LE 9 TRAVERSÉE DU FLEUVE
Du village de la Prairie et de sa communication au fort St. Jean
M. Varrin prévenu de la routte que je devais tenir pour continuer ma visite dans les autres postes, s’élait donné la peine d’arranger tout ce qu’il me fallait pour ce voyage. A cet effet, il m’avait fait tenir un batteau prêt pour faire la traversée du fleuve. On avait ordonné un autre au fort St. Jean pour me porter à celui de St. Frédéric, m'avait fait préparer un diner au village de la Prairie, et s'était chargé de me faire trouver mon balteau pris à Québec, au fort Chambly, afin de m'éviter la peine de rabattre à Montréal.
Sortis de cette ville à huit heures du matin, montés
À en batteau à la porte de la canoterie, mais mis à terre tout de suitte à la sollicitation de M. le Chevalier de la
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Corne pour monter en calèche et me rendre à la pointe St. Charles, éloignée d’une lieue de cette ville, où, de nécessilé, le batteau devait passer, traversé toute la ville, rendu chez lui où accueilly au mieux de Mde. son épouse, y mangé un morceau et bus deux coups. Après quoy, montés en voiture et parvenus à la dite pointe, y trouvé Mde. la Ronde, jeune femme qui me demanda l’agrément de profiter de cette occasion pour aller joindre Mr. son mari, enseigne en second, et pour lors en garnison au dit fort St. Frédéric, à quoy consenti. Embarqués à l'instant avec M. de Coane et Mr. de Surville, aussi enseigne détaché au dit fort, de manière que compris deux domestiques, le nommé Saintonge pilote du lac Champlain, 12 nageurs et un conducteur pour la traversée du fleuve seulement : nous étions 20 personnes.
Après avoir dérapé et poussé au large, pr par le travers du chenal d’entre l’ile de Montréal et celle de St. Paul, cotoyés les terres de cette dernière, environ à 200 toises de distance de ses bords, montés le saut Normand qui est un rapide difficile à surmonter, vus sur la droitte, assez près du dit saut, une batterie de roches qui découvrent, et un peu plus loing, environ à 100 toises en deçà de la pointe de l’est de la dite isle, fait la traversée du fleuve : on l'estime de ? de lieues, rencontré des canots qui descendaient des pays d’en haut et enfin arrivé à la gorge du village de fa rairie,
Na.— Que nous échouâmes un instant sur les roches du rapide mentionné, et que ce ne fût qu’avec peine que nous nous relevâmes, qu'avant d'y arriver l’on découvrit le chenal d’entre la ditte isle St. Paul et celle aux Hérons, qu'entre cette dernière et la grande terre est le passage le plus pratiqué pour monter le Saut St. louis et pour se rendre à la rivière de Katarakouy,
u'à peu près vers le milieu du fleuve est un plateau e sable, que le dit village est établi à la naissance d’une grande anse dans le fleuve de laquelle débouche la rivière de la Tortue, et qu'entre elle et la dite de Katarakouy se décharge celle de Chateaugué, que tous ces objets et le village du saut scitués sur la même terre, dev peut aller de l’un à l’autre en cotoyarit les bords du débouché vis-à-vis l’isle à Péraut, et que la
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proie d’entre elle et la grande rivière, appartenant M. de Vaudreuil et Longueuil, moitié par moitié, n’a qu’une lieue de largeur dans la partie habitée.
Après avoir mis à terre au dit village, et :sités M. du Vivier, lieutenant y commandant et Mde son épouse, ” le nommé Saintonge chargé des ordres de M. Varrin nous conduisit chez le Sieur Volant,ou trouvés un grand diner apprêlé par les soins du commissaire.
L'on se mit à table. Nous étions bien une douzaine de personnes. Le curé et le beau monde du lieu semblaient y être rassemblés pour me faire honneur. Après le repas, discourus beaucoup sur le village. Le curé qui est uu séculier, l’estime de 300 feux et lun des plus considérables de la colonie. Il comprend dans son milieu un fort contourné d’une enceinte de pieux de 12 pieds d’hauteur mais si négligée et délabrée aujourd’hui, qu’à la première guerre, il faudra le rétablir à neuf.
