‹ Voyages et voyageurs de la renaissanceChapitre 34 sur 55 · I. En · texte numérisé non relu

I. En

yO VOYAGES ET VOYAGEURS

avez la goutte; au diable votre goutte! Si vous connaissiez les mérites de l'Angleterre, vous vous mettriez des ailes aux talons pour accourir jusqu'ici. Les x\nglaises, ces nymphes au visage de déesses, si douces, si accueillantes, vous les placeriez sans peine au-dessus de vos Muses^ Et puis, on a dans ce pays une coutume qui dépasse tout éloge : vous arrivez, vous êtes accueilli par les embrassements unanimes ; vous partez, on vous congédie avec des baisers ; vous revenez, encore •des baisers. On vous aborde, en avant les baisers; on s'éloigne en échangeant des baisers. Enfin, où que vous alliez, tout est plein de baisers. Et si vous goûtiez une seule fois comme ils sont délicats, •comme ils sentent bon, à l'instant, mon cher Faustus, vous voudriez vous exiler en Angleterre non pas pour dix ans, comme Solon, mais jusqu'à la morti. »

Erasme avait trente ans quand il écrivait ces jolies choses. Plus tard il parle encore de l'Angleterre, mais avec d'autres préoccupations. Ce ne ne sont plus ses belles filles qui l'intéressent, mais l'hygiène de ses maisons périodiquement visitées par la peste. « D'abord, dit-il-, les Anglais ne

1. Epistolœ familiares i538. — ■« Lors s'approcha d'elle et luy requist ung baiser dont les dames et damoiselles dudit pays d'Angleterre sont assez libérales. » Cent nouvelles nouvelles, lxxii.^. Voir plus haut page 36.

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