‹ Voyages et mémoires sur le Canada [microforme]Chapitre 28 sur 78 · ARRANGEMENTS · texte numérisé non relu

ARRANGEMENTS

A ordonner au bien du service de ce fort et des établissements établis dans les environs, il faudrait que le commandant fût tenu d'envoyer tous les ans au général un recensement des habitants qui sont répandus le long du lac champlain, affin de pouvoir juger d’une année à l’autre du progrès de cet établissement.

Que la Cour accorda les vivres à tous les nouveaux établis pour 3 ans, et que le dit commandant arrêta l'état de ceux qui cesseraient d’en recevoir, et des autres à qui on les continuerait pour juger d’un coup d'œil de l’objet de cette dépense. Que le dit commandant exigea une déclaration des défrichés qu'ils feraient tous les ans de la quantité d'arpents qui seraient en culture, de grains qu’ils auraient recueillis et de ce qu'ils pourraient en vendre tous les ans, afin de les acheter pour la ’,ubsistance de ce poste. Au moyen du moulin qui s'y trouve ou les ferait moudre, et ils seraient en déduction de la fourniture complète qu’il faut attirer de Montréal ; partant, autant de frais de transport épargnés.

Que tous les soldats de cette colonie qui seraient dans le dessein de faire des établissements fussent envoyés dans cette partie; qu’on leur y fournit la ration comme s'ils étaient à la troupe, les outils propres à travailler la terre et les semences pendant 3 ans seulement, à cha:ge par eux de défricher 2 arpents par année, de se loger, de se marier, et d’être punis suivant la rigueur des ordonnances, pour les déserteurs, au cas qu’ils abandonnassent et passassent ailleurs ; c’est le seul moyen de former des habitations, moyen d'autant plus sûr que M. de Frontenac, ancien gouverneur de la

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colonie, le miten pratique avec beaucoup de succès ; etenfin, pour ne pas constituer le roi en soldats surnuméraires au complet des compagnies, si l’on était content de leurs travaux, ils seraient congédiés.

Que le commandant informa exactement Mr. le général et Mr. l’Intendant des réparations à faire tous les ans en entretien, aux fortifications et aux bâtiments, pour que, suivant les ordres qui lui seraient envoyés, on ordonna d’y travailler en évitant par ce moyen leur dépérissement.

Enfin, que comme on oblize tous les soldats faction naires des compagnies de bûcher tous les hiverts 15 cordes de bois au prix de 20 à 30 sols pour leur chauffage et celui des officiers et de tous les employés dans ce fort, que cette sujettion les révolte et leur fait saisir le dessein de déserter, que 3 l’année dernière et 5 celle-cy ont passé chez les anglais et ont déclaré que cette corvée en était la cause, on serait assez d'avis qu’on les en exempta, et que le bois indispensable au chauffage fut exploité aux frais du roi et en la forme mentionnée au mémoire de la cour.

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Suite de la route depuis le fort St. Frédéric par le lac Champlain jusqu'au fort Chambly.

Sortis du fort St. Frédéric entre 6 à 7 heures du matin, salué des mêmes honneurs que j'avais reçus à mon entrée ; après avoir fait mes adieux à tout le monde, pris congé de Mr. de Lusignan et accompagné de tous les officiers, embarqués tout de suitte et cotoyés les terres de l’est,

Vu en passant la sortie des eaux du marais qui contourne la pointe à la chevelure.

Passés ensuitte entre la grande terre et les 2 isles à l’ardoise, et dinés à celle du large.

Na —-Que depuis la dite pointe à la chevelure et ces isles, sont 6 autres pointes, entrautres celle de la Peur, qui est la dernière.

Rembarqués à une heure après midy; laissés sur la gauche l’isle au boiteux.

Na—Que depuis l’isle au boiteux jusqu’à celle-cy sont cinq anses, et qu'après avoir doublé la ditte rivière et une autre anse de son nom, fort étendue et à titre de grand marais.

Et que cette rivière aux loutres remonte au moins 30 lieues dans les terres, qu’elle est navigable en canot, et qu’elle présente des facilités pour pénétrer chez les anglais.

