OTAGE BE LAPON
dangrer, car les pauvres bêtes étaient si accablées, qu'elles passèrent la nuit sans remuer» et sans manger non plus que leurs maîtres.
Toute notre consolation fut que nous fîmes un bon feu qui nous réchauffa un peu. Mais il n'y avait rien de si plaisant que de nous voir dans cet équipage, tous extrêmement tristes et défaits, comme des gens qui n'avaient mangé depuis vingt-quatre heures, et qui baissaient languissamment la tête pour recevoir la pluie qu'il plaisait au ciel faire tomber sur nous avec largesse. Ce qui acheva de rendre l'aventure plaisante, fut que le lendemain nous ne fûmes pas plus tôt à cheval, à la pointe du jour, que nous découvrîmes, à deux portées demousquet^ tme petite maison que nous avions tant cherchée, et dans laquelle nous all&mes boire un peu de lait.
A quelque chose» comme on dit, malheur
est bon ; car cet égarement fut cause que
.V /. nous arrivâmes le lendemain dimanche à Co-
y£.5 perberyt, où nous ne fussions arrivés que le
Jour d'après.
VOYAaE