‹ Voyages et découvertes outre mer au XIXe siècle [microforme]Chapitre 24 sur 77 · RE D · texte numérisé non relu

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rendent en silence est vraiment digne, par sa splendeur, des

oiseaux magnifiques qu'ils y viennent chercher. « La végé-

tation la plus active couvre ce point du globe, dit Lesson ; elle est ce qu’on doit en attendre sous l'équateur.…., c’està-dire grande, majestueuse et imposante, La surface du sol ne présente qu’une forêt sans fin, où la plupart des végétaux des Moluques se retrouvent, et dont les arbres , immenses par la circonférence de leurs troncs, ont jusqu’à cent cinquante pieds d’élévation. Dans ces profondes forêts, ne croissent point d'herbes humides : les plantes y rsvêtent de préférence des formes robustes et ligneuses ; les lianes serpentent et s’entrelacent jusqu'au sommet des rameaux, et retombent en unissant leur verdure à celle des grands arbres qui les supportent. La fécondité d’une terre sans cesse humectée par d’abondantes vapeurs et par des pluies de six mois, vivifiée par des chaleurs d'autant

plus fortes que le soleil ne s’en éloigne jamais, est prodigieuse; aussi le voyageur éprouve-t-il un étonnement qui n’a rien d’analogue avec celui qu'imprime dans l’âme la vue des magnifiques monuments des hommes, et ne peut-il se lasser d'admirer ces forêts vierges, mélangées des teintes vertes les plus diverses, sur lesquelles tranchent les fleurs les plus larges et les plus bizarres, les fruit: les plus singuliers, et ce mélange d'arbres ou de palmiers soutenant des parures étrangères, au point que leur feuillage disparaît sous les festons qui les voilent de la manière la plus agreste et la plus splendide, A des mimeuses izantesques se joignent des dioïdes à larges ‘euilles, des orchidées, et surtout des épidendres parasites.

Des arcs à choux, des bambous, des fougères en arbre, des

Ltéitits tata tits. :…

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« lataniers. des tecks, des muscadiers, des spondias, sont « les espèces les plus communes dans ces forêts. »

« Sous ces voûtes magnifiques, l’'astucieux Papoua ne se contente pas de guetter en silence le calao, à plumage noir et à queue blanche, dont le vol imite, à S'y méprendre, le souffle précurseur de l'ouragan; le cacatoès à huppe jaune, le lori à la voix babillarde et au plumage vermeil, le cassican, qui rivalise par son éclat avec les plus beaux oiseaux ; il les attire et sait merveilleusement imiter leur cri. Arrivé sous un teck, il est à peu près sûr d'y faire venir le brillant manucode qu'il nomme taya. Mais ce magnifique oiseau n’est pas le seul hôte qui fasse son séjour sur le bel arbre; son congénère, que recherchent surtout Îles dames européennes, se nourrit des mêmes fruits que lui. « Les oiseaux « de paradis, petites émeraudes, volent avec grâce et par « ondulations: les plumes des flancs retombent négligem- « ment pour former un panache gracieux et aérien, qui brille « dans l’air comme une étoile filante. »

« Pas plus que les chasseurs des autres régions du globe, le Papoua ne se laisse séduire pur la contemplation de cet oiseau charmant : la fièche part, le mumbé-fore tombe sur un lit de verdure; le sauvage s’en empare, le place d'abord dans le creux d’un bambou, et plus tard sèche sa peau avec soin pour en faire un objet d'échange. Cest cependant privée d’une partie de son éclat qu'on la reçoit ici, et, d’ailleurs, les plus belles de ces dépouilles sont encore destinées aux rajahs malais et aux princes musulmans de l'Inde, qui de tout temps en ont orné la coiffure qu'ils portent dans les grandes solennités. Le paradisiaca apoda, avec ses reflets

verts, le manucode, le magnifique, le paradisier rouge Sont,

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