LE VOILE SACHE
Une femme était là, caressant de la main
Un bambino couché sur l'herbe du chemin :
Plus souples et plus longs que les rameaux du saide,
Ses cheveux abondants tombaient sur son épaule ;
Elle était j)resque nue, à peine un peu de lin
Lui glissait au genou; plus d'un regard malin
(lourait comme le feu de sa jambe hardie
A sa gorge orgueilleuse en jtlein marbre arrondie.
Elle se laissait voir, naïve en sa beauté,
Sans chercher à voiler sa chaste nudité ;
Dieu l'avait ftiite ainsi, comme il avait fait Eve,
Un matin qu'il voulait réaliser un rcve :
Pourquoi cacher au jour ce chef-d'œuvre charnuiiil
Créé pour être vu, divin enchantement!
A la lin, devinant qu'on la trouvait trop belle,
Elle voulut voiler cette gorge rebelle ;
Elle étendit la main, mais le voile flottait :
Son front avait rougi ; de femme qu'elle était,
Elle redevint mère : — avec un doux sourire.
Un sourire plus doux que je ne saurais dire.
A son petit enfant elle donna son sein.
0 sublime action ! Les anges par essaim.
Chantant Dieu, sont venus pour voiler de leurs ailes
L'altière volupté de ces saintes mamelles.
282 VOYAGE A VEMSE