SE LA SUÈDE
l'argent, qu'il sépare de tout ce qu'ils ont de terrestre pour s'unir entièrement k eux. On trouve du mercure dans cette mine ; et ce métal, quoique quelques-uns ne lui donnent pas ce nom> parce qu'il n'est pas malléable, et peut-être un des plus rares effets de la nature : car étant liquide et coulant de luimême, est la chose du monde la plus pesante, il se convertit en la plui légère, et se résout en fumée, qui, venant à rencontrer un corps dur ou une région froide, s'épaissit aussitôt, et reprend sa première forme sans pouvoir jamais être détruit.
La personne qui nous conduisit dans la mine, et qui en était intendant, nous flt voir ensuite chez lui quantité de pierres curieuses qu'il avait ramassées de toutes parts, n nous fit voir un gros morceau de cette pierre ductile qui hlanchit dans le feu loin de se consumer, et dont les Romains se servaient pour brûler les corps de leurs défunts. 11 nous assura qu'U l'avait trouvée dans cette même mine, et nous fit présent à chacun d'un petit morceau, que, par gr&ce spéciale, il détacha* Nous partîmes le même jour de cette petite ville pour aller h Upsal, où nous arrivâmes le lendemain d'assez bonne heure. Cette ville est la plus considérable de toute la Suède^ pour son académie et ^ur sa situation : c'est
'là où tous ceux qui veulent embrasser l'état ecclésiastique vont étudier; et la politique
^ de ce royaume défend aux nobles d'entrer dans cet état^ afin de maintenir toujours le nombre des gentilshommes, qui peuvent servir {dus utilement ailleurs.
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Nous vfinesla bibliothèque, qui n'%rien de considérable que le Cocku: argmteus^ mamoscrit écrit en iettres gotbiques d'argent, par un évoque nommé Ulpbila, eR M^e, ou Asie Mineure, trouvé ^xssa le sao die Prague, et enlevé par le comte' de Conismarek, ^ en fit présent à la reine Christine.
Nbus all&mes ensuite^ dans l'élise, où nous vtmes le tombeau de saint Brie, roi de Suède, qui eut la tête coupée. On nous donna sa tète et ses os à manier, qui sont tout entfersdsns une caisse d'argent. On voit dans une graïKle chapelle, derrière le chœur, le mausolée de Gustave !•' et de ses deux fenunes, dont il j en a une armée d'un fouet, à. cause de sa cruauté. Onnous montra dan»la saoristieime!
ancienne idole, Thor, que les Suédois adoraient, et un très-beau calice, présent de la reine Christine, n y a quantité de savacnts hommes, entre autres Rudbekius, médecin^ qui a fait un livre très- curieux qu'il nous ût voir lui-même. Cet honune montre partout ce qu'il j a d'auteurs, comme Hérodote, PI», ton, Diodore Sicilien, que les dieux viennent de son pays, n en donne des raisons fortes; il nous persuada, par le rapport qu'il y a dans sa langue à tous lès noms des dieux. Hercule vient de Eer et Ctmlê^ qui signifie capitaine. Diana vient du mot' gothique dia^ qui signifie nourrice. Il nous fitToir que les pommes Hespérides, qui rendaient immortels ceux qui en avait tftté, avaientété dans ce iieu. n nous ût voir que cette immortalité venait de Im science qui faisait vivre les hommes éternellement a nous montra un passage de Pl»-
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