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ours,à qui pn CQupe.les dents et les ongles tous les mois.
H faut remarquer, à la chasse de l'oars, qu'elle se fait aussi en Pologne de plusieurs manières. Comme il n'y a lien d*auasi délicat que les pattes d*ours, qu'on sert à la tabledes rois, il n'y a point aussi de chasse à laquelle les gentilshommes prennent plus de plaisir.
Il est dangereux de manquer son coup, car l'ours frappé retourne sur le chasseur, et l'étoufte des pattes de devant. Û nous fut dit, par un gouverneur d'une province de la Prusse, qu^il n'y avait pas quinze jours qu'un ie ses parents avait eu le bras rompu à la «hasse d'un ours, et le cou tordu dont il mourut. Les paysans les chassent autrement : ils savent l'endroit où ils vont les attaquer avec un couteau à la main. Lorsque l'ours vient k eux, ils lui mettent dans la gueule la main gauche entortiUée de beaucoup de linges, et de l'autre l'éventrent.
L'autre façon n'est pas si périlleuse. L'ours est extrêmement friand de miel que les abeilles font dans des troncs d'arbres : il monte attiré par 1 odeur de la proie, au sommet des arbres les plus élevés. Les paysans liiettent de l'eau-de-vie parmi ce miel; et Tours, qui trouve cette nourriture agréable, en prend tant que la force du brandevin l'enivre et le fait tomber, où le paysan aloirs le trouve étendu sans force, etn'a pas grand'peine à s'en rendre le maître.
Je partis de Copenhague pour Stockholm le !•' juillet. Nous vîmes Frédérisbourg, le lieu de plaisance du roi, qu'on peut; appeler
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ie Versailles du Danemark. La chapelle en esl magnifique; la chaire et le tabernacle» et quantité d'autres figures sont d'argent mas- 8if ; mais ce qui me parut de plus curieux fut un orgue d'ivoire qu'on dit avoir coûté quatre-vingt mille écus de sculpture.
De Frédérishourg nous vînmes couchera Elseneur, où est le détroit du Sund ; c'est là que tous les vaisseaux payent au roi de Danemark. Les vaisseaux suédois sont exempts de payer aucun tribut; ce qui fait que la plupart des vaisseaux prennent bannière suédoise, qui est de bleu avec une croix jaune. Ce passage est gardé d'un bon chftteau; mais Je ne crois pas qu'il soit bien difficile d'y passer sans rien payer.
Nous vîmes en passant Riga, Engelholm, Laholm, Halmstad, ville fortifiée et recommandable par la dernière bataille que le roi de Suède y donna. Ce fUt là le premier combat qu'il soutint, et la première victoire qu'il remporta, aidé de M. de Feuquières, lieutenant général des armées du roi, et ambassap deur auprès du roi de Suède. Ce fut dans cette môme bataille que ce jeune roi se laissant emporter à son courage, et se croyant suivi de son régiment de drabans, qui sont ses gardesavec lesquels il se croit invincible, s'avança seul au milieu de l'armée ennemiei cherchant partout le roi de Danemark, et l'appelant t haute voix; et ne le trouvant point, il se mit à la tête d'un régiment ennemi qu'il trouva sans capitaine, faisant le commandement en allemand, conmie toutes les nations du Nord, et le conduisit au milieu
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de son armée, où il fat haché en pièces.
Nouai arrivâmes à Stockholm le lundi à-onze heures du soir, ayant été six Jours à marcher continuellement et le jour et la nuit, par des rochers et des bois de pin et d'espérlas, qui forment la plus belle vue du monde. Nous fîmes ce chemin dans un chariot que nous achet&mes quatre écus à Drasé ; et nous re« marquâmes les malsons des paysans, qui sont faites à la moscovite avec des arbres entrelacés. Ces gens ont quelque chose de sauvage; Tair et la situation du pays leur inspirent cette manière.
