DE LA VILLE DE MONTRÉAL ET JE SES FORTIFICATIONS
Cette ville située par le 450 degré 43 minuttes de latitude, est assise à la rive du suil de l’isle de ce nom, si mieux l’on n'aime dire à celle du nord du fleuve St, Laurent ; elle est plus longue que large, assez bien percée et peuplée. La plupart des habitants ÿ sont
adonnés au commerce, principalement à celui connu sous le nom des pays d'en haut. Dans le nombre on en compte 7 à 8 riches de 150 à 200,000 livres, de manière qu'elle l'emporte pour l’excellsnce sur Québec,
Elle renferme dans ses murs des Jésuites et des récollets à titre de maisons de résidence, des prêtres sulpiciens
ui sont curés de la ville et seigneurs de l’isle, un hôtel
ieu desservi par 30 à 35 religieuses. et des sœurs de Ja congrégation ; et en dehors, il s’y forme un établis. sement de sœurs grises, dansune maison à titre d'hôpital desservi cy-devant par des frères charrons.
Le Roy est le s..gneur honoraire de la ville, mais le séminaire l’est du domaine utile. La justice y est royale ; elle est composée d’un lieutenant particulier, d'un procureur du Roy, et d’un greffier. Ces trois premiers sont nommés par sa Majesté, et ce dernier présenté par les prêtres doit en être approuvé ; son ressort pour les affaires contentieuses s'étend sur les 42 villages ou seigneuries dont le gouvernement est composé. Quant à la police. le juge n’en est chargé que dans la ville et dans s.. banlieue suulement ; au delà dans les côtes. elle est administrée par le subdé:égué de Mr. l’Intendant.
Son état major est complet ; il comprend un gouverneur, un lieutenant du Roy,un major, deux aidesmajors et un capitaine des portes. Sa garnison est plus ou moins forte, mais pour l'ordinaire elle est de 9 compagnies, composées chacune d’un capitaine, d’un lieutenant, d'un enseigne en premier, et. d’un autre en second ; il y a en outre, pour le service, un commissaire de la marine et un garde magasin.
La compagnie des Indes a le commerce exclusif du castor. On estime qu’il se monte d’une année à l’autre de 4 à 500,000 livres. Elle y entretient à cet effet un directeur. Quant à toutes les autres pelleteries, le commerce est libre à un chacun. C’est en cette ville où elles se vendent avant de descendre à Québec ; d’ailleurs, elle est le rendez-vous des sauvages qui y viennent à la fin d'avril, tant pour apporter des colliers au gouverneur, en recevoir des présents, que pour faire des représentations ; ils y séjournent jusqu’à la fin d’Aoust. II s’y en présente de toutes les nations, mais ceux dont on fait le
plus de cas sont connus sous le nom d’Iroquois. Aussi les salue-t-on du canon à leur arrivée et à leur départ.
Le séminaire dont on a parlé est considérable ; il comprend au moins trente prêtres dont plusieurs sont curés des seigneuries qui leur appartiennent,
Les bâtiments appartenant au Roy sont :
lo Un magasin aux vivres bien bâti et auque.
faisait une augmentation dans le courant de la campagne,
20 Un hangard pour les canots.
30 U..e boulangerie,
40 Un corps de garde à la place,
5° Un autre vis-à-vis la maison du général.
6° Une poudrière et trois hangards de planches, en dehors pour log r les sauvages.
Indépendamment de ces bâtiments, appartenant en propriété à sa Majesté, en sont d’autres loués et entretenus à ses dépens, savoir : la maison du général, celle de l’Intendant, celle du commissaire, cuile du garde magasin, et un hangard au dehors de la ville pour servir de magasin,