‹ Voyages et voyageurs de la renaissanceChapitre 37 sur 55 · Pantagruel, IV, ii · texte numérisé non relu

Pantagruel, IV, ii

DE LA RENAISSANCE yS

Dieu et monsieur saint Bernard nostre bon patron soient avec nous, en toute ceste ville encores n'ay-je vu une seule rostisserie, et y ay curieusement regardé et considéré. Voyre, j€ vous dis comme espiant^ et prêt à compter et nombrer tant à dextre comme à senestre, combien et de quel costé plus nous rencontrerions de rostisseries rostissantes. Dedans Amiens, en moins de chemin quatre foys, voyre trois, qu'avons faict en noz contemplacions, je vous pourrois monstrer plus de quatorze rostisseries anticques et aromatisantes. Je ne sçay quel plaisir avez pris voyants les lyons et africanes (ainsi nommez-vous, ce me semble, ce qu'ils appellent tygres) près le beffroy, pareillement voyants les porcs-epicz et austruches au palais du seigneur Philippe Strozzi. Par ma foy, nos fîeux^ j'aymerois mieux voir un bon et gras oyson en broche. Ces porphyres, ces marbres sont beaulx, je n'en dis point de mal; mais les darioles d'Amiens sont meilleures à mon goust. Ces statues anticques sont bien faictes, je le veux croire ; mais, par saint Ferréol d'Abbeville, les jeunes bachelettes de nos pays sont mille fois plus advenantes. »

-rap

MMêWm-

Page 1