DE L EDITEUR FRANÇAIS
et partirent bientôt après pour tenter de nouvelles découvertes vers le Sud. George de Spire devait prendre la route de Test, Federmann celle de Touest ; et ils devaient se réunir du côté de Barquisemeto, Mais celui-ci, qui ne cherchait qu'à se rendre indépendant, continua sa marche vers Fouest. Après un voyage aussi pénible que dangereux , il pénétra dans le royaume de la Nouvelle-Grenade, et s'avança jusqu'à Bogota, où, par le plus singulier des hasards , il rencontra Sébastian de Benalcazar et Quesada , qui y étaient arrivés, l'un par le Pérou et l'autre par la rivière de la Madeleine. Chacun élevait des prétentions sur cette province : ne pouvant s'accorder, ils convinrent de se rendre ensemble en Espagne pour faire juger leurs droits. Cependant Federmann ne devait jamais revoir l'Amérique; sa conduite vis-à-vis de son chef avait indisposé les Welser qui oublièrent tous ses services, et voulurent même lui intenter un procès; mais il mourut peu de temps après, abreuvé de dégoûts et de chagrins.
Nicolas Federmann, auteur de la relation que nous publions aujourd'hui , était natif d'Ulm en Souabe. Je n'ai pu trouver aucun détail sur sa vie avant son départ pour l'Amérique : il est facile de voir, par son ouvrage, que c était un soldat expérimenté. Tous les historiens sont d'accord pour louer sa valeur et son habileté. Pendant le séjour qu'il fit en Europe entre ses deux expéditions , il écrivit la relation de la première et la laissa entre les inains de Jean Kiefhaber son beau-frère , bourgeois d'Ulm ; qui la fit imprimer à Haguenau en 1557. Il comptait en