Na.—Dans le dessein que la Cour a saisi par son ordonnance du de former des villages dans les seigneuries que les chefs de la colonie trouvent les plus convenables à les y rétablir, on représente, que chacune des seiwneuries a son église et son clocher, que les habitants y attachés en sont jaloux, et répugnent
e répondre en aucunes façons de toutes autres si voisines qu’elles puissent être ; partani, que ce serait des villages à former.
D'ailleurs, SPAS par ce terme de village ?
est-ce rassembler les maisons pour que les habitants, élant plus en force, puissent mieux s’y défendre contre les nations sauvages ? et quel espace donné à ce prétendu village ? on ne le dit point.
Mon avis serait que comme les habitants d’une seigneurie de ? lieues de front sur autant de profondeur, sont tous répandus sur les terrains qui leur ont été concédés pour la facilité d’y veiller et de les travailler, et par conséquent trop éloignés l’un de lautre pour s’'entre secourir au besoin, qu’on fixe autour de l’église un espace de 100 à 150 ou 200 toises en quarré que l’on couperait par des rues de 24 pieds, dans lequel ceux des habitants qui professent un métier, puissent s’établir, et où les autres pourraient s’y former un petit domicile pour s’y retirer au besoin avec leurs femmes,
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leurs enfants et leurs effets les plus chers, et enfin que cet espace fut fermé d’une enceinte de pieux, et percé de deux portes éloignées des maisons de 9 pieds et bien flanqué dans toutes les parties.
Après quoi, monté à cheval faute de Calèche, avec M. Surville, de Coune, Saintonge et mon valet seulement, et accompagné de tout le reste de notre monde à pied, et de 3 charrettes aitelées de deux chevaux pour
orter mes équipages, suivi le chemin qui conduit au ort St. Jean. Je l'ai considéré dans le mémoire envoyé à la Cour en deux parties. Ainsi, j'y suis cet arrangement pour y faire mention des objets qui peuvent m'être échappés. Je dirai donc qu’à un quart de lieue en deçà du premier bois est la maison du nommé Comtois, le dernier je crois de la seigneurie, établie à l'endroit nommé a Bataille, à cause d’un petit combat qui s’y donna cy-devant entre un détachement anglais et un autre français commandé par Mr. de Varennes; qu'entre l'entrée dans le ler bois et le fleuve, les terres y sont bonnes et propres à la culture.
Qu’à peu près dans le milieu de la traversée de ce bois sur la gauche, est le moulin dont on fait mention, que les Jésuites font construire sur la rivière de Montréal. On ne dira rien de cet établissement, sinon qu'il ne saurait qu'être très-profitable à ces révérends pères, et quoiqu'éloigné des habitations, fort utile au public.
Que la ditte rivière a son cours à travers les bois et va se confondre dans la Rivière de Richelieu au dessous du fort Chambly, et que les ponts brûlés dont on a parlé, demandent un prompt rétablissement,
Na.—On observe à cet égard que quoique les ponts paraissent avoir été brûlés méchamment et de dessein prémédité, que souvent le feu prend dans les bois, qu’il y brûle pendant tout l'été, que souvent il ne s'éteint qu'aux approches de l'hiver et qu'après avoir fait beaucoup de ravages.
Ces accidents provrennent le plus communément de l’inattention des sauvages, des chasseurs et des coureurs de geinseing à éteindre le feu qu’ils ont coutume de faire pour leurs besoins.
A la sortie de ce premier bois, le chemin prend à gauche jusqu’à une savanne, et à travers d'un défriché
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sur lequel était cy-devant une maison dont on voit encore les vestiges ; il s’en faut beaucoup que le territoire y soit aussi bon que celui d’en deça de ce bois. Parvenu à la dite savanne, il est tiré en ligne droitte, et son allignement continue à travers. L'on a dit ce que c'était qu’une savanne, et fait mention des inconvénients de la traversée de ce bois, il ne reste qu’à faire savoir qu’à son extrémité il y prend tout court à droitte pere 7 à 800 toises, et qu'il aboutit au dit fort St. ean.
