ISLES, RAPIDES ET ENDROITS REMARQUABLES
Coté de l'Ouest Coté de l'Est Rivières Rivières
A 500 toises en-dessous du fort Si. Jean est le rapide de ce nom long de 7 à 800 Lloises, difficile à passer quand les eaux sont basses,
Rivière St. Jean au-dessous de ce rapide,
Islet vis à vis l'endroit nommé les 1000 roches, 1sle Ste. Thérèse d’une lieue de longueur. Islet à la pointe de l'Est.
Rivière des Iroquois par le travers de cette grande isle ; au dessous de cet islet à la rive du nord, est un fourneau au goudron et plus loing est l’ancien fort Ste Thérèse ruiné aujourd'hui.
Na.—Qu'entre le rapide précédent et le suivant dé.bouchent deux ruisseaux.
Au-dessous de cet ancien fort est le rapide Ste. Thérèse plus difficile et plus dangereux que l’autre à traverser.
Au-dessous de ce rapide est celui de Chambly qu’on ne peut traverser sans beaucoup de risque en tout temps.
Isle à Dupuy par le travers de ce rapide ; à la rive du nord sont des vestiges d’un moulin à eau.
Isle St. Jean vis-à. vis le fort Chambly, et quatre islets aux environs de sa pointe de l’ouest.
On estime que sous le gouvernement du fort St. Jean sont seulement une douzaine d'habitants, et qu'il conviendrait y en attirer un plus grand nombre, affin de lier ceux-Gy avec les autres répandus sur le lac Champlain.
TROISIÈME PARTIE, désignée rivière de Richelieu, depuis le dit fort Chambly jusqu’au confluent de cette rivière dans le fleuve St. Laurent.
Na.—Que dans cette partie, il n’y a pas de rivières qui y affluent, mais seulement quelques ruisseaux.
Isles Ste. Thérèse situées à & quart de lieue du fort Chambly ; à 2 lieues au dessous du côté du sud est la montagne de Chambly, et vis à vis, se trouve un rapide à la rivière aisé à passer ; à 2 lieues plus loing est l’isle St. Charles avec batture de roches un peu au dessus de sa pointe de l'est.
Autre isle nommée l’Assomption. A 300 toises plus loing, les deux islets vis à vis l1 Seigneurie de St, Ours, la grande isle à Deschaillon.
Na.—Les deux côtés de la rivière sont habités ; néanmoins celui du sud parait l'être mieux que l’autre, les terres y sont élevées de 7 à 8 pieds d’hauteur, et les
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bords vazeux qui obligent à des précautions pour prévenir la perte des bestiaux.
Joignaut la montagne de Chambly est un bâtiment qui fait «le la brique ; la terre nous y a paru très-propre, et depuis Ja ditte montagne jusqu’au dessous des isles au cerf, les habitations ne sont point encore absolument formées ; au reste, le terrein de droite et de gauche est concédé en seigneurie. On y bâtit actuellement deux églises, et il y a apparence que dans peu il ne sera pas moins bien arrangé que celui des rives du fleuve St. Laurent, d'autant que l’on remarque qu'il est réputé l’un des meilleurs du Canada pour la reproduction des graines de toute espèce, et que les bâtiments de 40 à 50 tonneaux pouvant remonter cette rivière dans le printemps, les habitants en trouvent le débit facilement.
k*% DU VILLAGE SAUVAGE DU NOM DE ST. FRANÇOIS
Ce village est situé du côté du nord de la rivière de St. François à deux lieues en dessus de son entrée dans le fleuve St. Laurent, où elle se confond par 4 débouchés.
Pour s’y rendre, l’on a suivi le seccnd nommé le dé. bouché St. François ; environ à demie lieue en dessus, se trouvent des champs défrichés, et commencent les habitations du village français du nom de l’autre sauvage ; là se présente une grande iïsle ; pratiqué le passage du nord. Il conduit au dit village français, situé à la même rive que l’autre,
Entre ces deux villages sont deux isles. Vis à vis la plus avancée, est l’origine du premier débouché : 0: ‘e nomme Tardif dans le pays. D'où continuant à pénétrer cette rivière, l’on parvient au dit village sauvage où sont deux autres isles situées par son travers.
Ce village sauvage élois é de l’autre, français, et composé de 51 cabaïes de \;,ure en quarré long, couvertes de planch“ et d'érorce, et de 12 autres, construites et couvertes à la française, est considérable et composé uniquement d’abenakis. Il ne s’y trouvait que des vieillards et es femmes; les hommes étaient à
recueillir du genseing, et d’autres en traite à la Nouvelle Orange. Les deux Jésuites missionnaires, l’un entr'autre, nommé le pèr: Aubry, homme extrémement au fait des intérêts de cette colonie, étaient absents, de manière que je ne pus savoir le nombre des guerriers, celui des personnes du village en général, ni pus discourir sur leurs mœurs, politique, et encore moins sur leur fidélité au Roy. Cependant, on les considère les plus attachés.
Le curé du village français qui m’accompagnait, prétend que cette rivière remonte encore 10 lieues, qu’à son origine sont des montagnes nommées la hauteur des terres qui, suivant le sentiment public, doivent servir de linites entre les Anglais et nous. Quoiqu'il en soit, on serait d’avis de pénétrer cette rivière, d’y établir des habitants autant loing qu’on pourra, de construire à leur tête un petit fort, autant pour les rassurer que pour prendre acte de propriété et pouvoir en cas de trouble, inquièter les Anglais dans leurs courses, les gêner dans leurs possessions et faciliter nos entreprises sur eux.
L'on observe en général qu’on permet aux sanvages domiciliés sur les terres du Roy, d’aller vendre chez les'anglais les castsr, provenant uniquement de leur chasse, et même un seul paquet à la fois, encore faut-il qu’ils soient munis d’un certificat de leur missionnaire, mais qu’ils mesusent de cette facilité, ils y en portent autant qu’ils peuvent, alwndu que les Anglais les leur payent plus chers que nous ; néanmoins, il faudrait imaginer un moyen de gêner ce commerce ou au moins, empêcher qu'il ne devienne abusif en deffendant qu’ils introduisent en retour des marchandises prohibées.
La route la plus ordinaire qu'ils pratiquent 4st par le lac Champlain, où sont Les 3 forts dont nous avons traité. Parvenus à la chute des vaux du lag St. Sacrement, est un portage de 11 à 1:00 toises au plus; ie chemin y est beau, un pen montagneux à son entrée, inais plus loing, extrêmement aisé, Je l’ai parcouru jusqu’à son débouché ; l’on pourra. facilement conduire du canon. Arrivés au dit lac, :!s se remettent à l'eau. La traversée est de 18 lieues, après quoi est un portage de pr! conduit à la rivière d'Orange, où ils
se rembarquent pour descendre à cette ville, si mieux ils n'aiment d’arrêter chez des négociants nommés Ledis, établis à sa rive gauche, à une lieue au dessous de son origine.
Na.-— Qu'en descu'idant cette rivière, l’on passe sous le feu du fort Parasco, établi à la rive droite, à 5 lieues du dit portage, et que de ce fort à la ditte ville on estime 10 lieues, partant du Sault du lac St. Sacrement à Orange, 38 lieues.