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^ jt/,l dîner; et le mardi, à la pointe du Jour, le
' vent s'étant nais & Touest, nous Hmes voile.
Le vent demeura assez bon tout le reste du
jour. La nuit, il fut moins violent ; mais le
;; f^ lendemain mercredi nous eûmes un calme.
Le jeudi ne fut pas plus heureux, et nous demeur&mes immobiles comme des tours.
Nous jetâmes plusieurs fois la sonde pour donner fond; mais n'en trouvant aucun, il ftiUut faire notre route dans des appréhensions continuelles d'aller échouer en terre.
Le vendredi, le brouillard étant dissipé, nous finies un peu de chemin à la faveur d'un vent est et nord-est, et passâmes les petites îles de Querhen.
Mais le lendemain, le vent s'étant fait contraire, nous fûmes obligés de retourner sur nos pas, et d(^ rel&cher dans un port «appelé Ratan.
Nous y passâmes une partie de ce jour à chasser dans une île voisine, et le soir nous allâmes â l'église, éloignée d'une demi-lieue. Le prêtre nouis y donna â souper ; mais la crainte qu'il avait que des jeimes gens frais revenant de Lapmarckn'entreprissent quelque chose sur son honneur, il s'efforçait^ afin que nous ne passassions pas la nuit chez lui, de nous faire entendre que le vent était bon, quoiqu'il fût fort contraire. Nous revînmes donc à notre barque toute la nuit, après avoir acheté un ]ivre chez lui ; et le dixhan^e
matin,lemajordurégimentde cette province ^^i ''*''' nous envoya quérir danssa chaloupe par deux soldats.
l^ous y all&mes, et nous trouv&mes tous ses officiers, avec un bon dîner, qui nous attendaient. Il fallut boire à la suédoise, c'est-à-dire vider les cannes d'un seul trait ; et quand on en vint à la santé du roi, on apporta trois verres pleins sur une assiette, qui furent tous vidés. J'avoue que je n'avais pas encore expérimenté cette toiplicité de verres, et que je fus fort étonné de voir qu'il ne suffisait pas de boire dans un seul. Il est encore de la cérémonie de renverser son verre sur l'assiette, pour faire voir la fidélité de celui qui boit.
Kous nous en retournâmes ànotre vaisseau; et le lendemain, sur les dix heures, nous al- *^ ^* Iftmes voir de quel côté venait le vent. Il était est, et l'ignorance de notre capitaine et de notre pilote leur faisait croire qn'ils ne pouvaient sortir hors du port de ce vent. Je leur soutins le contraire, et je fis tant que je les résolus èi se hasarder de sortir. Nous le fîmes heureusement^ et sur le midi le vent se mit nord-est si fort, qu'ayant doré toute la nuit et le lundi suivant jusqu'à midi, nous ^^ fîmes pendant vingt-quatre heures plus de cent lieues.
Mais le vent étant tombé tout d'un coup, nous demeurâmes à huit lieues d'Agbon, lieu
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oùnoTisdetions âescendrepfour aller par terr» à Coperberyt. Nous ne le ptdnes faire que le 5 Jt^i- lendemain ; et, ayant trourô heureaseiieiit à la <^Ote de petites barqued qtd yenaieBt de la foire d'Hemesatites, nous Tînmes «andier à'WîthBeval, petite Tille fiur le b<»d du golfe jy h Bothnicïue ; et le lendemain nous- ptîmes des ebevaux de poste, et fîmes une trèS'Tiiie journée, soit par la difficulté <du ckemin^ eu soit qu'ayant été lon^mps safis covrir hi poste, nous en ress^tissiOBS plus la làtigue.
Nous nous égarâmes la nuit d«ns des bois; et s'il est toujours fltclieax d'errer peBWlant les ténèbres, ill'est incomparablement davantage en Suède^ dans un pays * plein de précipices et de forêts sans fin, où l'on ne sait cas un m6t de la hmgue, et où Ton ne trouTc personne pour demander le chemin, qaaad«n la saurait.
Néanmoins, ' «ptte avoir teauooup arancé notre route parime pluie épouvautalde, à la faveur d^ime petite obanéeUe, plus tagoéable mille fois dans cette mât obscure, que leplus beffUBol^rdans un des {)(lu9CliaisntaKfe& jours de Fêté, nous ariirâiaGstà. la peste; etteTendredi suivant, étant fort rebutés de la journée précédente^nouBiiei fîmes que trolB Hooifs, et couohflnxeB et Atta.
Le samedi fut assez remarquaUe, ponrlteventoare qui nous-arriva.Ifous partîmes à six heures du matin pour fikize quatre miileft de
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Suède, qui font douze lieues de France; et après avoir marché jusqu'èideuxheures après midi, nous arrivAmes à une misérable cabane,, que nous ne craînesi)oint être le lieu où nous devions prendre d'autres chevaux, qui Tétait . néanmoins; et n'ayant trouvé personne à qui parler, nous poursuivîmes notre route par des chemins qu'il n'y a que ceux qui y ont été qui en puissent concevoir la difficulté. Nous croyions être fort proches de la poste, et nous marchâmes jusqu'à quatre heures au soir sans rencontrer ime seule personne pour demander le chemin, ni le moindre toit pour
ous mettre à couvert.
Surcroît de malheur, la pluie vint en telle abondance, qu'il plut cette nuit-lài pour trois mois qu'il y avait qu'E n'était pas tombé une seule goutte d'eau. L'espérance qui nous flattait que nous pourrions bien rencontrer quelque maison de paysan, faisait que, malr gré la lassitude épouvantable dont nous étions accablés, nous ne laissions pas de maxcher; mais enfin la pluie vint si forte, et la nuit si noire, que nos chevaux rebutés, et qui n'avaient mangé non plus que nous depuis le matin, demeurèrent tout d'un coup, sans qu'il fût possible de les faire avancer davantage. Nous voilèi donc tristement demeurés au milieu des bois, sans avoir quoi que ce soit au monde, que le ventre des chevaux pour nous mettre k couvert : et on le pouvait faire sans