CONTRASTES
KAUBOURG SAINT-nONORE
Hi\;il (lu faubourg Saint-Germain. Les habitants ne cherchent pas l'étoile qui file, ils se tournent toujours vers le soleil.
FAUBOUnC SAINT-M AnCEAC
Le faubourg Saint-Marceau est la partie des chifftjiiniers, horde de mœurs bizarres, qui n'a pour soleil que le gaz, les réverbères et sa lanterne; Diogènes qui vont cherchant des balayures, qui découvrent quelquefois des hommes.
C'est le seul pays où l'or soit une chimère, où jamais deux écus d'argent n'ont sonné ensemble. C'est une mer perdue où ne vont jamais que les La Peyrouse de la terre ferme.
11 y a en cette province, abandonnée aux Diogènes modernes, un tribunal en plein vent. Les parties belligérantes attroupent les voisins et s'accusent sans périphrases. Les voisins donnent tort aux deux parties, (|ui Unissent toujours par se battre et par aller au cabaret.
Ces peuplades ont cela de particulier avec les chameaux, ({ue le dimanche à la barrière elles boivent pour huit jours.
LK FAOliOURG S A I NT- A NTO I N E
Le faubourg Saint-.Vntoine est aux antii^des des Tuileries. Les laborieux habitants de cette contrée ne descendent à Paris que les jours de révulution et les jours de feux d'artifice : pour donner un coup de main ou un coup d'œii.
■146 VOYAGE A MA FENÊTHE
LA CIIAUSSÉE-d'aNTIN
Dans la Chaussée-d'Antin, on fait sa lortuno ou on la défait ; dans le faubourg Saint-Germain on la conserve. Là-bas, c'est l'aristocratie de la Bourse, comme ici c'est l'aristocratie de la naissance. La Cbaussée-d'Antin renferme deux églises curieuses : celle des madeleines et celle des loretles. On y va beaucoup ; mais on va encore davantage à l'Opéra, qui est à peu de distance. Cela se comprend : dans les églises, il y a des prêtres ; à l'Opéra, il y a des prêtresses.
Toutefois l'opéra des gueux, c'est toujours l'église, — disent les voltairiens.