelles. — L'Angleterre se décide à envoyer des navires à la recherche de Franklin. — Départ du docteur Richardson. — Son rapport à l'amirauté. — Rapports du capitaine James Clerk Ross. — Le navire le Prince- Albert. — Le lieutenant Bellot. — Sa mort.
Franklin voulut couronner sa carrière en allant chercher, sur le trajet du détroit de Barrow à celui de Behring, non la passe la plus directe, mais celle qui était le plus longtemps ouverte, et la plus favorisée des vents et des courants.
Le gouvernement anglais lui confia deux navires construits spécialement pour la navigation des mers glaciales : c'étaient l'Érèbe et la Terreur.
L'expédition mit à voile le 26 mai 1845. Le 12 juillet suivant, Franklin jetait l'ancre devant l'île groenlandaise de Disco, où les Danois ont un de leurs établissements. De ce point il écrivit à l'amirauté ; sa lettre respirait la satisfaction et la confiance.
Quelques semaines plus tard, l'Érèbe et la Terreur étaient aperçus par les baleiniers dans les parages opposés de la baie de Baffm, non loin du détroit de Lancastre. C'est à dater de ces renseignements qu'un silence de mort vint faire reconnaître à l'Angleterre la nécessité d'envoyer à la recherche de sir John Franklin.
C'est alors que le vieil ami de ce grand homme, le fidèle compagnon de ses premiers voyages, le docteur Richardson, âgé de soixante-deux ans, courut au Canada prendre la direction d'une expédition destinée non seulement à parcourir encore une fois les rives du continent entre les fleuves Mackenzie et Coppermine, mais même à franchir les détroits qui séparent la grande île de Wollaston des autres archipels voisins, pour s'assurer si ces parages, découvertes communes de Franklin et du docteur, ne recélaient pas sur leurs écueils quelques indices d'un passage récent et des débris du naufrage.
Nous croyons devoir insérer quelques extraits textuels , empruntés au rapport du dévoué et digne ami de Franklin.
« Le -3 août, j'atteignis la mer à l'embouchure de la branche orientale du fleuve Mackenzie , avec les bateaux et le détachement que l'amirauté -a mis sous mes ordres. Le lendemain , nous eûmes une entrevue avec trois cents Esquimaux, qui, instruits de notre arrivée par des signaux de feux allumés par ceux de leurs chasseurs qui battaient les montagnes des bords du fleuve, s'étaient réunis pour nous attendre. D'après la manière amicale avec laquelle ils nous ont traités, je ne doute pas qu'ils n'aient accueilli avec humanité les Européens qu'ils auraient pu voir dans la détresse.