‹ Voyages et mémoires sur le Canada [microforme]Chapitre 71 sur 78 · QUEBEC · texte numérisé non relu

QUEBEC

Mémoire sur le projet des ouvrages proposés : 1. pour défendre la basse ville de la haute ; 2. pour fermer cette première d'une enceinte capable de résister à une attaque qu’on pourrait y méditer par la rivière St. Charles ou par le fleuve St. Laurent ; 3. et enfin sur l’augmentation des rues et des maisons qui permet l’agrandissement actuel de la haute ville. et qui permettra par .a suite à la basse, l’exécution des ouvrages qu’on y propose.

Cette ville qui fait le principal établissement de la colonie, sous le nom de Canada, ne doit point par sa situation, enfoucée de plus de 100 lieues dans le fleuve susdit, par l'éloignement des puissances qui saisiront le dessein de l’attaquer, par les ferces marilimes qu'exigerait une entreprise de cette nature et qu'on pourrait y conduire qu’à grands frais, et par les dangers que rrésente la navigation pour ÿ parvenir, être considérée comme une place de guerre que la supériorité d’une armée sur l’autre en Europe peut menacer d’un moment à l’autre, mais bien, comme son chef lieu, à la défense de laquelle toutes les forces des habitants se réuniraient, attendu que sa prise entraîncerait la perte de toui le pays. Ainsi, on se contentera de dire que l’en- . ceinte de la haute ville, à laquelle on travaille depuis 6.

à 7 ans suffit, (quoiqu’on ait négligé dans la distribution de ses ouvrages qu’on aurait pu ménager), par l’élévation et l'épaisseur de ses murs contre le genre d'attaque qu'on j ‘“rrait y: former, qu’on n’est point d'avis d'y proposé. ucune augmentation—il en a été formé un mémoire—mais bien sans entrer dans le détail de ses défauts, qu'on pourrait diminuer considéra-

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blement la dépense de ce qui r: : à faire pour son achèvement.

#*+x ARTICLE PREMIER

Ouvrages proposés pour la défense de la basse ville de la haute.

Cette ville étant fermée du côté des terres par des ouvrages revêtus en maçonnerie et qui se flanquent réciproquement, réste ouverte par sa gorge de face au fleuve, vu que le cap qui l’enveloppe et que, suivant toute apparence l’on à compté inaccessible, diminue d’hauteur et d’escarpement à mesure qu’il pend vers la porte D, du faubourg du palais, etqu’indépendamment des trois rampes qui conduisent de la basse ville à la haute, les défectuosités qui s’y trouvent présentent bien des facilités pour y monter ; c’est donc nécessité d’y travailler, sans quoi, la dépense faite à l’enceinte de la haute ville deviendrait en pure perte, d'autant qu’un ennemny parvenu à la rivière St. Charles la traverserait en force, à gué, à marée basse, et ne ferait qu'un coup de main de la prise de la haute ville. C’est donc party forcé de travailler à ce cap. Ainsi pour y proportionner avec connaissance les ouvrages aux défauts et trouées qui s’y trouvent, on le distinzj;uera cy-après en trois parties que l’on retranchera de manière qu'il y aura égalité de deffense dans son pourtour.

La première partie, comprise depuis la face gauche du petit front qui appuye au bastion du cap, cotté I, jusqu'au château cotté À, est extrêmement élevée et scarpée, et parait formée plus de roc que de terre. Dans cet état, elle semble impraticable ; néanmoins on y a formé un sentier qui communique d’une ville à l’autre, et les ressauts muitipliés du roc joint aux azbustes dont son talus est couvert. présentent des facilités pour y monter ; ainsi, pour détruire tous les différents moyens de parvenir à son sommel, l’on propose d’y élever tout le long un mur d'appui de sept pieds d’hauteur, adossé d'une banquette de trois ; il est visible par Le lan que

les parties se flarquent, et que le feu tiré par dessus étant plus assuré que par de: créneaux d’ailleurs dirigé le long de l’escarpement, rendra cette partie à l’abri de toute insulte.

La seconde partie comprise depuis l’angle flanqué du bastion de la gauche de la petite entrée dans le château cotté À, jusqu'au sommet de la rampe de l’évêché, ren. ferme la côte, ou la communication d’une ville à l’autre, de manière que le cap y est effacé pour la facilité des voitures, et qu’une puissance qui serait maitresse de la basse, monterait à la haute en force sans coup férir. On doit donc considérer cet endroit comme le plus défectueux du cap, et comine le plus urgent d'y rémédier. A cet effet, sont deux projets d'ouvrages, séparés de ce mémoire et également bons. L'inspection fera connaître les deffenses qu’on s’en propose. On abservera seulement ici que, pour la facilité du passage public et pour ménager la dépense, l’on inclinerait pour le second.

La troisième partie de ce cap considérée depuis le sommet de la rampe de l'évêché jusqu’à la dite porte, cottée D, du faubourg du palais, va en pente vers la ditte porte, perd infiniment de sa hauteur et de son escarpement, semble, dans les parties basses, plus formée de terre que de roc, et présente, indépendamment des deux sentiers et de la rampe qui conduit à son sommet par des éboulys qui allongent son talus, des facilités pour y monter. Il est donc indispensable de suppléer aux défauts de la nature par des ouvrages qui éloignent les idées de pénétrer par là dans la haute ville. Pour ce faire, on revêtira le cap depéis la rencontre du mur crénelé, construit à droitte de la dite porte D, du faubourg du palais, jusqu’à la rampe de la vanotcrie, cottée 32, de 15 pieds dhauieur, même plus daiis les endroits où le talus se trouve allongé, et moins dans d’autres où il se soutient escarpé. Ce mursurmontera la terre, plein de six pieds, affin que dans le ‘cas que la basse ville serait prise, de pouvoir manœuvrer à couvert sans être inquiété du feu de mousqueterie qui partirait des maisons voisines.

Parveuu à la dite rampe, on l'élargira à concurrence de 16 pieds, on l’allongera pour la rendre plus douce qu’il sera possible jusqu'à l'endroit marqué au plan ; on

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