Arrivés au fort à 7 heures et demie du soir, salués aux approches de 7 coups de boite, reçus en dehors de son enceinte de Mr. d’Artigny, enseigne en pied y commandant, et des troupes en haye, y entrés, y accueillis gracieusement par Mde. d’Artigny, y donné l’ordre, y soupé avec ie sieur Lacroix garde magazin, et sa femme, et couché dans la même chambre que le maître et la maîtresse du logement.
Ce fort est établi en dessus de tous les rapides de la rivière Richelieu et sur ses bords. Le mémoire envoyé à la Cour fait mention de sa scituation, de sa force et de sa construction. J’y ajouteray seulement qu'il est totalement en bois, que les bâtiments sont percés d’autant d'embrazures et de crénaux qu'il y en a de marqués au plan, et que les courtines sont telles que le profil les représente.
DU FORT ST. JEAN ET DE LA ROUTE, LE 10, 11 ET 12 JUSQU'AU FORT ST. FRÉDÉRIC.
La pointe du jour venue, nous nous levâmes affin d'être en état de partir de grand matin. Parcourus le fort tant.en dehors qu’en dedans. On ne saurait disconvenir qu’il ne soit d’une construction trop forte contre de la mousqueterie, et trop faible contre du canon, et comme il n’est pas possible d’y en conduire qu’à grands frais et avec beaucoup de peine, on se contente de n’y proposer que quelques augmentations capables de le
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rendre à l’abri d'un coup de main. On estime que la rivière y est large de 120 toises.
Na.—Qu'eu égard au peu de largeur de cette rivière, il faudra faire de la rive de l’est un défriché vis-à-vis de ce fort, sans quoy, un sauvage y embusqué, empècherait d’en sortir, et même d’en approcher sans courir les risques d'y être assassinés.
Après avoir remercié Mr. et Mde d’Artigny de leur bonne réception, et pris congé d’eux, sortis du fort, salués des mêmes honneurs que j'y avais reçus en y entrant, et montés entre les 5 à 6 heures du matin sur un batteau de même figure, et même construction que celui qui m'a été fourni à Québec pour mon voyage. Il faisait un peu de vent du sud ouest, totalement contraire à la route à tenir, mais l’espérance de le voir tomber et l’envie d'aller de l'avant firent que nous nous embarquâmes sans hésiter.
Cotoyés la rive de l’ouest, j’apperçus les arbres mdtachés, et tout vis à vis la rivière de ce nom.
Na.—Cet endroit est nommé tel pour exprimer que dans un massacre qui s’y commit lors des premières guerres avec les sauvages, il y eut une si grande quantité de sang répandu, que les arbres en furent marqués.
De là, passés au petit détroit nommé tel, à cause que dans cet endroit la rivière y est étranglée.
Repris plus avant les terres de l’ouest, passés devant le débouché de la rivière à Bleury, laissés sur la gauche les quatre petites isles, la rivière du sud, et mis à terre pour diner, à la pointe à Boileau, située par le travers de la grande isle aux noix. :
Que jusque là les terres de l’ouest sont extrêmement basses et marécageuses.
Que cette pointe à Boileau tire son nom d’un habitant qui y demeurait avant la guerre.
Que la barque de 45 tonneaux que le Roy entretient au fort St. Jean, pour transporter les vivres et munitions au fort St. Frédéric, passe entre la terre de l’est et la dite isle aux Noix.
Que le chenal y est balisé, et qu’on estime à 5 lieues depuis Le fort St. Jean jusqu’à cet endroïii.
