‹ Voyages, relations et mémoires originaux pour servir à l'histoire de la découverte de l'Amérique, publiés pour la première fois en français (volume 3)Chapitre 28 sur 75 · CHAPITRE XXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIII

fkm pcCftoM «prêt «Foif mmgé les chieni.

Quand nous eùiii€8 œangé les chiei^s, noua crûmes nous sentir assez en force pour nous mettre en marche « et nous quittâmes les Indiens après avoir supplié Dieu (de nous servir de guide. Ce$ gçns nous conduisiraqt chez des uatiKf eb dé leur peuplade , qMÎ habitaient

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aux environs. Il plut toute la journée pendant que nous étions en marche. Outre ce désagrément, nous perdîmes notre route, ce qui nous força dte' hous râPu^ér. dans une grande forêt. Nous recueillîmes une grande quantité de feuilles de tunas, nous les fîmes cuire dans un four que nous avions préparé : nous les chauffâmes tellement, que le matin elles étaient bonnes à manger.

Après avoir fait ce repas et nous être recommandés à Dieu, nous partîmes et nous retrouvâmes la route que nous avions perdue. Nous vîmes au delà de lia tlôltèt d'autres cabanes indiennes; quand nous y lûmes arrivés, nous aperçûmes deux femmes et leurs enfants qui s'effrayèrent et s'enfuirent vers la forêt pour chercher d'autres naturels qui s'y trouvaient : ces cens vinrent et «e cachèrent pour nous regarder. Nous lès. appelâmes; ils s'approchèrent avec beaucoup de crainte, d; ils nous dirent qu'ils mouraient de faim, que près de là il y avait un. grand nombre d'hft-

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bitati(ms', qulls-inous y conduiraient. Le âoir nous arrivâmes dansj un endroit ou iétaient cinquante cabanes. Les: naturels! furent sur^ pris et efirayés de lïôus Voir s quand ils? se furent bien rassurés , ils nous touchèrent le visage et le corps avec leurs mains, puis il les rapprochèrent de leur visage et de leur corps. Nous passâmes la nuit avec eux, et le lendemain ils nous amenèrent leurs malades , en nous pliant de faire sur eux le signe de la croix. Ils nous donnèrent des vivres qu'ils avaient; c'étaient des feuilles de tunas et des tunas vertes , rôties. Voyant les bons traitements que nous leur faisions, et que nous donnions de bonne ^âce ce que nous avions , ils se privaient avec plaisir de leur nourriture pour nous en fournir. Pendant que nous étions chez eux, d'autres Indiens qui demeuraient plus en avant arrivèrent : quand ceuxci voulurent partir, nous dîmes aux premiers que notre intention était de nous en aller avec eux. Ils en furent très-peinés, et nous prié-

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rent avec les plus vives instances de rester. Enfin nous primes congé d'eux j et nous les laissâmes pleurant notre départ dont ils étaient on ne peut plus affligés.

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