‹ Voyages, relations et mémoires originaux pour servir à l'histoire de la découverte de l'Amérique, publiés pour la première fois en français (volume 4)Chapitre 6 sur 29 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Fin de la guerre contre les Changas et les Soras. — In$i^a- Ynpangui convoque à Cuzco une assemblée pour régler les affaires religieuses.

Aussitôt qulnga-Yupangui se vit affermi sur le trône , il s'occupa à chercher une épouse pour avoir des héritiers légitimes. Il choisit Mama - Anahuarque , jeune fille de Ghoco.

Leurs noces furent célébrées avec plus de pompe et des fêtes plus brillantes que toutes celles 15. 4

qui avaient eu lieu jusqu'à cette époque. Quand elles furent terminées , l'Inga , après avoir pris toutes les mesures nécessaires pour la bonne administration de son empire y songea à l'augmenter, car il savait déjà que le monde contenait de vastes contrées dont il pouvait faire la conquête.

Se rappelant la manière dont les Changas s'étaient conduits à l'égard de son père quelques années auparavant, il voulut diriger contre eux le premier efiFort de ses armes.

Ayant donc rassemblé une nombreuse af inëè commandée par des chefs courageux, il se dirigea vers Andaguaylas, et exerça de telles cruautés pendant sa marche, qu'aujourd'hui même les Péruviens le regardent comme l'homlne le plus barbare et le plus sanguinaire qui ait jamais existé* C'est lui seul qui fnérîte te reprocha de cruauté qui a quelquefois été adressé aux Ii^as^

Quand il fut arrivé sur le territoire des Changas , il les vainquit en plusieurs rencon-

très , fit périr tous les chefs et tous les nobles de cette nation , et les remplaça par leurs fils qu'il subordonna à des chefs envoyés de Guzco. Il marcha ensuite contre les Soras, qui s'étaient retranchés dans la forteresse de Ghalcomarca. Mais après y avoir soutenu plusieurs assauts , ils furent forcés de se rendre et de faire acte de soumission^ Après cette victoire , il en remporta d'autres plus faciles sur les Lucanas et sur d'autres nations épou** vantées de la manière barbare dont il traitait les vaincus.

Inga •* Yupangui , précédé par le bruit de ses victoires, traversa leur territoire sans trouver de résistance, et, suivant dans sa marche un ordre comparable à celui des plus célèbres capitaines grecs et romains , il rentra dans Cuzco chargé des dépouilles des vaincus, et traînant à sa suite un grand nombre de prisonniers, car l'hiver l'empêcha de pour** suivre le cours de ses victoires. 11 fut reçu dan6 œtte ville impériale avec des fêtes et une

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qui pleunuoix ifur iniartiiBr «t jpetuent: da <Tts plaîntiÊ^ « cinaK' m: k' leur a^wî ardaxiiië. Après eux ^Tfuuesn le? .sen^ iéd penple, qm porUicm 1rs depcmilirs dts i:«iiicii& et tr»naimt leurs armes par terre: puis une traïqie considérahlr de soldais dont r^^nm partait an bout de sa lance la léte dun ennemi dont la chevelure flottait au cre des vents.

L'on apercerait ensuite « au milieu de tous les nobles de Tempire qui avaient pris part à cette expédition ou qui étaient restés pour gouverner Tétat , 1 Empereur porté dans une litière d'or. Il avait le visage sévère et les yeux d'un tigre en fureur. Il était revêtu du

costume impérial encore en usage dans les derniers temps. Le cortège était terminé par son arrière-garde , sous les ordres de chefs renommés^ et par des soldats armés à la légère qui indiquaient par les mouvements de leur corps et de leurs jambes l'ardeur avec laquelle ils avaient combattu l'ennemi*

Ils arrivèrent dans cet ordre à la grande place, qui était entièrement vide, et ordonnèrent à tous les prisonniers de s'y coucher la face contre terre. Inga-Yupangui marcha sur eux suivi de tous ses soldats , sans qu'un seul osât remuer la tête. Les Péruviens répétaient un ancien chant dont le sens est : « Je foule aux pieds mes ennemis. » Cette cérémonie avait lieu devant la statue du Soleil, auquel ils adressèrent des actions de grâces pour le succès qu'il leur avait accordé , et des prières pour en obtenir de semblables. Ainsi se termina le triomphe.

Le lendemain on célébra des festins et des orgies dans lesquels chacun chantait les hauts

Les habitants voulurent défendi'e cette poiiitien; mais ils furent. forcés de céder au courage d'Inga-Yupangui , qui les soumit ^ ainsi que ceux des provinces voisines. H rentra en triomphe à Cuzco^ comme la première fois ; mais il y ajouta une cérémonie inconnue jus^ qu'à cette époque. Il avait fait prisonnier Colla Capac/chef de la province du Collao^ et le fit immoler au Soleil. Ce fut le pnçmier sacri^ fice humain que les Ingas offrirent à l'occasion de leurs victoires. Il rapporta aussi j des provinces conquises ^ une quantité d'or et d'argent. On n'en avait pas encore avant lui apporté des pays étrangers à Cuzco.

Quand les fêtes furent achevées ^ il fit ter^ miner le grand temple du Soleil ^ et lui donna

TÎce ptrsonnel des IndieDi , s «mpara de Cozco , où il «e fit proclamer Juge Suprême, le 27 novembre i553. Il remporta d abord plusieurs ayantages ; mais il fut enfin complètement ^«ut par ^Ivar^dp auprès de Pucara. Fait prisonnier danf sa fuite, il fut décapité à Lima le 24 novembre i554, à Tâge d« i% ans.

{f^ojr, Herrera, décade 8, liv. VIII , ch. xii-xvi; Garcilasto-^ part. 11, lir. VI et Vil ; Fernandez, part. 11. )

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