II PREFACE
insu et sans mon aveu, dans des ouvrages destinés aux voyageurs. Je ne m'en plains pas; mais l'inexactitude de la plupart de ces réimpressions m'a inspiré le désir d'en donner un texte plus complet et plus châtié. Plusieurs de mes études sont déjà anciennes, d'autres sont d'hier; j'espère pourtant que leur date seule distinguera les unes des autres dans l'opinion du lecteur; car les idées peuvent se modifier sur plus d'un point ; mais les lieux ne changent guère, du moins dans leur aspect général, et j'ai toujours écrit sous l'impression qu'ils m'ont faite ou qu'ils m'ont laissée.
lies voyageurs dont je parle ont tous des noms qui se recommandent à l'estime et à l'attention du public. Leurs ouvrages sont connus; c'est leur physionomie que je me suis surtout appliqué à peindre. En effet, il y a quelque chose de plus intéressant à étudier qu'un voyage bien fait : c'est un voyageur original. Dans tous ces récits où l'homme se montre aux prises avec l'inconnu et l'imprévu, c'est son histoire qui nous amuse. C'est celle-là surtout que j'ai racontée.
Je ne m'excuse pas, comme je l'ai fait dans une publication récentes pour la diversité des sujets que j'a! traités dans ce volume. La diversité me sera pardonnée cette fois, je l'espère; car pourquoi voyage-t-on, si ce n'est pour corriger de temps en temps, par la variété des
* Études historiques et littéraires. Deux vol. Paris, 1854.
PREFACE. m
impressions, des idées et des perspectives, cette inévitable uniformité de la vie humaine?
Mon livre commence à Bruxelles en 1837 et s'arrête au Danube en 1854, en passant par les Pyrénées, l'Espagne, IMlgérie, la Grèce, Constantinople, le Monténégro. Le sujet est grand, Toeuvre est petite, l'auteur est sincère. Puisse le lecteur être indulgent!
Mai 1854,