‹ Voyages humoristiquesChapitre 74 sur 102 · LE VOILE SACHE · texte numérisé non relu

LE VOILE SACHE

Une femme était là, caressant de la main

Un bambino couché sur l'herbe du chemin :

Plus souples et plus longs que les rameaux du saide,

Ses cheveux abondants tombaient sur son épaule ;

Elle était j)resque nue, à peine un peu de lin

Lui glissait au genou; plus d'un regard malin

(lourait comme le feu de sa jambe hardie

A sa gorge orgueilleuse en jtlein marbre arrondie.

Elle se laissait voir, naïve en sa beauté,

Sans chercher à voiler sa chaste nudité ;

Dieu l'avait ftiite ainsi, comme il avait fait Eve,

Un matin qu'il voulait réaliser un rcve :

Pourquoi cacher au jour ce chef-d'œuvre charnuiiil

Créé pour être vu, divin enchantement!

A la lin, devinant qu'on la trouvait trop belle,

Elle voulut voiler cette gorge rebelle ;

Elle étendit la main, mais le voile flottait :

Son front avait rougi ; de femme qu'elle était,

Elle redevint mère : — avec un doux sourire.

Un sourire plus doux que je ne saurais dire.

A son petit enfant elle donna son sein.

0 sublime action ! Les anges par essaim.

Chantant Dieu, sont venus pour voiler de leurs ailes

L'altière volupté de ces saintes mamelles.

282 VOYAGE A VEMSE

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