PREND ETES ESS
+4 detente
CAPITAINE DE FREYCINEI 77
étaient les rajahs de Denka et de Dao. auxquels M. de Freycinet alla rendre visite dans la maison qu'ils occupaient avec quelques-uns de leurs officiers.
« Le rajah de Denka, qui se nommait Bao, dit M. de Freycinet, était vêtu d’une grande robe d’indienne, et avait pour marque distinctive de sa dignité une canne de jonc à pomme d'or; il paraissait âgé de cinquante ans: il était bien fait, avait une physionomie douce et prévenante , et semblait doué d'une irès-robuste constitution.
« Kotté, son fils aîné, était en costume de guerrier; il nortait deux bracelets en cuivre, un gilet rouge, deux gros colliers en or, un sabre élégant et un fusil double, dont les canons se vissaient sur la culasse. Son second fils, Mano. qui était un de ses ministres, l'accompagnait aussi. Ce dernier, d'une physionomie spirituelle, répondait avec précision aux diverses questions que nous lui faisions par l'organe de M. Thielmann (secrétaire du gouvernement. qui accompagnait le capitaine français ); car le malais qu'on parle à Coupang ne lui était pas familier; nous obtenions ainsi une foule de renseignements intéressants, *
Bao, disait-on, était, dans sa jeunesse, d’un caractère violent, emporté, cruel; craignant que de pareils défauts ne lui fissent commettre des injustices, il abdiqua le souverain pouvoir en faveur d'un de ses frères. Cependant, par la suite, les Hollandais, ayant été mécontents du prince régnant, forcèrent Bao à reprendre la couronne. et depuis lors le peuple qu'il gouverne, et les Hollandais qui le protégent, sont trèssatisfaits de son administration.
€ Naké Tetti, rajah de Dao. paraissait avoir soixante ans ;
près de lui était son premier ministre.
Tr nn Te —
in VOYAGES ET DÉCOUVERT
Le 22 octobre, toutes les opérations scientifiques étaient terminées; le ravitaillement du navire, à la vérité, n’était pas complet; mais le mauvais état sanitaire € l'équipage, dont cinq hommes étaient atteints de dyssenterie décida le commandant à quitter un peu précipitamment le mouillage de Coupang, ce qui eut lieu le 23. L'intention de Freycinet était de longer rapidement, de l'ouest à l’est, la côte nord de limor, et de se rendre d'une traite à l'ile Vaigiou, où il devait continuer ses travaux. Mais les courants qui contrariaient sa marche et les progrès de la dyssenterie parmi son équipage le décidèrent à faire relâche à Dillé, chef-lieu des établissements portugais de Timor. Ce n. fut pas sans peine qu'il y parvint : les courants le retinrent plusieurs jours dans le canal qui sépare Timor de l'ile d* mbai. Le 2 novembre, le navire se trouva si près de ’- :âte de cette dernière ile, que le commandant ne put résister au désir de la faire visiter, Il délégua à cet effet MM. Gaimard, Gaudichaud, Bérard et J. Arago, qui abordèrent avec leur chaloupe près du village de Bitouka.
« Nous descendimes, fit J. Arago, armés de fusils, de sabres et de pistolets, et dès le premier moment tout nous engagea à beaucoup de prudence et de cire nspecticn. Les insulaires étaient divisés en plusieurs bandes, et des coups de sifflet répétés nous annonçaient qu'ils s'interrogeaient et se donnaient des avis, Nous n'élions nullement rassuré ;; ce pendant, tout en nous communiquant nos craintes, nous convinmes de ne point abandonner notre entreprise, dussions-nous être victimes du notre persévérance, Nous nous acheminâmes donc vers un bouquet d'arbres au pied des-
quels était assis un eloupe nombreux d’indigènes. Nous de-
mandâmes à parler au rajah; après quelques instants d’hésitation, ils rous adressèrent à l'un des plus vieux de la troupe,
« Pour nous le rendi2 favorable, nous tirâmes de nos poches divers présents, M. Bérard lui passa autour du cou un beau collier, lui fit cadeau de boucles d'oreilles, tandis "1e mes Compagnons se montraient également généreux envers quelques autres non moins empressés à demander, Cependant, comme les sifflets se faisaient toujours entendre, nous leur montrâmes nos fusils avec affectation, pour nous ‘ssurer qu'ils en connaissaient les terribles effets: ils les re gardèrent avec dédain, caressèrent de nouveau leurs armes . et sifflèrent en se retournant comme pour nous insulter. M. Bérard, voulant pousser l'épreuve jusqu'au bout, leur montra un perroquet qui se cachait sous les feuilles, le visa et le fit tomber. Nous regardämes alors d’un air triomphant les insulaires attentifs; aucun n’avait bougé, n'avait donné le moindre signe d'étonnement. Mais l’un d'eux, nous faisant voir à son tour une perruche qui venait de se poser sur les branches d’un cocotier, plaça une flèche sur la corde de son arc, et poussa un cri qui fit partir la perruche; la flèche à l'instant même siffla, et la perruche tomba de branche en branche sur le sol, Aussitôt, sans nous donner le temps de la réflexion, et nous fais: comprendre que, pendant que nous chargions nos fusils, il pouvait, lui, atteindre trente victimes, il nous désigna, à plus de Cinquante pas, un petit arbre, à peine gros comme le bras, et, presque sans viser, 1l ÿ envoya une flèche qui pénétra si profondément, que nous ne pûmes l'en arracher qu’en y laissant los dentelé dont
