DE SA FORTIFICATION
Sa fortification est neuve ; elle consiste en une enceinte uniforme, bastionnée et avec flancs et courtines qui présentent des défenses reciproques dans toutes ses parties ; le terrain auquel il semble qu’on s’est assujetti a occasionné seulement du changement à quelques uns de ses fronts.
1° Depuis l’angle du bastion 8, jusqu’à la porte V de la canoterie, c’est ün revêtement de 12 pieds de hauteur, surmonté d’un mur crénelé de 7 pieds et adossé jusqu’au cordon d’une banquette de 9 pieds de large, soutenu par un contremur de 10 pieds de haut.
2° La partie d’entre l'épaule droite du bastion 14 et l'angle flanqué du bastion 2, a été établie sur berne et de même hauteur que la précédente. On observe seulement que la courtine brisée, eu égard aux angles qu’elle présente, pourrait souffrir quelque correction,
mais son élévation qui en fait la principale deffense, étant la même qu'au pourtour de l'enceinte, on croit devoir n’y rien changer pour le présent.
3° Les fronts d’entre 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14 et de 2 et 3 revêtus de même que les précédents. présentent plus de deffense, d'autant qu’il y a un fossé de 21 pieds de large sur les faces, revêtu à son bord extérieur d'un mur de 8 pieds de haut et couvert d'un glacis plus ou moins roide et allongé.
Par ce détail, il est aisé de voir que, quoique cette enceinte soit flanquée de toute part, elle est d’une construction faible, et qu'elle ne peut résister que contre une attaque par surprise où par escalade, et nullement contre toute autre avec du canon.
L’inspection du plan fait d’ailleurs connaître que ses flancs sont trop petits, les angles flanqués trop ouverts, et que la partie d’entre ja porte Y. du fort et l'angle flanqué du bastion 6 n’est vue de nulle part.
Dans cet état, cette ville est bien fermée, mais l’on observe que si l’on était dans le cas d’y être attaqué, il faudrait former en avant des 5 portes de face au fleuve, un tambour avec de gros pieux pour les garantir du pétard, ou d’être hachées dans l’insulte qu’on y méditerait d’un coup de main.
Indépendamment de ces ouvrages. est la batterie royale cottée I. construite moins en ,«e d'augmenter la deffense de la place, que pour y faire les saluts et réjouissances publiques.
ans la visite que j'ai faite de ces fortifications, j'ai remarqué quelques parties de leur achèvement en souffrance, et d’autres à réparer à titre d’entretient.
Les premières consistent en couvertures de planches sur les murs, el les autres en rejointements, pour rassurer quelques parties du revêtement qui menacent de renverser, et à remettre en place des pierres de gresserie détachées aux angles et aux embrazures.
En outre de ces réparations, l’on serait d'avis pour en prévenir de plus considérables, qu’on défendit aux particuliers, sous quelque prétexte que ce puisse être, de bâtir sur ‘es murs de la dite enceinte, de n’y rien déposer, et qu’on ordonna d'enlever tout ce qui gène aujourd'hui la communication à son pourtour intérieur
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pour que le service fut libre partout ; il est déjà arrivé que quelques-uns ont élevé des bâtiments sur te contre mur de la banquette, qui règne le long de la partie de face au fleuve, et que par succession si l’on n’y veille, on se prévaudra de la jouissance acquise pour en établir le droit de propriété ; d’ailleurs, mon avis serait que comme cette ville est munie d’un état major complet, d'une assez forte garnison et que par son enceinte, elle ressemble à une place de guerre, qu’on y fit le service avec la même régularité. Pour lors le passage nécessaire aux rondes empècherait toute entreprise le long des murs. On insiste d'autant plus à cette exactitude que toutes les troupes de cette colonie étant dans le cas d'être souvent détachées à portée des nations qui ne souffrent les postes du Roy que malgré elles, on ne saurait trop les accoutumer à une vigilance qui con: cerne autant leur sûreté qu’à les maintenir dans une exacte subordination.
Cette ville est l'endroit du Canada où l’on tient le plus de troupes, en vue de les avoir à portée pour les cétacher ans les postes du pays d'en haut. D'ailleurs elle est le rendez-vous, comme on l’a dit, de toutes les nations sauvages ; ainsi il 51 hon qu’ils voyent par euxmêmes les forces qu’on y tient, pour que ceux qui sont de nos amis sentent combien ils seraient soutenus au besoin, et que les autres, partisans de l’anglois, jugent des efforts que nous serions dans le cas de faire contre eux.
Le soldat y est logé chez les bourgeois ; de là, l’on doit conclure que l’on ne peut l’assujettir au bon ordre et à l’exacte discipline indispensable au service. Mon avis serait qu’on y construisit des cazernes. A cet effet sont deux emplacements Éd serrés, assez convenables, et les moins coûteux au Roy ; si on les y détermine, on fera les plans de leur distribution et les dessins nécessaires à leur construction.