Après avoir dinés et rembarqués, passés par le travers du barachois de Boileau éloigné de la pointe de ce
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nom de 400 toises, y traversés la rivière et joins les terres de l’est par le chenal d’entre ces dernières iles, continués ensuite à les longer ; vus du même coté la nouvelle habitation de Mde. de Croisy, scituée dans l'isle Langevin et la grande aux Têtes, et de l’autre le débouché de la rivière à la Colle, passés dans le chenal d’entre les dittes terres et les susdites isles aux Têtes. Apperçu encore à l’est l’ancienne habitation de la ditte Dame, y salués d’une vingtaine de coups de fusil que des sauvages y assemblés, me tirèrent, et mis à terre un peu au dessous, près de l'habitation du nommé la Bonté.
Na.—Que la distance d’entre la grande isle aux Tètes et la petite de ce nom n’est que de 300 toises. Onnomme telles ces isles à cause d’un massacre de 14 Agniers par des français qui exposèrent leurs têles au bout de piques.
Et que pour reconnaitre la politesse des sauvages, je leur fis délivrer en passant une bouteille d’eau de vie.
Arrivés chez le dit la Bonté, soupés et couchés dans une grande tente qu'on m'avait fourni à Moutréal, essuyés un orage des plus terribles toute la nuit accompagné de pluye abondante qui ne discontinua point, et de coups de tonnerre effrayants,
On estime 9 lieues du dit fort St Jean à l’habitation du dit la Bonté.
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Levés de grand matin et embarqués à bonne beure.
Na—Que les sauvages de la veille se trouvèrent à mon départ, sous prétexte de me saluer et de rapporter la bouteille vide, mais plus vraisemb'ablement par l'envie d’en avoir une autre pleine que je leur fis distribuer.
Que cet habitant n’est point encore bien établi, qu'il travaille à des défriches, mais qu’il est gêné par le pacage de ses bestiaux, le propriétaire de la seigneurie sur laquelle il est établi, et ceux des voisins ne voulant
as qu ils les étendent ailleurs que sur le terrain qui ui a été concédé; selon moi, il faudrait que la Cour
prononça sur cet objet, et que pour accélérer les établissements sur ces seigneuries et autres, elle autorisa d'y paccager partout, néanmoins jusqu’à temps seulement qu’elles seront pourvues et fournies d’une vingtaine d'habitants.
Suivis assez le milieu de la rivière, vus sur lesterres de l’ouest, la pointe au Pin,et sur celle de l’est des vestiges de quelques habitations ruinées pendant la guerre, la pointe de l’Algonkin sur laquelle est établi un moulin à vent pour bled et tout joignant une anse du nom de la dite pointe.
Na.—Cette pointe est nommée telle par l’assassinat qu'un sauvage de cette nation y fit de 6 iroquois, de 7 qu'ils étaient ; comme l'aventure est aussi hardie que singulière, on va la rapporter ici :
Cet algonkin était prisonnier et attaché à un poteau sous la garde d’un des iroquois,etsa mort était assurée pour le retour des 6 autres qui étaient allés en chasse ; il avait une femme assez jolie de laquelle son gardien devint amoureux. Il s’en aperçutet peut être sa femme plus que lui ; quoiqu'il en soit, il lui dit de se prêter aux mouvements de sou ennemi et que s’il lui restait encore de l’a nitié pour lui, c'était une occasion de le remettre en liberté, qu'à cet effet elle n'avait qu’à répondre aux empressements de lIroquois, et que lorsqu'il serait entièrement livré à ses transports, de le percer d’un coup d'halène à l'endroit qu’elle lui sentirait battre le cœur ; eusuitte, qu’elle s'en débarrasserait et viendrait lui couper ses liens. Ce conseil suivi à la lettre et mis à exécution bien adroitement, l’algonkin détaché acheva de mettre à mort son gardien d'un coup de casse tête. li se saisit du fusil de son ennemi et s’en fut attendre les auties à leur retour de la chasse ; heureurement pour lui qu’ils s’en revinrent tous l’un après lautre. Il tua le premier qui parut, et de son fusil ii assassinat le second.et successivement troisautres. Quand au dernier, il ne fit que le désarmer et le renvoya au village de sa nation pour y porter la nouvelle de la défaite de ses camarades,
Au delà, rangés insensiblement les terres de l’ouest suivant le tracé marqué à la carte, vûs sur la gauche l'isle à la Motte, celle située à la pointe du nord, et à
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droite, le débouché de la grande et de la petite rivière de chagy, et l’anse plus proprement parler baye, d’entre ces deux rivières.
