H VOYAGES ET VOYAGE! "RS
trent le roi de Castille, Salamanque où Tévêque et la noblesse leur offrent le spectacle d'une course de taureaux. « Ils ont des taureaux sauvages qu'ils amènent sur la place et, montés sur des chevaux très légers, ils lancent contre eux des dards ; le mérite consiste à rester le plus longtemps en selle et à planter le plus de dards. Les taureaux rendus furieux, se jettent contre les cavaliers et les poursuivent de telle façon que, ce jour-là, deux hommes furent emportés comme morts. Après la course, des cavaliers joutèrent entre eux à la lance K.. Nous vîmes ce spectacle d'une maison où nous étions avec des jolies femmes qui burent, mangèrent et se divertirent » ; comme on le pense bien c'est le joyeux Tetzel qui continue la série de ses confidences.
Mais il faut s'arracher à ces plaisirs et prendre la route du Portugal, pour gagner Braga, résidence du roi Alphonse VA/ricaùi, auquel le noble bohème est pressé de remettre des lettres de sa
encore en i5o2 : « On ne fait guère pendre en Espagne, mais on lie les malfaiteurs dignes de mort à une estace poteau , et leur met on une marque de papier blanc à l'endroit du cœur. Puis la justicj ordonne aux meilleurs arbalestriers que on trouve, tirer après celui, tant que mort s'ensuive ; et si le malfaiteur sait aucun de ses amis estre bon arbalétrier, il requiert à la justice de le faire tirer, afin d'estre plutôt mort. »
I. Voir dans le premier Voyage de Charles-Quint (Chroniques BeUjes) la description détaillée d'une course de taureaux. Appendice G.
sœur l'Impératrice d'Allemagne ^ Inutile de dire s'il fut bien reçu à la cour. La veille de son départ le roi lui ayant demandé quel présent lui serait le plus agréable. « Deux nègres, » répondit Rozmital très désireux de ramener dans sa patrie quelques échantillons des populations nouvellement découvertes par les Portugais sur les côtes de Guinée. « La réponse fit éclater de rire le frère - du roi qui assistait à l'entrevue : Ami, lui dit-il, cela n'a point de valeur ; demandez quelque chose de plus important que ces nègres, et qui nous fasse plus d'honneur, mais si vous ne souhaitez que cela, je vous prie d'y joindre un troisième cadeau que je vous fais ; c'est un singe. Peut-être, ajouta-t-il, manque-t-on de nègres et de singes dans votre pays? Le Roi, mon frère, possède trois villes en Afrique, d'où chaque année, son armée amène au moins cent mille nègres de tout âge et de tout sexe, qui se vendent au marché comme du bétail ; et le Roi tire plus de revenus de cette vente que de tous les impôts du royaume. » Voilà l'origine de la traite des nègres.
Le Roi « défraya encore Monseigneur de tout pendant son séjour, et lui donna deux chevaux élégants que l'on appelle genêts, qui dépassent en vitesse et en légèreté tous les chevaux de la chrétienté. »