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dans les greniers, d'hommes et de baquets pleins d’eau pour l’éteindre,
Ensuitte de cette visite, retournés chez les missionnaires où un quart d'heures après, les sauvages vinrent demander la permission de me voir, à quoi consenti. Ils se présentèrent environ une trentaine, le grand chef à leur tête, vêtu comme celui du village du sault ; ensuitte marchaïent les particuliers des bandes qui portaient la médaille, et après eux, les guerriers ; tous entrés dans une salle, assis sur des bancs, ils allumèrent leur calumet. Après quoi, m’étant mis dans un fauteuil, l’un d’eux, réputé le meilleur orateur, m’harangua pour me féliciter de mon arrivée, du bonheur que j'avais eu de parvenir jusqu’à eux sans le moindre accident, et pour me remercier de la visite que je leur faisais. A quoy répondu que je leur étais bien obligé de la part
w’ils prenaient à mon heureuse arrivée, et que leur
délité et leur affection au roy notre maître m'avaient engagé à les venir voir pour examiner si l'enceinte de leur village était d’une force capable de résister aux insultes de leurs nations ennemies. Ils répliquèrent qu'ils m’étaient bien obligés, qu’ils m'observaient à cet égard que leur redoute ou blockhouse, cottées au Plan E F, était trop en avant de l’enceinte, que même la dite enceinte est trop étendue, et que le village était ouvert du côté de la rivière. Ils requerraient qu'il fut totalement fermé-pour être plus en sûreté. Ma réponse fut que je rendrais compte au nouveau général de leurs représentations, et que pour témoignage de l'effet que j'en espérais à leur satisfaction, je les priais d’accepter un rouleau de tabac.
L’arrangueur se mit à parler de nouveau pour me remercier de ce présent, Ces gens là, comme on l’a dit cy-devant, ne paslent que par figures ; ils me firent entendre, qu’étant rare et cher, ce secours leur était d'autant plus agréable que leur santé souffrait d’en manquer.
Na.— Que les sauvages, à mesure que l’orateur parle conformément à leur intention, applaudissent par un «hé » ! ! qu'ils tirent de la poitrine. Ce : « hé », est une espèce d’applaudissement qu’ils donnent à ce qui est avancé de Jeur part.
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Si l’on veut avoir une plus ample connaissance des fortifications de ce village, il n’y aura qu’à lire le mémoire envoyé à la Cour.
La visite finie, ils sortirent en me prenant tous la main ; je les accompagnay. Après quoy, rentrés däns la chambre où étaient les prêtres, je pris les informations suivantes :
Que le village était composé de quatre nations, savoir :
, à Ces deux nations parlent assez la D'aitins jmème langue à quelques petites vi * différences près.
De Nipissingues et de Français.
Les iroquois sont dans un canton séparé, logés dans des maisons de bois construites de pièces sur pièces à la française et de figures quarrées ou quarré long, comme ceux du Sault St. Louis. Ils sont originaires des cinq nations ; et pour que ce soit apparent qee c'est la religion qui les fixe dans ce village, il est plus à croire que c’est leur intérêt. Ils partent ordinairement après le jour des trépassés pour aller en chasse avec femme etenfants ; une partie d’eux revient à Noël, et les autres à la Chandeleur. Ils ne sont ordinairement chargés que de chevreuils. Ils séjournent jusqu’ar lendemain des Cendres où ils partent pour aller faire de la pelleterie de castors et de martres. Ils cultivent la terre, recueillent du bled d'inde, des fèves, des pois et autres légumes ; ils trafiquent beaucoup avec leurs frères des cinq nations qui leur procurent des anglais beaucoup de marchandises en troc de leurs castors.
Les cinq nations étaient cy devant composées des Agniez, Montagnais, Tsonnontouans, Goyogoins, et Onoyottes ; mais par des difficultés survenues entre elles, les hr s’en sont séparés, et les quatre autres ont adopté à leur place les Cascarorins.
Na.—Que les Agniez sont déclarés partisans et amis de l'Anglais, que dans la dernière guerre ils étaient les ennemis les plus cruels des français. Le village qu’ils habitent est voisin d’un autre nommé Corbuc, de la Nouvelle Angleterre.
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Tous les sauvages des cinq nations susdites résident à 50 lieues, aux environs, dans le sud du lac Ontario. Leur proximité de la Nouvelle Angleterre fait qu’ils y commercent plus qu'avec nous. Par letraité d'Utrech {, la France les reconnaît mal à propos, suivant eux, soumis à la Grande Bretagne ; néanmoins, ils n’y sont pas plus attachés qu’à la France. Ils prétendent se maintenir dans une neutralité, lors d’une guerre entre ces deux puissances. Il est vrai que dans la dernière, quelqu'un d'eux ayant fait coup sur nous, le gros de la nation les a désavoués. Ils considài::t le Roy comme leur père et celui d'Angleterre comme leur frère, donnent la loy à toutes les nations quelconques qui ont des relations avec nous sur le party qu’il y a à prendre, lors d’une rupture avec elles et avec l'Angleterre, se croyent être les maîtres et souverains chez eux de pouvoir y attirer qui bon leur semble pour la traite des marchandises, sans qu'aucune des deux puissances susdittes puisse les obliger à se fixer à aucune d’elles ; enfin, ce sont les sauvages les plus forts, les plus redoutables et les plus en considération de la partie connue de l'Amérique. Aussi, leur rend on des honneurs, comme on l’a dit à l’article de Montréal du mémoire envoyé à la our, lorsqu'ils viennent en députation et apportent des colliers au général ce la Nouvelle France et en recevoir les présents ordinaires.
La porcelaine dont se fait les colliers, et dont les sauvages font tant de cas, se vend 30 sols Île ®; elle ne se fait qu'à la Nouvelle Angleterre : c’est l'émail bleu et blanc que l'on tire adroitement d’un coquillage qui ressemble beaucoup à l’huitre, néanmoins plus gros ; il s’en trouve beaucoup à l'Ile St. Jean, et sûrement, s’il y avait des ouvriers experts à le travailler, on pourrait en fabriquer, A mon avis il ne serait pas difficile d'y parvenir : il n’y aurait qu’à payer un homme grassement et l'envoyer sur les lieux pour apprendre le métier.
Les Algonkins et Nipissingues ont chacun leurcanton, Quoique ces deux nations soient amies, leurs maisons ne sont point mêlées ; elles sont voisines et bâties à la française, et de même figure et construction que celle des iroquois.