CHAPITRE IV
NATION DES XIDEHARAS (i).
De la nation des Xidéharas et de ses coutumes. — Gomment Federmann fut reçu J>ar le seigïieur du pays et par les habitants qui lui offrirent des présents.
Avant d'arriver au premier village de cette Dation , j'avais envoyé, un interprète nommé
(i ) Je ne trouve aucune mention des Xidéharas, excepte dans
Cara Vanicero, et quelques Indiens alliés, pour prévenir de notre arrivée, et pour annoncer aux indigènes que nous venions avec des intentions amicales. Nous trouvâmes donc le cacique ou seigneur du village, qui nous attendait avec tous les habitants : ils nous offrirent à boire et à manger à leur manière 9 nous donnèrent quelques petits morceaux d'or, en nous faisant le meilleur accueil.
Cependant cette nation possède peu d*or, et on n'en trouve pas des mines dans le pays. Ils ne font pas non plus de commerce avec leurs voisins; car tous lespeu* pies qui habitent ces montagnes sont etlnemis; ils mangent de la chair humaine et dévorent tous les hommes des autres tribus ,
J. de Laet {Nopui orhis , p. 682); il les nomme Xizaharas; c'est probablement la même nation que le P. Simon ( Noticiat hittoriaUt de iierra firme) appelle Giriharas, et qui fut défaite, en i536, par Diego Martines, et presque entièrement détruite.
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dont ils peuvent s'emparer. Je traversai donc le pays de ces Xidéharas, qui est plein de montagnes escarpées, durant l'espace d'environ trente milles. Chez cette nation, et pendant la route , il ne m*est rien arrivé qui vaille la peine d'être raconté. J'allais de village en village, et je fus partout bien reçu , plutôt par crainte , il est vrai , que par bonne volonté. Ils ne me donnaient des vivres et de l'or que parce qu'ils ne pouvaient faire autrement ; mais je ne dois pas omettre qu'ils ont prêté serment entre mes mains à sa majesté impériale et à ses successeurs.
Chacun sentira facilement combien nous avions de peine à avancer avec nos chevaux dans des contrées aussi sauvages, et à travers un pays où jamais cavalier ni même chrétien à pied n'avait passé. Il était à craindre aussi dans bien des endroits que l'on ne nous écrasât du haut des montagnes,
surtout si les habitants ou naturels avaient Tome i. 4
5o HELATION
SU comment s'y prendre pour nous résistei*.
Il est vrai qu'avant de nous approcher des hauteurs nous faisions visiter les villages dont la position nous donnait des craintes; cependant les Indiens auraient pu nous faire beaucoup de dommage s'ils eussent été plua habiles, ou plutôt si la grâce de Dieu ne nous eût préservés.
Le 23 septembre, étant arrivé dans le dernier village de cette nation des Xidéharas , que Ton appelle Hittova, les habitants ou naturels m'avertirent qu'à deux journées de là il y avait une autre nation nommée Ayamanes, qui était leur ennemie; c'est pourquoi le pays jusque-là était désert et inhabité. Ils ajoutaient que bien que ces gens fussent de petits nains ils étaient très- vaillants, et que la contrée était sauvage et montagneuse. Je pris donc avec moi environ cent cinquante Indiens ou habitants du village de Hittova pour nous ouvrir un chemin , ainsi que pour aider les Indiens de charge qui
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disaient partie de notre troupe et portaient nos bagages, nos vivres, et surtout de Feau dont on nous avait annoncé que nous manquerions.