Na.—Que dans le fonds de cette anse, l’on découvre les ruines de quelques habitations.
Que sur l’une des pointes de l’ouest de l’isle la Motte, l’on apperçoit les vestiges de l’ancien fort français.
Que le débouché des rivières susdites se découvre au large par l’éclaircy que forment leurs cours dans l’épaisseur du bois.
Plus loin, suivis toujours les mêmes terres, y vus les pointes à la nazarde, et du détour, et sur la gauche la grande île de contre cœur, les quatre autres aux bois blancs et le chenal qui coupe cette première ; passés ensuite par le travers de l’anse à la grosse roche, et assez près d’un cap fort élevé. Là les rives sont hautes et deviennent montagneuses,
Na.—Qu'à ce cap se trouve ordinairement des serpents à sonnettes et que c’est le commencement du pays qu'ils habitent.
Cet anse et Le dit cap doublés, passés par le travers de la Baye du Pérou, qu’on estime à 3 lieues enfoncée dans les terres ; doublés aussi la pointe de l’islette de ce nom. De là, mis à terre à la pointe au canot, scituée à peu près à même hauteur que les isles aux 4 vents.
On estime vingt lieues depuis l'habitation du dit la Bonté jusqu’à la dite pointe au canot, il y eut jusqu’à huit heures du matin du calme, ensuite un vent de nord est qui permit de porter la voile, de manière qu’on allait grand train et qu’on arriva encore quoiqu’on eût fait beaucoup de chemin fort à bonne heure.
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Embarqués à 4 heures du matin par un temps assez calme, rangés loujours les terres de l’ouest, y apperçus le débouché de la ri 'ière à Baquet, et de l’autre côté les isles Woinoustic ct Rodziou, doublés la pointe qui, forme la dite rivière, et de là parvenus au rocher fendu, nommé tel à cause d’une fente dont il est traversé.
Apperçus, assez vis à vis, l’Isle à la Peni, la Baye des 3 isles et la petite rivière aux loutres ; passés ensuite par le travers de la petite anse à St. Martin. Plus loing, laissé à gauche le débouché de la grande rivière du nom de cette dernière, les isles à Sabrevoix, à la barque, au boiteux, et à droite la grande anse du nom de cette baye, et encore à gauche les isles à l’ardoise, et enfin parvenus au fort St. Frédéric.
Na.—Que les terres de l’est se soutienn:nt assez unies et plattes, mais que celles de l’ouest sont montagneuses, escarpées et proprement fermées d’une chaine de roches; qu’il n’y a aucune habitation ni moyen d’en établir, mais que de l’autre côté l’on en apperçoit par le travers des isles à l’ardoise qui se continuent jusqu’au dit fort et même au delà.
Salués aux approches de ce fort de 21 coups de canon et reçus au dehors par Mr. de Lusignan, capitaine d’une des compagnies de la marine y commandant, par Îles officiers de la garnison, par l’aumonier, par le garde magasin et par autres gens y résidants, eten dedans, par la garde en haye et fusil sur l'épaule ; mantés ensuite dans la redoute, y accueilli gracieusement par Mde. la commandante. Ensuitte, passés dans l’appartement qui m'était destiné, y reposé et y décrassé. Après quoy soupé au mieux et y retiré à bonne heure.
On estime 13 lieues de la pointe au canot au dit fort, Pourtant, suivant l’état des 3 journées employés à ce voyage, il n’y aurait depuis le fort St. Jean que 42 lieues, mais on en compte communément 45.
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