Stockholm est ime ville que sa situation particulière rend admirable. Elle se trouve située presque au milieu de la mer Baltique, au conmiencement du golfe Bothnique. Son abord est assez difficile, à cause de la quantité de rochers qui l'environnent ; mais du moment que les vaisseaux sont une fois dans le port, ils sont plus en sûreté qu'en aucun endroit du monde : ils y demeurent sans ancre, et s'approchent jusque dans les maisons. Stockholm est la ville de la mer Baltique du plus grand commerce; et, comme cette mer n'est navigable que six mois de l'année, rien n'est plus superbe que la quantité des vaisseaux qui se voient dans son port, depuis le mois d'avril jusqu'au mois d'octobre.
Sitôt que nous fûmes arrivés à Stockholm,
^ous all&mes saluer M. de Feuquières, lieute-
îànt général des armées du roi, qui y était
stmbassadeur depuis dix ans. U nous reçut
favec tout l'accueil possible, et nous mena le
^ lendemain baiser la main du roi. Ce prince*
^<^b7G6oglé
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Agé de Ying-cinq ans, estais de..... prince d Bolstein, entre les mains duquel la rein Christine, ûlle d'Adolplie, dernier roijdie 11 maison de Vasa, laissa la couronne de Suède^ lorsqu'elle voulut se défaire du gon^em^'l ment et changer de religion. '
Son humeur est toute martiale; les fêce^ eiCQ& de la guerre et de la chasse lui sont ûi^ mUiers; et il n'a pas de plus grand pl^sir que celui qu'il prend dans ces travaux. Noos eûmes l'honneur de l'entretenir pendant près j d'une heure et le plaisir de le contem]^ tout è. notre aise. Il est d'une taille bien proportionnée : son port est ûer et tout en est loyal.
L'on ût, pendant notre séjour àStockhohn, de grandes réjouissances pour la naissance d'une prinœsfie. Nous fûmes présents à la eérémonie de son baptême. U y eut tableeuverte ; et le roi, pour marquer sa joie, entreprit de soûler tcmtela cour et se fit lui-^môme plus gaillard qu'à l'ordinaire. U les excitait lui-môme en éur disant qu'u» cavaher n'éieit |Ku brave lorsqu^U ne suivait pas son roi, Jl pulait le peu de français qu'il savait à tout le monde ; et je remarquai que c'était le seulde sa cour qui le parlait le moins. Tous les eivaliers suédois se f<mt une gloire particuU^ de bien parler notre langue. Le .comte âe Stembok, grand maréidial du royaume, le ristrosse ou viccrroi, comte de la Gardiei grand trésorier Stéint-Bielke, le comte nismar, tous ces gens«là parient aussi b:
français que des Fnmçais mômes. L'envol d'Angleterre At des naerveUles dans cette di
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Dauehe, c'est-à-dire qu'il se soûla le pr^cnier . L'e&Toyé de Danemark, qui avait tenu la princesse au nom du roi gon maître, le suivit de bien près, et noTaisoima guère. Après lui toute la compagnie n'eu fit pas moins. Les dames furent aussi de la partie. Les deux belles-âUes du ristrosse- tenaient les bouts du poêle qui courrait l'enfant; elles s'y firent distinguer par-dessus tontes les autres da*' ^ me» par leur beauté et leur bonne grftce. . '
La mine de Coperbéryt est c© qu'il y a de /- » ^"^ *^ plus curieux en Suède, et qui fait toute la richesse du pays. Quoiqu'il s'y trouve beau* coTip^de mines, celle-là a toujours été la plus estimée; et on ne se souvient point du temps^ qu'elle a été ouverte : elle esta quatre journées de Stockholm. On découvre cette ville longtemps avant que d'y être, par la famée qtd en sort de toutes parts, et qui la fait plu* t^ parattre la boutique de Yulcain que la.