elle était armée,
« J'avais des boules de bilboquet, des anneaux, des boîtes. des gobelets: ‘essayai donc, pour distraire leur attention, de faire quei; es tours d’escamotage; dès lors je les vis se rap procher, sourire et me p'esser de continuer mes exercices, Heureux de cette découverte. je me plus à exercer leur curiosité, persuadé qu'ils oublieraient leur férocité, En effet. après un quart d'heure d'amusement. nous nous dirigeimes vers le village, où la plupart d'entre eux nous suivirent assez gaiement. Avant de gravir la colline où il est situé. nous nous arrêélèmes sous un grand arbre pour considérer de magnifiques armes qui y étaicat suspendues: je les dessinai plus compiaisant que je ne l'aurais imaginé, l'un d’eux s'en revêtit, et prit une attitude guerrière en m'invilant à profiter de son obligeance, tandis qu'un autre se couvrait aussi d’une cuirasse, Tous deux nous donnèrent alors le spectacle d’un combat; les voilà se menacant du regard et de la voix, se courbant, se redressant, bondissant comme des panthères affamées, se cachant derrière ua tronc d'arbre, se montrant plus terribles, plus acharnés : puis, faisant tourner leurs glaives, se couvrant de leurs boucliers de buffle, ils s’attaquaient de près avec des hurlements frénétiques, vomissant une écume blanche, au milieu des plus énergiques imprécations, et ne s'arrêta! que lorsqu'us des athlètes avait mordu la poussière, Cette scène terrible dura plus d’un quart d'heure. pendant lequel nous 'esp'rines à peine, Dans la chaleur de l'action, l'un des deux avait reçu à la cuisse une assez forte cnfaille; le sang s'en échappait avec abondance. et l'intrépide Ombaïen n'avait pas l'air de s’en apercevoir,
« Les cuirasses dont s'étaient revêtus les combattants sont
en peau de buffle, et ornées di coquillages formant des des-
sins réguliers et gracieux: elles offrent un trou pour le passage de la tête, et descendent, devant et derrière, un peu au-dessous de la hauteur des hanches. Les boucliers ressemblent presque en tout à la partie antérieure des cuirasses. Les flèches sont garnies de pointes en bois dur, en os ou même en fer, Ils les étalent en éventail. et les assujettissent, du côté gauche, à la ceinture de leur sabre ou de leur #ris (poignard malais), semblable à ceux ce Timor... Ils aiment beaucoup les bracelets, et s'en couvrent les bras et les jambes. Leur chevelure tombe quelquefois sur leurs épaules, et flotte au hasard; mais le plus souvent elle est attachée avec des fragments de diverses étoftes, et relevée sur la tête en forme de panache,
€ Les habitants d'Ombai sont de taille moyenne; ils ont sénéralement les yeux enfoncés et brillants. le front couvert, les lèvres épaisses, la bouche grande, le nez épaté ; quelquesuns cependant l'ont assez bien fait. Leur teint est d'un noir olivâtre. Ils ont les bras et les jambes très-forts, la poitrine large, l'air guerrier, sauvage, les manières brusques, les mouvements rapides, »
En visitant le village de Bitouka, nos hardis explorateurs remarquèrent, en passant devant une des habitations qui le composaient, une vingtaine de mâchoires humaines suspendues à la voûte. Ils auraient désiré en emporter deux ou trois: mais les naturels les leur refusèrent absolument, en répon dant à leurs demande par le mot pamali (sacré). Aprés juelques échanges, ils regagnèrent leurs embarcations. et retournèrent sains et saufs à bord de la corvelte. Là seulement ils apprirent d'un Capilune de baleinier anglais qui se
W'ouvait retenu comme ceux dan le détroit, el qui était venu
2 VOYAGES E1 DEÉCOUVERTI
rendre visite au commandant. que les naturels d'Ombai étaient anthropophages, que ces mâchoires qu'ils avaient vues accrochées à la porte d’une Cabane étaient celles d’ennemis tués et dévorés. et que s'ils eussent déparqué à un kilomètre seulement au nord de Bitouka, ils eussent été Mmassacrés infailliblement.
