‹ Voyages et découvertes outre mer au XIXe siècle [microforme]Chapitre 54 sur 77 · SE SR · texte numérisé non relu

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Bellot partit avec quatre matelots, et atteignit, le 18 août, la limite des glaces. 11 lança à l’eau un petit canot en caoutchouc qu’il avait emporté, et qui ne pouvait être monté que par deux ou trois hommes au plus. Deux matelots s’y embarquèrent munis d’un bout de filin, et, malgré un vent violent et contraire, parvinrent à gagner le rivage. Leurs camarades, restés sur la glace avec le lieutenant, leur firent passer, à l’aide du cordage, toutes les provisions, et, cette tâche terminée, ils s’efforçaient de ramener à eux cette frôle embarcation, lorsque tout à coup l’île de glace sur laquelle ils se trouvaient, poussée par une brusque rafale du sud-est, se mit en mouvement et les entraîna au milieu du détroit. Au fort de la tempête échaînée, le canot, qu'ils avaient réussi à rameuer, ne pouvait leur être d'aucuns ntilité. Qu’allaient-ils devenir, ainsi isolés, sans abri, sans provisions, sans espoir de secours ?

& Notre situation, dit Bellot à ses deux compagnons d’infortune, me semble désespérée, car nous sommes entraînés vers le nord ; mais je connais ies devoirs d’un officier, et j'aime mieux, en ce moment, être ici qu'à terre. Mettons notre confiance en Dieu. »

Pour se garantir du froid et du vent, les trois malheureux ne purent rien faire de mieux que de se creuser, avec leurs couteaux, dans un monticule de glace, une sorte de tanière, où ils se bottirent pour nasser la nuit.

À huit heures du matin, Bellot quitte ce réduit et s’avance sur Pilat flottant, afin de reconnaitre l’état des choses. La tourmente était au paroxysme de sa fureur. Au bout de quelques minutes, les matelots, ne le voyant pas revenir, l'appel-

lent à plusieurs reprises, mais en vain. [ls s’avancent hors

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