demeure des hommes. On ne voit de tous c^ té9 que fourneaux, que feux, que charbon^ que soufre et que cyêlopes, qui achèvent de j perfectionner ce tableau infernaL I Mais deseendcms dans c^. abîme, pour en mieux concevoir l'horreur. On. nous conduisit I d'abord dans une chambre où noua chsmgeàimes d'habits, et primes diacun un bâton ferré pour nous soutemir dans les endroits les plus dangereux. De là noua entrâmes dans la mine par une bouehe d'une longueur et d'une profondeur épouvantables, qui em« pèdmî^ût de voir les gens qui travaillaient [éKùB le fond, dont l^s uns élevaient des I pierres» d'autres faisaient sauter dee terres;
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quelques-uns détachaient le roc d^ toc par des feux apprêtés pour cela; enfin tous avaient leur emploi différent. Nous descendîmes dans ce fond par quantité de degrés qui y conduisaient; et nous commençâmes alors à connaître que nous n'avions encore rien fait, et que ce n'était là qu'une préparation à de plus grands travaux. En effet, nos guides allumèrent alors des flambeaux de bois de sapin ^ qui perçaient à peine les épaisses ténèbres qui régnaient dans ces lieux souterrains, et ne donnaient de jour qu'autant qu'il en fallait pour distinguer tous les objets af&eux qui se présentaient à la vue. L'odeur du soufre vous étouffe, la fumée V0U9 aveugle, le chaud vous tue :
joignez à cela le bruit des martiaux qui retentissent dans ces cavernes, la vue de ces spectres nus comme la main et noirs comme des démons; et vous avouerez avec moi qu'il n'y a rien qui donne une plus forte idée de l'enfer- que ce tableau vivant, peint des plus sombres et des plus noires peintures qu'on se puisse imaginer.
Nous descendîmes plus de 4eux lieues dans terre par des chemins épouvantables, tantôt 'sur des échelles tremblantes, tantôt sur des planches légères, et toujours dans de continuelles appréhensions. Nous aperçûmes dans notre chemin quantité de pompes, et de machines assez curieuses pour élevei* les eaux; mais nous ne pûmes les examiner à cause de l'extrême fatigue dans laquelle ïious nous trouvions : nous aperçûmes seulement quantité de ces malheureux qui travaillaient k ces
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pompes. Nous an&mes jusqu'au fond ayec beaucoup de peine; mais quand il fallut remonter, superasque evadere ad auras, ce fut arec des peines incomparables que nous regagnâmes la première hauteur, où il fallut nous Jetçr contre terre pour reprendre un peu d'haleine, que le soufire nous avait coupée.
Nous arrivâmes, par le secours de quelques gens qui nous prirent par-dessous les bras, à la bouche de la mine. Ce fût là que nous commençâmes à respirer avec autant de plaisir que ferait une âme qui sortirait du purgatoire ; et nous commencions à reprendre un peu de vigueur, quand un objet pitoyable se présenta devant nous. On reportait en ^haut un pauvre malheureux qui venait d'ô- ! tre écrasé d'une pierre qui était tombée sur lui.
Cela arrive tous les jours; et les pierres les plus petites^ venant à tomber d'ime hauteur 'extraordinaire, font le môme effet que les plus grosses. 11 y a toig'ours sept ou huit cents hommes qui travaillent dans cet abîme : ils gagnent seize sous par jour; et il y a presque autant de piqueurs, qui ont une ha che â la main pour marque de commanda- [ment*
Je ne sais si l'on doit avoir plus de compassion du sort de ces malheureux ou de raveuglement des hommes^ qui. pour entretenir leur luxe et assouvir leur avarice, déchirent le^ entrailles de la terre, confondent les éléments, et renversent toute la nature.
Boéce avait bien raisonde dire, en se plai»
gnant des mœurs du temps :
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Heal 'prisaus^qtôs fait iU« Auri qui. pondéra tecti Gemmasquâ latere Tolentes^ Tretiosa perionla fodit?
EnBffet; y a»t4lTiaEi cte plus iiihumaiE qm d'es^oeer tantrjâe gaas > dans de si sérirân p^s? Pline di1/:que les JlQmaiBS, qui a^^ent plus l^esoin dliamxnies que d'or, ne voulaient point permette ^n'onreuvift des mines qu'on «inait découvertes en Italie» pour ne pas es- » poser lairâe de leurs peuples; etiles malhenleux' qui ont mérité la mort ne peuvent être ^i plus TigoureiuBement punis qu'en les laissant vivre pour être obligés de creuaer tous Imk jours lenrB tombeaux. On trouve dans cett&t:
mine du soufre vif, du vitaiol bleu et vert, ^ des octaèdres : ce sont des pierres tailiôei ] catuTeHementen forme 'pyoamidalede.run et de Foutre côté.