L'Uranie entra le 19 novembre dans la rade de Dillé, chef-lieu des établissements portugais à Timor. Freycinet et son élat-major recurent du gouverneur l'accueil le plus cordial et le plus flatteur. On leva l'ancre le 22, et l'on se dirigea vers le détroit de Pourou. en passant entre les îles Wetter ét Roma. L'état sanitaire de l'équinage était toujours très-
mauvais; la dyssenterie faisait des progrés elfrayants, et trois
matelots y succombèrent pendant la première semaine de Ja traversée,
Le 29, la corvette arriva devant Amboine, une des Mo luques, et, profitant d’un Vent favorable. Seélgasca aussitôt dans le détroit de Bourou. Elle en sortit sans avaries après une périlleuse navigation à travers d nbreux récifs; mai
bientôt après elle fut prise par le Calme, et les courants Ja
firent dériver vers le sud ext, en sorte que, 1e 1 décembre elle se trouva en vue de l'ile de Pisanoe. Qui fait encor partie de l'archipel des Moluqu
Pendant que l'Uraui était arrêtée devant cetti elle fui uccostée par trois grande: re j sort | ler l laises), dont le Commandant en Nef Tul admis à bot l'Uranie, avec les d UX officie ju 1 Cet indi “annonça sous le nom de : Guul ) il nom était Abdalaga Fo Fou, {1 pi IL age d'une quara laine d'années, « Quoique fort laid. : It une expression
de physionomie vive et spirituelle; son air de dignité, son intelligence, son aplomb dans le commandement, étaient remarquables, » :! était coiffé d’un turban qui lui couvrait le front jusqu'aux sourcils, et d'une sorte de robe et d’un large pantalon attaché aux reins par une ceinture rouge, Il déclara être le kimalaha (chef) de l'ile de Guébé, dont ses embarcations portaient le pavillon. Il venait de chercher du sagou dans les parages voisins.
M. de Freycinet l'invita à déjeuner ainsi que ses deux officiers. Il leur fit ensuite visiter le navire. et offrit à Abdalaga une chaise que celui-ci accepla avec joie; après quoi il quitta le bord en promettant à M. de Frevcinet de revenir le visiter à la relâche de Rawak. et en lui laissant un écrit pour témoigner de son amitié pour lui. Voici la traduction littérale de cet écrit: « Moi, Abdalaga Kimalaha, capitaine d’une flotte « de trois vaisseaux, ai rencontré un vaisseau francais, Capi- « taine Frevcinet, homme généreux. Son cœu bienveillant « m'a donné une chaise: moi. J'ai donné à lui un chapeau,
souvenir de Guébé, et Freycinet m'a fourni de: mets dé- « licats, »
Le 9 décembre, l'Uranie franchit la passe de Gilolo , tormée d'un côté par l'ile Guébé, de l'autre per celle de Mouhor, et le 20 elle mouilla devant ! awak, île inhabitée. voisine de celle de Vaigiou. Celle-ci est peuplée di sauvages appartenant à la race des Papous où f’apouas. Ces insulaires vinrent visiter la corvette: mais les n: ivateurs, ne comp nant rien à leur langage, ne p étudier que très-imparlaitement leurs mœurs et carectères, Les Papous di Vaigiou, dit la relation, sont perte ot trapus. Ils ont le teint
HO}, la tète grosse, les chex N épais et crépus, le ventre
gros, les hanches fortes, les jambes grèles, les pieds longs et plats. Leur démarche est embarrassée, mais ils sont très-agiles à grimper sur les arbres. Leur physionomie est sans expression, leur sourire est stupide, leur langage rauque et guttural. Ils vivent presque exclusivement de la pêche, où ils montrent beaucoup d'adresse, et habitent des cabanes grossièrement construites avec des branches d'arbre entrelacées.