Au delà, cotoyant toujours la grande terre, passés par le travers du dit marais et mis à terre pour cou- Cher dans l’anse au chevreuil, située sur la gauche du débouché de la petite rivière aux loutres,

On estime depuis le dit fort St. Frédéric jusqu’à cet endroit 7 lieues ; comme le vent était contraire on fit peu de chemin ce jour là.

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Passés par le travers de la petite rivière aux loutres, doublésle cap au chevreuil, cotoyés la grande terre de la baye des trois iles, et passés entre elle et l’isle à la Peur.

Au delà, rangés les terres de l’est des isles des quatre vents, laissés à droite la baye des serpents, la pointe an Plâtre, celle au calumet, l’isle Rodziou, la pointe à la miscoine, l'ile Woinoustic, celle d'Ouinousky, et plus loing celle à la souris, Cotoyés les terres de l’est de l'isle aux cèdres et y descendus pour y déjeuner.

Na.—Qu'étant à l’isle aux cèdres, on y prit des connaissances de tout ce qui intéresse le chénal qui conduit à la baye de Michiscouy que j'avais envie de la pénétrer, mais que comme le vent était tant soit peu forcé, et d’ailleurs contraire, les canotiers craignirent de ly trouver trop fort, et ils me déterminèrent à ranger les terres de l’ouest de la grande isle de Contrecæur ; et

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w’entre la rivière au Sable et Ouinousky, c’est l’enroit le plus large de celle de Champlain ; on y estime quatre à cinq lieues d’un bord à l’autre,

Rembarqués une heure après, cotoyés la dite isle, ensuite celle de la pointe au sud de la ditte isle de Contresœur, laissés à gauche le rocher rodziou et l'isle de la Providence, rangés les terres de l’ouest de la grande isle, et dinés dans la seconde des anses, qu’elle forme dans cette partie jusqu’au chenal qui la traverse,

Après le diner pris au large pour laisser sur la droitte les isles aux bois blancs, apperçus par le travers du chenal de la pointe du sud de l’isle la motte, et celle du nord de la ditte de Contrecœur, la pointe de ia Baye de Michiscouy,—rangés les terres du ouest de la ditte isle la motte, vers les deux islets de sa pointe du nord, et suivis au delà le milieu de la rivière, et descendus à l'habitation du nommé la Bonté.

Na.—Que depuis le lac St. Sacrement jusqu’à la pointe à l’Algonkin, les bords de la grande terre et les isles dont on a parlé, sont couvertes de toutes sortes de bois, comme :

Erable Plaigne—espèce d’érable— Frêne

Cèdre rouge

Cèdre blanc

Chène rouge

Chène blanc

Hêtre

Epinette blanche

Epinette rouge

Prûche

Pin rouge

Pin blanc

Bois blanc.

Et quantité d’arbrisseaux, entr’autres des cotonniers, des vinaigriers et des génèvriers ; que cette rivière est extremement poisscuneuse, qu'elle fournit abondamment des masquinongés, des carpes, des achigans, des barres, des poissons dorés et quantité d’autres exceiients à mcager.

Qu'en voyageant sur cette rivière, on rencentre toujours des canats sauvages qui vont chez les Anglais ou en reviennent, et que même comme il y en a toujours

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quelques uns cabannés le long des petites rivières qui débouchent dans celle-cy ; ils se présentent pour vendre des quantités de chevreuil, ou de l'ours, qui sont très communs dans ce canton,

Qu'après avoir raisonné de nouveau avec le dit la Bonté sur son établissement, j'entrai chez lui ; je fus surpris dy voir un jeune chevreuil apprivoisé comme Un agneau, sautant, gambadant d'un lit À l’autre et léchant et caressant comme un chien. L’envie me prit de l'acheter, Son petit caractère, joint à la singularité de sa robe qui était matachée de blanc et de rouge, m'invitèrent à proposer au maitre de l’acheter et de me le céder ; il eut peine à y consentir et ses enfants encore plus; mais, à la vue de deux écus de 6 livres, il fut à moi.

Et que Mde. Croisy, dont on a fait mention, vint me présenter de la part de Mr, de Noyan, major de Montréal, deux canards branchus, nominés tels à cause qu'ils perchent sur les arbres ; 1 mile st d'un plumage Curieux, gros, et la femelle, beaucoup plus mince, Je les acceptai pour les porter en France.

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