‹ VoyagesChapitre 15 sur 21 · T0TA6E DE FI ANDRE · texte numérisé non relu

T0TA6E DE FI ANDRE

nation des Français, et croyant, que,., s'il» avaient le prince d'Orange à la tête de leurs armées, ils feraient des naervieillea,. Je propor sèrent : mais étant arrêtés par cet édit pec* pétuel, ils éclatèrent contre de With, f^géné» rai des troupes,. et, le fbrent arrêter, l'aceu-! sant du crime de. trahison,, et d'ay^r voula perdre TEtat; mais n'a/.ant point trouvé da siget pour le faire mourir, on se contenta.de le bannir pour satisfaire le peuple et la faction du prince d'Orange*. Son frère, le pensionnaire à la Haje pour les affaires de la^ province de Hollande, demanda la permission dé le voir i mais en voulant entrer dans la prison, le peuple mutiné, souffrant impatiemment la vue d'un homme qui s'opposait à ses menées^ se rua dessus lui, et l'assassina cruellement sur la place; ils le traînèrent un peu plus loin, où ils le pendirent. Chacun accou* rut à ce spectacle; et le peuple était ^si animé, qu'il le coupa en pièces, dontchacunprit des morceaux de chair, qjçâ. se vendaient quelques jours après fort cher à ceux qui n*sip valent pas eu le plaisir d'assister iicette boucherie.

Le peuple, qui est une bête féroce qui porte toujours dans les extrémités, parce qu'il agit sans raison, et qui est timide par excès ou impétueux dans l'extrémité, n'est pas à se repentir de cette action. H reconnaît que cet ^ édit était fait pour son utilité; et la mort du V

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peniBLoimaire a été le premier échae qui ait 4été doBaé à la.répuWqae.

Les BroTlnce&'lMes doivent;, apl*ès le ciel, 4eur. liberté aux princes d'Orange, qui onttant fait qu'ils ont oMigé le roid'Bspa^e à signer leur liberté et à les reconnaître pour peuples libres, indépendants de tout auia*e, ce qui est une circonstoice fbrt remarquable. Guillaume I«' cimenta de son sang les fondements de cette république. Maurice et Henri, ses £U9, <en accrurent la splesideur par legain de plusieurs bataiUes. Guillaume II égala les autres, mourut ^ort jeune, et laissa pour successeur ide ses vertus QuiHajome, III* du nem, prince d'Orange d'à présent, âls de Guillaume II et de MaricoStuartj ûlle ^ainée de Charles I«', roi d'Angleterre, qui eut la tête ,coupée. Ce prince l'eut à la trente-six ou trente-septiàme année de son â,ge, et a épousé la fille du duc d'York. II ne vint au monde qu'après laaaaort de eonpère, et il perdit à. (uiae ans la.prineesse royale samôre, qui mourut à Londres de la petite vérole, de même quele.feu prince Guillaume son mari.

La Bajeest le.lietl où la noblesse de Hollande fait sésideno^ il n'y «a a guère de plus agréable dans le monde. Un grand bols de baute futoôe, bordé de magnifiques palais d'un côté,' et 4e l'antre, de vastes et agréables prairies qui l'entourent, rendent son aspect un des pli^ riants de l'Europe. On voit

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deyant le cMteau ua étang revêtu de pierres de taille; de hauts arbres qui le bordent seryent à embellir le palais du prince. On va de la Haye à la mer en moins d'un quart d'heure, par un chemin très-agrréable Noiis vîmes en y allant un chariot it voiles que le prince d'Orange a fait faire^ et nous entrâmes dans un lieu où l'on court la bague sur des chevaux de bois.

Nous allâmes voir une maison du prince d'Orange à quelques lieues de la Haye, appelée Osnadin; c'est là où il passe une partie de l'année, et où il entretient quantité de bêtes extraordinaires. ,Nous y vîmes des vaches de Galicut très-particulières avec une bosse sur le dos^ et quantité de cerfs.

Nous partîmes de la Haye et fûmes dtner à Leydé, qu'on appelle LugdunumBatavorum, reeommandable par son université, par son anatomie, et par la propreté de ses bâtiments; plus agréable à mon goût que pas une ville de Hollande. Nous y vîmes quantité de choses curieuses, entre autres un hippopotame, ou vache de mer, que les Hollandais ont rapporté des Indes. On voit dans le cabinet anatomique plus de choses que n'en peut contenir un gros volume.

