‹ Voyages et découvertes outre mer au XIXe siècle [microforme]Chapitre 29 sur 77 · A PETIT · texte numérisé non relu

A PETIT

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L'habillement des deux sexes, qui ne diffère qu? par quelques détails, consiste en deux jaquettes de peau de phoque, descendant à mi-cuisse ; celle de dessus est munie d'un capuchor qui recouvre la tête au besoin. Leurs culottes, qui ne viennent que jusqu'au genou, y sont attaches par des courroies, et leurs bottes remontent assez haut pour en recouvrir les nœuds. Les semelles de ces chaussures, taillées dans la partie la plus forte de la peau des morses, sont, ainsi que leurs gants, impénétrables à l’eau. Le capuchon des femmes est beaucoup plus grand que celui a ; hommes, mais son ampleur est bien justifiée par son emploi : c’est tout à la fois le maillot et le berceau où leurs enfants vagissent et s’ébattent jusqu’à trois ans au moins.

Les Esquimaux préfèrent la viande et le poisson crus à toute autre nourriture; l'huile de cétacé et le sang chaud des mammifères, à toute autre boisson. Ils n’ont dans leurs tanières d'hiver, comme dans leurs tentes d'été, d'autre feu que celui d’une lampe fabriquée en pierre ollaire et alimentée par une longue tranche de graisse de phoque. Ils ont importé d’Asie l’usage de l'arc et des flèches ; mais l'invention de leurs embare:tions de voyage leur appartient en propre, et leur a valu l'approbation des juges les plus compétents. Les unes comme les autres sont en peaux de phoque, fortement tendues sur un châssis de bois, d'os ou de fanons de baleine ; mais les secondes, bien connues sous le nom de kayaks, ont excité l'admiration de Cook lui-même.

C’est une nacelle de cinq à six mètres de longueur, sur une largeur de soixante-cinq centimètres au plus, affectant la forme d’une navette de tisserand, et percée, dans le milieu

de sa partie supérieure, d'un trou circulaire, où l'homme ui

doit manœuvrer le kayak se glisse et s’assicd. Une fois placé, il attache solidement autour de lui, sur les bords de l’ouverture, l'extrémité inférieure de sa tunique de peau imperméable, et, par ce moyen, ne fait plus qu'un avec sa pirogue, devenue insubmersible, même dans la mer la plus houieuse, Une seule pagaie, d’un mètre et demi à deux mètres de long, dont l'Esquimau frappe alternativement l’eau à droite et à gauche, lui suffit pour fendre 1a mer avec un? rapidité qui égale ou dépasse peut-être celle de Ja barque la mieux manœuvrée. La légèreté de cette machine est telle que, lorsque celui qui la monte se trouve en danger d’être pris ou écrasé

dans les glaces, il saute sur le Premier 9

glacon, et emporte

facilement tout l'appareil sur son dos où dans ses bras, Le bord du kayak étant à fleur d'eau, le pêcheur y trouve un autre avantage : il peut approcher plus aisément, sans être aperçu, de l'objet dont il veut faire sa proie,

Tout son attirail, javeline, lance, harpon, est placé devant lui sur le canot. Derrière est une outre, qui tient au harpon par une longue courroie, et qui est destinée à indiquer à l'Esquimau la trace du veau marin qu'il à harponné, et à ralentir en même temps la fuite de l'animal blessé,

[Is ont des croyances superstitieuses, et reconnaissent en tremblant le pouvoir mystérieux des angeloks ou sorciers.

Dominés, au moral comme au physique, par une nature marätre, les Esquimaux, ainsi que tous les esclaves, sont moins doux et sociables que flegmatiques et patients. On ne peut les accuser d’être méchants; entièrement absorhés pat le soin de leur nourriture quotidienne, ils n'ont guère. hélas! le loisir d’être bons. Ils valent, en tout cas, certai-

nement mieux que jes Indiens. qui les ont expulsés de l'in-

térieur du continent américain et des rivages de sa zone

tempérée. 1 Mais revenons au capitaine Ross. Dans la baie de Jacob,

| au nord de l'ile Disco, se trouvait un campement d'été, où

quelques tentes en peaux de phoques abritaient une cinquan-

A péri

taine d’Esquimaux. Le capitaine Ross, voulant obtenir d’eux un de leurs traineaux avec son attelage de chiens au grand G complet, leur détacha Sackouse pour les inviter à venir à t bord. Ils acquiescèrent sans hésitation à cette demande, et, Î pour un fusil rayé, fournirent le traineau et tout son attirail. È « Is revinrent le lendemain, dit la relation, amenant le

traîneau dans une barque, que des femmes conduisaient à la

rame. Cette espèce d’embarcation, qu'ils nommaient uniack ,

FEn

est construite des mêmes matériaux que leurs kayaks, c’est-à-

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