De Eoperbéryt nous vînmes à une ma» \ d'argent qu^on voit à Salbéryt, petite ville à i deux journées de Stoddiolm, dont Tasped :
est \m des plus riants qui soient en ce lieu." i Nous allftmes le lei^demAin à la mine, qui en est datante d'un quaert de miïte. Cette mifio j a trois larges bouches, dans lesquelles onuùn voit point de fond. La moitié d'un tonneau 3 soutenue d'un eâble sert d'esoalier pour ùa9r < cendre dans cet abîme, qui mcmte et qui âl8cend par ime môme madiine assez eurieoai^^ 1 que l'eau fait tourner de l'un et de rauteii 1 côté. La grandeur du péril où l'on est 89 1 conçoit aisément, qirand on se voit ainsi descendre; n'ayant qu'un pied dans oetto ,
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madiiiie, et qu'on 'o&nnftît que la vi» dépend de la force ou da 1» faiblesse d^n e&ble. Un satellite noir comme un démen, tenant à la main une torche dé poli£ et de réeine, dee^ cend avec vous, et chante pitoyablement un air dont le chant lugubre sembk être f^t vxçftëB pour cette deseente^ infernale. Quand nous fûmes vers le mlliea, nous fûmes saisis l'un grand f^oid, qui, joint «ix torrents qui lombaifflit sur nous de toutes parte, nous fit iortir du profond assoupissement dKns lequel &OUS semldions ôtre en descendamt dans ces leux souterrains:
Nous^ arrlv&mes enfin, aprè» une demi* eure de mia*che, au fbnd de m premter ouffre; là nos craintes commencèrent à se issiper : nous ne vîmes plus rien d'affireuz; Q contraire, tout brillait dans ces régions rofondes. Nous descendîmes encore fort Tant sous terre, sur des échelles extrêmelent hautes, pour arriver dans un salon qui it dans renceinte de cette caverne, soutenu t plusieurs colonnes du précieur métal dont rat était revêtu. Quatre galeries spacieuses •viennent aboutir; et la lueur des feux qui rillaxent de toutes parts, et qui vmmient à (apper sur Targent des voûtes, et sur un làlr ruisseau qui coulait à côté, ne savait is tant à éclairer les travaillants qu'à ren- ^e ce s^our plus magnifique que le palais de lluton, qu*on nous met au centre de la terre, aie dieu des richesses a déployé tous ces ipésors'. On voit sans cesse dan» ces galeries fes gens de toutes les nations, qui redhfcrbent avec tant de peine ce qui fait le plaisir
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des autres hommes. Les uns tirent des dia« liots, les autres roulent des pierres, et d'autres arracbent le roc du roc. C'est une Yille fious une autre ville : là il y a des maisoDS, des cabarets, des écuries et dés chevaux; et ce qu'il y a de plus admirable, c'est un motilin qui tourne conlinuellement dans le fond de ce gouffire, et qui sert à élever les eaux qui sont dans la mine. On remonte dans la méma machine pour aller voir les différente k opérations pour faire l'argent.
On appelle stuf les premières pierres qu'on tire de la mine, lesqueUes on fait sécher dans un fourneau qui brûle lentement, et qui sépare l'antimoine, l'arsenic^ et le soufre, d'avec la pierre, le plomb et l'argent, qui restent ensemble. Cette première opération est suivie d'une autre, et ces pierres séchées sont Jetées dans des trous pour y être pilées et réduites en limon, par le moyen de quantité de gros marteaux que l'eau fait agir : cette boue est délayée dans une eau qui coule incessamment sur une grosse toile mise en glads, qui, emportant tout ce qu'il y a de terrestre et de grossier, retient le plomb et l'argent dans le fond> d'où on le tire pour le Jet^, la troisième fois, dans des fourneaux qui séparent l'argent d'avec le plomb qui sort en écume.
Les Espagnols du Potosi ne s'arrêtent plus à toutes les différentes fontes pour purifier l'argent et le rendre malléable, depuis qu'ils ont trouvé la manière de l'afûner avec le vifargent, qui est l'ennemi mortel de tous les autres métaux, qu'il détruit, excepté l'or et