Le capitaine Guébé. ou plutôt Abdalaga, vint, comme il l'avait promis, renouveler ses civilités au commandant de Freycinet, et lui présenter son frère et quelques autres de ses proches parents. Son arrivée sembla inspirer une grande terreur aux Papous qui entouraient la corvette, Ils s’enfuirent aussitôt, et ne reparurent plus; d’où les Français conclurent qu'Abdalaga et les siens abusaient cruellement de leur supériorité sur ces pauv ‘es gens inoffensifs.
Après quinze jours passés au mouillage de Rawak, la cor vette, toujours ravagée par la dvssenterie, et di plus par une fièvre pernicieuse développée sous l'influence des marais de Rawak, appareilla le 6 janvier 1819. Le commencement de cette nouvelle étape fut signalé par un triste événement : le lieutenant en second, M. Labiche, mourut de la dyssenterie, qui fit bientôt après de nouvelles victimes. Le commandant donna alors l'ordre de faire route vers le nord pour se rendre aux îles Mariannes. en passant par les Carolines: et le 12 inars l'Uranie était en vue de l'île San-Bartholomé ippartenant à ce dernier archipel, Aussitôt une douzaine de ilOgUCs mon
tées par les auuvVascs vinrent se mettre à la remorque de la corvette.
€ Dès lors, dit Freveinet, un Comminoce trés - actif et sur-
APITAINE DE FREYCINET S5
tout très-bruyant s'établit entre nous et les insulaires, sans que cependant aucun d’eux se décidât à venir sur le vaisseau, Nous fümes longtemps à admirer la beauté de ces hommes, la perfection étonnante de leurs embarcations, et l'habileté avec laquelle ils les manœuvrent.
IIS nous invitèrent par signes à nous approcher de leur ile; mais quand ils virent que ce n’était pas notre dessein, ils furent les premiers à nous rroposer quelques échanges. Ce qu'ils voulaient surtout, c'était du fer, qu'ils désignaient en répétant sans cesse lou-lou, mot mariannais que nous ne comprenions point encore, mais que nous devinions à leurs gestes. [ls nous offraient des nattes fort bien tissées en fil de bananier, des chapeaux coniques en feuilles de palmier, des coffrets et des vases en bois, et, ce qui était d’un bien plus orand prix, des issons récemment pêchés ot des cocos frais,
Bien différents des peuples que nous venions de quitter»
Garolinois mettaient la plus grande bonne foi dans leurs échanges ; ils n'hésitaient jamais à envover les premiers à bord les objets qu'ils nous proposaient: et si, pour un coueau que nous leur offrions, nous ne trouvions pas qu'ils nous eussent assez donné, ils Sempressaient d’ajoute: quelque chose. Nous ne nos sommes point aperçus qu'aucun d'eux fût voleur. »
La corvette quitta, le 19 mars, l'archipel des Carolines. Nous ne la suivrons pas dans la partie de son voyage qui lut consacrée à l'exploration des îles Mariannes. et qui n'of- Hirait à nos lecteurs qu'un médiocre intérêt, Elle ne quitta cel archipel que le 16 juin, pour se rendre aux îles Sand-
wich. Le 48. elle coupa lantiméridien de Paris. « Cetto Cir-
constance peu importante en elle-même. dit J. Arago, nous rappela que nos amis, en France, comptaient minuit quand nous avions midi à bord. » Après une navigation de six semaines, la vigie signala une terre à l’ouest. C'était la côte orientale d'Hawaï, la principale des îles de l'archipel Sandwich, Ayant doubié la pointe sud de cette île, l'Uranie se trouva en calme, et dut subir les importunités de nombreux insulaires attirés autour d’elle par la curiosité et la cupidité.
