‹ Voyages et découvertes outre mer au XIXe siècle [microforme]Chapitre 50 sur 77 · DOCTEUR RICHARDSON · texte numérisé non relu

DOCTEUR RICHARDSON

jusqu’à la rivière Coppermine, la distance, y compris les grands 1.

détours de la ligne de côte, est de plus de huit cen:s milles, | . . . |

Nous ne pûmes faire ce trajet que bien lentement, ayant con- 11

stamment le vent debout. Nous glissant le long de la côte, nous ( mettions à terre au moins deux fois par jour, pour faire la cuisine, quelquefois pour chasser, presque toutes les nuits pour dormir, et souvent pour explorer le pays du haut des caps AN élevés. Nous eûmes de fréquentes entrevues avec des partis

d’Esquimaux assemblés sur les caps pour chasser la baleine, ou dispersés le long de la côte en groupes de deux ou trois , ai- % lant à la poursuite des rennes et des oiseaux de mer. Ils vin-

rent à nous avec confiance, et, grâce à notre excellent Esqui-

mau Albert, qui parle bien anglais, nous pûmes échanger # quelques paroles avec eux. Tous nous dirent qu’ils n’avaient 14 vu passer aucun navire, et ils parurent satisfaits d'apprendre, à d’après nos questions, qu’ils devaient attendre à voir plus fré- "ei quemment des hommes blancs sur leurs côtes. À la hauteur du

cap Bathurst, environ au tiers de la distance du Mackenzie au | Coppermine, les Esquimaux nous apprirent que, pendant six ‘à semaines de l'été, ou, suivant leurs expressions, pendant la

plus grande partie des deux lunaisons durant lesquelles ils | s'occupent spécialement de poursuivre les baleines, ils n’avaient jamais vu de glace.

« Nous trouvâmes une famille d'Esquimaux campés à l'ex- s trémité du cap Bathurst; mais, aussi près de ce point qu'ii nous : FA fut possible de débarquer sans être vus, nous érigeâmes un }

| signal, et nous y enfouimes une cache de pemmican; nous FLE fimes un dépôt semblable sur extrémité du cap Parry, et nous l’indiquâmes par un tas de pierres peintes.

« Après avoir doublé ce cap, nous aperçûmes pour la pre-

mière fois des amas de glaces flottantes, dont le nombre augmenta à mesure que nous approchions des détroits du Dolphin et de l'Union; mais sur c'tte partie de la côte nous ne vimes plus d'Esquimaux, quoique nous eussions aperçu quelques traces récentes de leurs détachements de chasseurs.

« Le 22 août, nous eûmes un fori coup de vent d'ouest, à l’aide duquel nous courûmes à la voile pendant quelques heures; mais la brise ayant rapidement augmenté, de manière à devenir une violente tempête, nous fûmes forcés, pour la sûrelé des canots, de les faire passer au milieu des glaces éparses, formant une banquise auprès de la pointe Cockburn. Pendant la nuit, il passa beaucoup de glaces flottantes, et le lendemain matin nous nous trouvâmes enfermés dans une banquise épaisse, qui s’étendait ausi loin que la vue pouvait porter, Jusqu'à ce moment nous avion: eu la température habituelle des étés de cette région; mais l'air devint très-froid, et nous eûmes continuellement de la gelée, et fréquemment des tempêtes de neige pendant toute la durée de notre séjour à Ja côte. En nous tenant près de la plage, daus les endroits où le peu de profondeur de l’eau empêchait d'arriver les plus grandes masses de glaces; en coupant des passages pour les bateaux là où les glaces s'étaient amoncelées contre les rochers, en halant les bateaux par-dessus les glaces les moins élevées ; en faisant des portages le long de la côte, lorsque les circonstances l'exigeaient; enfin, en profitant de quelques espaces de mer libre que nous rencontrâmes, nous parvinmes avec beaucoup de peine à arriver, vers la fin du mois, dans une baie comprise entre les caps Hearne et Kendall. J'avais déjà jugé convenable, pour dominer la fatigue de l'équipage, de laisser un

des canots, avec sa charge de pemmican, sous le côté nord

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