De Leyde nous allâmes â Amsterdam, et vîmes en passant Harlem, où nous remarquâmes une grande église : nous arrivâmes le soir à Amsterdam. Cette ville des villes,

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Bi renommée dans tout l'univers, peut passer pour un chef-d'œuvre : les maisons y sont mag^ûqùes, les rues spacieuses, les canaux extrômementlarges, bordés de grands arbres, qui, venant k mêler leur verdure avec la diyersîté des couleurs dont les maisons sont peintes, forment l'aspect du monde le plus charmant. Cette ville parait double : on la ▼oit dans les eaux; et la réverbération des palais qu'on voit dans les canaux fait de ces lieux un séjour enchanté. L'hôtel de ville est sur le Dam : cet ouvrage pourrait passe?

pour un des plus beaux de l'Europe, si l'architecte n'avait manqué dès le commencement, et eût fait quelque distinction de là porte avec les fenêtres qu'il faut chercher de tous côtés, et qu'il faut bien souvent demander.

Nous mont&mes en haut, où nous vtmea quantité d'armes et un très-beau carillon.

Nous découvrîmes Utrecht du clocher. Ce fut le lieu où le roi borna ses conquêtes. Le Spineus est une aussi plaisante invention que je sache : c'est là où l'on renferme toutes les filles de mauvaise vie, que l'on condamne pour un certain temps, et où elles travaillent, n n'y a peut-être point de lieu, après Paris, où le libertinage soit plus grand qu'à Amsterdam ; mais ce qui est de particulier, c'est . qu'il y a de certains lieux où demeurent les accoupleuses, qui gardent chez elles un cer-

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tain nombre de flUes. On fait entrer le cava* lier dans une chambre qui communique à plusieurs autres petites chambres dont vous payez les portes, et au-dessus le portrait et le prix delà personne qu'elle renferme; c'est à TOUS à choisir : on ne fait point sortir ronginal que vous n'ayezpayé le prix de la taxe : tant pis pour vous si la copie a été flattée.

Le Raspeus est un autre lieu pour les mauvais g^amements, et pour les enfants dont les pères ne sauraient venir à bout : on les emploie à scier du Brésil, n y a dans la grande église d'Amsterdam une chatne d'un prix Inâni pour la délicatesse de son tiuvaîl. On permet à Amsterdam, et par toutela Hollande, toutes sortes de religions, excepté la catholique:

C'est un point de leur plus fine politique ; et ils savent bien que ce serait un grand échec & leur liberté si les catholiques y étaient soufferts, qui pourraient ensuite se rendre les maîtres. On y voit des luthériens, des calvinistes, dés arminiens, des nestoriens^ des anabaptistes, et des Juifs qui y sont plus puissants qu'en aucun autre endroit de la terre.

Leur synagogue est incomparablement plus belle que celle de Venise, et ils y sont beaucoup plus puissants. La maison des Indes, qui est hors de la ville, marque bien qu'elle appartient aux plus riches négociants de l'Europe. On y bâtissait imtrès^beau vais-

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seau qui devait, un mois après, faire leToyage des Indes.

Nous allâmes voiriez vaisseaux de guerre, qui n'ont rien de 'beau, et je n'en vis pas un qui approchât de la beauté de nos vaisseaux.

Ils ne veulent poiût de galerie à la poupe comme nous ; îte croient que cela retarde la course du vaisseau : mais, bien loin d'y apporter «ucun défaut, je trouve que cela est d'une grande xrtilîté pour les officiers, et d'un grand ornement nu vaisseau.

Je partis d'Amsterdam le 25 mai 1681, et P pous arrivâmes à Eûkhuyse le soir môme, où " ^ns nous arrêter qtfautant de temps qu'il faut pour manger, nous remarquâmes que cette ville portait teôis harengs pour ses armes, à cause de la pdehe consîdérâNe qui s'y fait de cepoisson.

Nous frétâmes la nolt une harque à Vorfcum, oùnous arrivâmes le lendemahi matin.

Cette province s'appelle Nord-Hollande, et je ne "crois pas qu^u reste de laterre il se puisse trouver déplus jolies femmes. Les paysannes ont une beauté qui ne le cède point aux anciennes ItosraineSj^t qui donne de Tamour à la première vue.

Nous arrivâmes à Leeuvarden, capitale de la Frise, ville très-jolie, qui reconnaît le prince de Nassau pour son gouverneur, n'ayant point voulu donner sa voix pour le prince d'Orange, Ce prince peut avoir vingt-

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