Enfin, une brise favorable s'étant élevée au bout de deux
Jours, le commandant donna ordre de naviguer vers le nord
Jusqu'à la baie de Kayakakoua, Au moment où l’on allait
Jeter l'ancre, arriva une pirogue montée par le prince Koua-
kini, plus connu sous le nom anglais de John Adams, qui lui avait été donné dès son enfance. C'était le chef ou gouverneur de l'île, Il fut reçu à bord avec les égards dus à son rang, et Informa M. de Frevcinet que le roi Taméhaméha venait de mourir, Taméhaméha avait réuni sous son sceptre tout l’archipel, et mérité, par l'énergie et l'intelligence dont il avait fait preuve pendant son règne, le surnom de Grand. Reconnaissant la supériorité des Européens, il s'était appliqué à les imiter, et s'était attaché plusieurs Anglais auxquels il avait confié, dans l'administration et dans l’armée, les postes les plus importants. Son fils, Rio-Rio. qui lui succédait, était loin d’égaler ses talents et sa fermeté; aussi les chefs des dif. férentes îles, contraints à l’obéissance par Taméhaméha, n’avaient-ils pas tardé à relever la tête et à revendiquer leurs anciens priviléges, Cette agitation mettait en péril le trône du nouveau roi, Celui-ci accueillit avec beaucoup d’empressement M. de Frevcinet, et lui fit dire par un M. Young,
qui avait été pendant quarante ans Pami et le ministre zélé
CAPITAINE 1 EYCINET S7
du feu monarque, qu'il rendrait un grand service à la dynastie s'il voulait bien accepter le rôle de médiateur entre l’autorité royale et les grands vassaux.
M. de Freycinet consentit à faire ce qu'on lui demandait, Il se rendit à une assemblée exhiaordinaire présidée par Rio-Rio, et à laquelle assistaient les chefs le plus influents d'Hawaï et des autres îles. Là il prononça un discours, dans lequel il s’efforça de leur faire entendre que leur devoir et leur intérêt les conviaient également à ne point refuser au jeune prince leur obéissance et leur Coopération, pour l'aider à assurer aux iles Sandwich le bonheur qui naît de la concorde et des progrès de la civilisation. Cette allocution produisit un bon effet, qui toutefois ne fut point durable, Peu d'années après, Rio-Rio fut détrôné, et se réfugia avec sa famille en Angleterre. ot mourut.
Pendant la relâche ranie devant Hawaï, un prince nommé Kaïmokou, sur: é Cox, frère de Kouakini, remarqua, dans une de ses visites à bord, le costume de M. l'abbé de Quélen, aumônier de la corvette. ! Informé, dit M. de Freycinet, des fonctions de cet ecclési tique, il lui fit con-
naître que depuis longtemps il voulait être chrétien. et qu'il
le priait, en conséquence, de le b iptiser; que sa mère, à son lit de mort, avait recu le baptèm | avait recommandé de le recevoir, lui aussi. dès qu'il en trouverait l’occasion M. de Quélen accueillit de grand cœu ande, et il fut résolu entre nous que l'on procèderait acte religieux
aussitôt après mon retour du con eil du €
Comme je me di posais à revenir à bord, Rio-Rio me dt qu'il avait envie d'assister, avec sa cour, à la cérémonie que nous allions célébrer 1] lui envovai. à cet efiet, mon
canot, et nous le vimes bientôt paraître, accompagné des princesses de sa famille et de son jeune frère, âgé de six à sept ans, Une grande suite de pirogues doubles et simples, remplies d'hommes et de femmes COMpOsant sa cour, sui- Vaient de près. Le roi était vêtu d'une veste bleue de hussard, galonnée d'or, avec de erosses épaulettes de colonel: un de ses officiers portait son sabre, un autre son éventail, deux autres d'énormes tromblons, un cinquième enfin sa pipe qu'il élait chargé de tenir allumée,
€ À son arrivée, je saluai le monarque d’une salve de onze Coups de canon. Le gaillard d'arrière avait été décoré avec des pavillons, et l’on en avait mis aussi sur le pont, pour que les princesses s'y trouvassent convenablement assises, La reine et la veuve de Taméhaméha furent placées sur des chaises en face de l'autel. qui avait été dressé sur le pont, en avani de la dunette, Enfin M. l'abbé de Quélen procéda, selon le rit d'usage, au baptême de Kaïmokou. qui pendant toute la cérémonie eut l'air profondément ému.» — « Les reines, ajoute J. Arago, étaient élonnées du costume brillant du prêtre et de la beauté de l'image de la Vierge qui étail placée sur l'autel : chacune d'elles demanda à la baiser. »
L'Urunie quitta les îles Sandwich le 30 août, et fit voile vers Port-Jackson. On découvrit, le 21 octobre. près des iles Hamoa, un ilot inhabité qui n'avait encore été signalé Pa aucun navigateur, et qu’on appela île Rose, du nom de Mme de Freycinet, On arriva le IS novembre à Port-Jackson, Où l’on fit un séjour d'un mois. qui ne fut marqué par aucun incident digne de mémoire: après quoi, la corvette traversa directement la mer du Sud pour doubler le cap
Horn, Arrivée dans ces pParages, elle fut assaillie par une