‹ Voyages et mémoires sur le Canada [microforme]Chapitre 29 sur 78 · PL LE · texte numérisé non relu

PL LE

Sortis de chez la Bonté À 6 heures du matin, passés tout le long des terres du ouest de la grande isle aux têtes, laissés à droite celle Langevin, à gauche le débouché de la rivière à la côte, au delà, encore à droite la grande isle aux noix, et les deux islets de sa pointe d’amont et d'aval, la rivière du Sud, les quatre petites isles, et à gauche, la rivière Bieury ; un peu au dessous est l'endroit nommé le petit détroit,

Passés par son milieu, e:: laissant d'un colé, à gauche, les arbres matachés, et de l’autre, la rivière de ce nom, et arrivés à onze heures da matin au fort St. Jean.

On estime que sous le commandement du fort St. Jean sont 12 habitations, et qu'il conviendrait y en attirer un plus grand nombre, affin de les lier avec ceiles du lac Champlain, et par SUCCession, pour voir

joindre celles-cy à d’autres dépendantes du fort St, Frédéric.

Mis à terre au fort St, Jean pour remercier de nouveau le commandant des politesses que j'en avais reçues, et de Mde. son épouse, pour y débarquer une parie de mes canotiers, pour y prendre d’autres pratiques du dessous de cette Eiriine, et des trois rapides qu'il faut sauter et pour indiquer ? à ceux qui étaient descendus le chemin qu'ils devaient tenir le long de ses bords

our se rendre au fort Chambly où mon batteau de Québec parti de Montréül m'attendait, Après avoir passé environ une heure dans ce fort, rembarqués, fait route par le milieu de la rivière environ un quart de lieue jusqu'à l'endroit où commence le rapide St Jean. Les eaux étaient extrèmement basses, et nos conducteurs prévoyaient des difficultés à le sauter et encore plus aux deux autres ; néanmoins, après s'être concertés ensemble pour la routte à tenir, ils se l£issèrent dériver à l'endroit où le courant leur paraissait le plus fort, et où il formait moins de chutie; y parvenus, ils évitaient les rochers avec des pe rc hes, mais malgié leur précaution et les secousses qu’on esssuyait à chaque instant, que le baïteau y touchait, ils l’échouèrent. On eut beau pousser, il n’y eut pas moyen de le retirer. Il fallut que deux des gens se missent dans l’eau gr au rte des bras ; enfin à force de le soulever, ils le mirent en mouvement, On continua de marcher en zigzag par le travers des passages d’entre une roche à l’autre, et toujours en gardant le milieu de la rivière ; parvenus au dessous de ce rapide, laissés à gauche le débouché de la rivière St, Jean, un petit islet au dessous, à droite l'endroit nommé les mille roches et suivis le chenal d’entre l'ile Ste. Thérèse et la grande ter.e du ouest.

Na.—Que ce rapide est estimé long de 750 toises, et que par le travers de l'Ile Ste, T hérèse, débouchent de la grande terre de l’est deux ruisseaux.

Ce passage est bon et net, ne présente rien de remarquable que la rivière des Iroquois qui débouche à peu rès par son milieu, À son extrémité d'en bas est un islet, et environ à 500 toises au delà, sur la grande

terre sont les ruines de l’ancien fort de Ste. Thérèse distant du rapide de ce nom de 400 toises.

Na—Que cette isle de Ste. Thérèse a de longueur une lieue ; qu’elle est toute boisée, et que dars le milieu de la distance de cet islet et Le dit fort est le fourneau au goudror,. ;

Mis à terre à ce fourneau plus par curiosité que par besoin, discourus avec les ouvriers et employés, et constaté le détail cy-après.

#*x EXPLICATION DE LA CONSTRUCTION DE CE FOURNEAU AU GOUDRON

Ce fourneau est fait en forme de cône ou de pain de sucre renversé, de 11 à 12 pieds de profondeur sur 22 à 24 pieds de diamètre à son ouverture A, et de deux dans le fonds ; les parois B sont couverts de pierres sèches et minces, posées à soc pour empêcher que le goudron en coulant n’entraine de la terre dans le fond. Un gril K de 8 à 9 pouces en quarré, fait en fer de 2 por 2s de grosseur, construit en damier, de sorte que les cases peuvent, être chacune de ? pouces quarrés, Ce gril est posé sur l'ouverture d'un tuyau E, de trois pieds d’hauteur, élevé en maçonnerie, bien perpendiculairement, et percé dans le fond sur l’un de ses côtés pour la facilité d'y appliquer l’auget F, fait en bois, posé un peu en pente ; il débouche au bas d’une tranchée faite dans le talus des terres, et au soutien desquelles on employe des fascines de bois équarris, du gazon, et en un mot de tout ce qu’on trouve de conveuuble pour en empêcher l’éboulement,

Page 1