‹ Voyages et découvertes outre mer au XIXe siècle [microforme]Chapitre 23 sur 77 · ANDAMAN · texte numérisé non relu

ANDAMAN

fourbir de toutes parts les plus vulgaires ustensiles de cuisine; pourvu qu'ils fussent quelque peu luisants, et que lon pât les courber en bracelets, les noirs sauvages s'en accommodaient. Duraut quelques semaines, on obtint ainsi les plus beaux paradisiers connus. Mais, hélas! le fer-blanc perdit son éclat, et dès qu'il se fut terni, les profits de ce beau commerce s’évanouirent. Les Papouas exigèrent des ustensiles d'argent, et plus tard ils demandèrent fort hien des piastres, dont ils finirent par connaître on ne peut mieux l'empreinte, les deux colonnes et la même fameuse devise. Ce n’était pas toutefois pour trafiquer dans leurs sombres forêts qu'ils les accumulaient, c'était pour les fondre et en fabriquer de grossiers bracelets, à demi ouverts, dont leurs tristes compagnes, abrulies par les exigences de la vie sauvage, se montrent tout aussi fières que nos beautés aristocratiques se montrent heureuses de posséder un oiseau de paradis.

« Il faut appartenir à cette race agile, il faut être familier avec les bruits légers qui se multiplient et se confondent dans les sombres forêts de Dorery, pour se procurer les oiseaux de paradis, qui perchent souvent à lextrémité d'arbres gigantesques et que la flèche doit frapper sans les endommager. Ces noirs chasseurs, la tête couverte de poussière d’ocre unie à de la graisse, ce qui leur fait à peu de frais, on le voit, une excellente casquette de chasse, parfois les épaules revêtues de belles feuilles satinées du pandanus que leurs femmes tressent en nattes, sen vont, à la tom bée du jour, dans leurs humides forêts, armés de leur are classique en beau bois rouge, et de petites flèches fort aiguës

fabriquées avec le spadice des palmiers, Le lieu où ils se

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