‹ Voyages et mémoires sur le Canada [microforme]Chapitre 31 sur 78 · PAL · texte numérisé non relu

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À 200 toises au delà de ce fourneau est l’ancien fort Ste. Thérèse ; fait le chemin à pied d’un endroit à l’autre, tandis que le batteau allait m’attendre à ce dernier, Son enceinte était totalement en pieux. Ce qui en reste fait connaître que sa figure était irrégulière ; il était assez grand et renfermait une maison et un magasin de pièces sur pièces qui subsistent encore aujourd’hui, même en assez bon état, et que des particu- Mers réclament leur appartenir, sans trop dire à quel titre ; après une promenade un peu longue autour de ce fort, embarqués pour nous rendre à celui de Chambly, gagnés insensiblement le milieu de la rivière en raisonnant sur le parti à prendre pour sauter le rapide de Ste. Thérèse. Les uns voulaient prendre à gauche, d’autres à droite; et pendant le petit débat qu’engendraient les avis différents, le batteau s'avançait toujours, et nécessité fut de se présenter où le courant l’entrainait, Ce rapide est plus difficile que l’autre dans le temps des eaux basses; les chuttes d’une roche à l’autre y sont plus multipliées ; enfin, après en avoir évité un nombre et même quelques plâtiers qui se trouvent de distance à autre, nous fûmes surpris d'un orage furieux et d’une pluie qu’on ne saurait définir lant elle était abondante, et pendant que nous étions occupés à nous en garantir tant soit peu, notre batteau s’échoua si rudement sur une roche qu’il en fû' crevé. Nos gens se mirent les uns dans l’eau, d’autres à boucher le trou et à vider lo batteau qui emplissait, Le plus court party et le plus sûr fut de joindre la terre ; on y parvint non sans beaucoup de peine, Heureusement que nous étions à portée de l'endroit où on débarque ordinairement quand on veut éviter les rapides Chambly situés en dessous de celui-cy. Notre batteau ne permettait pas de le risquer. D'ailleurs, apres les difficultés dont j'avais 616 témoin pour franchir les deux premiers, je n’élais point curieux de m'exposer au troisième ; ainsi, après avoir mis à terre et détaché tout de suite un homme pour aller à Chambly chercher une charrette nécessaire au transport de nos équipages, suivis le chemin qui conduit à ce fort, Il est totalement dans le bois, mais toujours à portée des bords de la rivière : on l'appelle le portage de Beaucour, du nom de l'officier qui l’a ordonné ; vu

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en cotoyant cette rivière, les ruines d'un moulin à scie appartenant cy-devant à M. de Bleury ; à la sortie du bois entrés dans une plaine traversée de quelques habitations situées à droite et à gauche du chemin, et parvenus au dit fort, y reçus en dehors par M. Du Müy y commandant, salués en y entrant de 15 coups de boite et de la ga de en have, et accueillis en dedans par Mr. et Mde, Du Müy, dont le bon air et la bonne grâce, l’'avouerai-je ? me séduisirent à linstant. Après les premiers compliments, liberté me fut donnée d'entrer dans la chambre qui m'était destinée, tant pour me décrasser, changé de tout, que pour vider nos malles et faire seicher nos petits effets. Après ces premiers arrangements, nous rejoignimes les Dames, et après une conversation d’une demie heure, on se servit d'un souper où toutes sortes de poissons frais et des meille urs que fournit cette rivière, entr'autres, des achigans : j'y fis grande chair ; après quoi, donné l’ordre et retiré avant 9 heures du soir,

Na.—Environ à une lieue en dessous du fort Ste, Thérèse, et à peu près dans le milieu du rapide de ce nom, est la petite ile à Dupüy.

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